samedi 15 juillet 2017

Ao Oni ( série d'animation)

Commençons gentiment avec cette très courte série d'animation ( 13 épisodes de 3 minutes, et en comptant les génériques, autant dire que chaque épisode dure en fait 2minutes)

Je suis tombée dessus un peu par hasard au détour de mes habituelles pérégrinations sur Crunchyroll, lors de l'annonce de la série dans le forum l'an dernier en fait.Et le graphisme totalement différent de ce dont on a l'habitude me tentait bien, sans que je sache exactement ce qu'allait être cette histoire d' "ogre bleu".


oui, j'ai totalement été attirée par le graphisme humoristique et ce monstre à tête énorme


Donc, il apparaît qu'il s'agit d'une déclinaison animée d'un survival game amateur, fait sur RPG maker, dont le principe est simple: 4 lycéens partis explorer une maison abandonnée s'y retrouvent enfermés en compagnie de l'ogre bleu - ou plutôt des ogres bleus, il y en a 3 dans la série - et ils doivent trouver la sortie en résolvant des énigmes avant que le monstre ne les trouve et ne les mange. Un "c'est toi le chat" en version un peu plus violente donc ...
Je n'ai pas du tout joué au jeu, mais je le tenterai à l'occasion si j'ai le temps, peut-être pour Halloween.

Mais donc sur ce principe à la fois basique et efficace ( c'est déjà ce qui arrivait aux héros de Corpse Party, que j'ai d'ailleurs laissé en stand by parce qu'il est parfois horriblement difficile et que refaire  50 fois le niveau de l'infirmerie parce qu'on est trop lent d'un quart de seconde.. j'ai très envie de savoir la suite, mais je n'ai pas réussi à passer cette difficulté, même avec une vidéo explicative, parce que je suis toujours trop lente.. et ce n'est que la 1° partie sur 5. Try and die, et ce n'est pas faute d'essayer , je meurs lamentablement à chaque fois),l'animation décline l'histoire de manière disons décalée. Humoristique. Ok, plutôt barrée.

Pas besoin d'énorme caractérisation, on n'est pas là pour faire dans la subtilité. Donc il y a Mika , la fille énergique, Takurô, le garçon cool pour qui Mika en pince, Takeshi le blondinet trouillard et Hiroshi l'intello à lunettes.
Pas besoin d'en préciser plus car j'en parlais plus haut, c'est une mise en image du principe Try and Die. Vous voyez Kenny dans South Park?
Ben c'est pareil, à chaque épisode, nos 4 protagonistes vont mourir lamentablement ( avec pixellisation du sang, ce qui est très drôle vu le graphisme mignon tout en chibi, même les monstres sont kawaii... mais très voraces). et hop, Game Over reviens au prochain épisode.

Là,Mika est en train de dire qu'elle a entendu un bruit bizarre et qu'il faudrait se méfier. bah oui, c'est juste le monstre qui t'a coupé la tête et piétine ton corps, mais bon, tout est normal...



Et j'ai trouvé ça bien drôle, déjà parce que l'humour est totalement noir et absurde, après parce que c'est exactement ce que vivent les joueurs de survival game...
game over, bon, je vais essayer de ne pas mourir bêtement la prochaine f... sprotch! game over!

Mettons nous à la place des héros et des monstres, c'est à désespérer ( on imagine même ici qu'ils restent coincés 70 ans, et continuent, octogénaires, à essayer de semer des monstres tout aussi vieillissants!)

pour survivre  il faut courir plus vite que les monstres, donc.. pourquoi ne pas prendre le concept au pied de la lettre?

Une série purement détente donc, sans grande prétention, pour amateurs de portenawak comme moi, il ne faut pas chercher plus loin.

A noter qu'il y a aussi sur Crunchyroll un moyen métrage d'animation mais.. comment dire?Il dure 60 minutes, j'en ai tenu 7 et demi. Pourquoi?

Le graphisme est moche, mais vraiment moche. Pas moche original, plutôt moche conventionnel, l'animation aussi est assez moche et manque de fluidité. De l'image de synthèse mal ficelée... au cours de ces 7 minutes et des bananes, j'ai eu l'impression que tout avait été modélisé sur un jeu Sims en fait. Et quelque part, c'est une prouesse d'avoir une image de synthèse qui paraît plus plate qu'une animation conventionnelle!

Et ces 7 minutes et quelques m'ont suffi à voir que, de plus, ça n'a rien à voir avec la série d'animation: d'autres personnages, membres d'un club de recherche sur le folklore qui décident de rencontrer le créateur du jeu Ao Oni... Je n'ai même pas envie d'aller plus rien , tellement je n'arrive pas à passer par dessus ce graphisme - qui aurait peut-être pu trouver grâce à mes yeux s'il datait de 1993. Sauf que là, il date de février dernier, donc gloups...

Et comme je n'aime pas casser quelque chose gratuitement, je prouve: sérieusement, visez la tronche du personnage au premier plan. Ben, c'est tout le temps comme ça dès que l'un d'entre eux n'est pas de face. Ha oui et ceux qui sont de face n'ont pas de nez.. même pas minuscule, même pas ébauché ( les deux du fond), pas d'ombrage sous les mentons pour au moins essayer de donner un effet de volume, ça sent la flemme... monstrueuse.Et ça ne pardonne pas quand on adopte un graphisme qui se veut plus ou moins réaliste.


Donc, désolée, j'en resterai là pour ce moyen métrage qui ne m'a pas du tout inspirée.alors que a série, même si elle n'est pas inoubliable m'a quand même fait passer un bon petit moment.


samedi 8 juillet 2017

Le mois O-bon.. 3°édition

Vous l'attendiez tous... ou pas.

En tout cas, moi, je l'attendais, mon petit rendez-vous personnel avec le fantastique nippon, en attendant le plus général challenge Halloween d'octobre.

Pour des raisons personnelles (changement de travail et réadaptation nécessaire, d'autant que je suis arrivée en plein remaniement d'équipe et à devoir organiser quasiment seule des choses qui m'étaient totalement étrangères, formations, etc..), j'ai laissé dormir ce blog depuis avril, maintenant que j'ai pris le rythme et que mon emploi du temps est un peu moins épouvantable et me laisse un peu plus le temps/ l'énergie/le courage d'avoir des activités intellectuelles, il est plus que temps de le réveiller.

Je n'ai pas encore vraiment choisi mes sujets,mais j'ai quelques idées. Je crois que ça sera beaucoup de l'improvisation :D

Et cette année,après le Grand Squelette et la femme démon, ce sera Le fantôme d'Oiwa, du conte Yôstuya kaidan, qui m'accompagnera tout au long de ce mois...
vue par Kuniyoshi


Mise à jour: formidable, nous sommes 3 et peut être plus :)
Ma Petite Médiathèque
et Pati Vore me rejoignent dans l'aventure!
Re- mise à jour, avec Lou et Sylvain de Curiosa Tempora.

5 participants, ce qui est un bon score, en pleines vacances d'été. Je ne pensais pas qu'on y arrive

Donc bienvenue, ami-e-s yûrei busters.

Récapitulation:

ICI
on chasse les ogres (ou on est pourchassé par eux): Ao Oni

Chez Lou

Chez Ma Petite Médiathèque
Présentation du challenge
Les yôkai de maître Hokusai

Chez Pativore

chez Curiosa tempora

samedi 29 avril 2017

Les enfants-loup Ame et Yuki ( long métrage d'animation)

Dans la foulée de Totoro, le cinéma programmait aussi ce long métrage, dont je connaissais le titre et le point de départ, sans avoir encore eu l'occasion de le suivre.

Bonne surprise, donc la programmation jointe avec Totoro a du sens , on y retrouve des sujets communs: Deux enfants qui partent vivre à la campagne, loin de tout, avec un seul parent ( la mère de Mai et Satsuki est malade et hospitalisé, le père de Yuki et Ame est mort), la beauté de la nature et la liberté, loin de la grande ville, le monde rural avec ses avantages et ses inconvénients...




L'histoire commence donc, bien avant de la naissance de Yuki et Ame. Leur future mère, Hana ( fleur) ainsi nommée parce qu'elle est née au printemps, est alors étudiante en philosophie dans un banlieue plutôt tranquille de Tôkyô, et rien ne la prédestine un jour à  devenir agricultrice du fin fond de la campagne.
Plutôt extravertie, elle remarque un nouvel étudiant, un auditeur lire qui est tout son contraire, calme et réservé, et s'impose à lui. De fil en aiguille, Hana et l'étudiant finissent par sortir ensemble, jusqu'à ce qu'il finisse par lui avouer son  secret: il est un loup-garou, et s'il reste discret, c'est pour éviter d'éveiller les soupçons. Un gentil loup-garou, hein, qui n'a jamais mordu un humain.

Qu'à celà ne tienne, Hana n'est pas du genre à plaquer son petit ami pour ce genre de révélation. Après tout, elle étudie la philosophie et le prend donc.. avec philosophie. Les deux  décident donc de ivre ensemble, ont deux enfants: Yuki (neige) une fille née en hiver et Ame ( pluie), son petit frère né un jour de pluie.
Tout va pour le mieux, la famille vit modestement avec le travaille de déménageur du père, jusqu'au drame: Il meurt, subitement, noyé dans un canal, où, une nuit, sa nature de loup l'a amené à tenter d'attraper un oiseau.
Hana se retrouve donc seule avec deux enfants, et le petit pécule laissé par feu l'homme-loup, disparu avant même qu'on sache son nom.
Après quelques temps passés à joindre difficilement les deux bouts, a essayer d'élever correctement deux enfants qui ont hérité de leur père une capacité de métamorphose assez dangereuse en pleine ville, Hana tente le tout pour le tout: partir à la campagne, loin de tout, trouver une vieille maison à retaper et cultiver de quoi manger. Là au moins les enfants pourront grandir et se métamorphoser autant qu'ils le voudront loin du regard des gens.
L'arrivée n'est cependant pas si facile; Il y a peu de gens dans le coin, mais ils sont assez méfiants et critiques envers les citadins qui viennent, ne tiennent pas le coup et repartent au bout de quelques mois.
Mais Hana n'est pas du genre à se laisser démonter et de toutes façons, n'a pas d'autre solution que de s'adapter, le retour en ville avec deux louveteaux remuants étant exclus.

Une très bonne surprise donc, où finalement, le fantastique est presque moins présent que dans Totoro, puisque l'important dans cette histoire, c'est plutôt le changement radical de vie de Hana et ses enfants, qui découvrent la campagne, et la liberté. De courir et de s'amuser, et aussi de faire leurs propres choix de vie, ce qui aurait été à peu près impossible en ville.
Un film triste par moments, vu la situation, mais plein de bonne humeur.
Avec en filigrane une critique sociale intéressante sur la manière dont le Japon agit envers les mères célibataires ou veuves : pas d'aides sociales pour Hana et ses jeunes enfants, au contraire: on la prie fermement de déménager, car, lorsqu'elle travaille, elle laisse seuls ses enfants à la maison, qui font du chahut. Pire elle est même considérée comme une mauvaise mère , dans un pays où la règle tacite pour les femmes est encore d'arrêter de travailler lorsqu'on a des enfants pour s'occuper exclusivement d'eux, laissant leur père s'occuper de ramener un salaire, ce qui est impossible dans la situation présente. Les services sociaux par contre, la surveille, prêts à lui retirer ses "enfants martyrs".
Sur ce point là, ce n'est pas le fantastique qui compte, mais l'impasse où se trouve une veuve avec des enfants, citoyenne de seconde zone, qui n'a droit qu'à des miettes, et encore.

Et je ne m'attendais pas du tout à une telle critique sociale, ce qui prouve une fois de plus que l'animation est loin d'être exclusivement réservée aux adultes.

Réalisé par Mamoru Hosoda, dont je viens de me rendre compte que je n'ai pas encore vu non plus "La traversée du temps", "Summer Wars" ou "le garçon et la bête" ( les deux premiers n'avaient pas été diffusé dans ma ville, et le second, à un moment où j'étais en voyage). Le réalisateur n'a que peu de longs métrages à son actif à l'heure actuelle, mais s'est fait la main sur de nombreuses séries animées dans les années 90, et est donc vu comme un énième '"nouveau Miyazaki", au même titre que Makoto Shinkai.
Erreur, car déjà son style graphique n'a rien à voir avec celui de Ghibli, même si l'influence de Ghibli se sent sur l'attention portée au décor et dans le message écologique. Mais, et c'est tant mieux, il a son propre style.

Ghibli a fait connaître et reconnaître mondialement l'animation japonaise au delà des séries des années 80, et a ouvert la brèche pour de nouveaux réalisateurs, et ça c'est une très bonne chose.
 Avec la "retraite" ( aheum, Miyazaki-sensei vient de dire que, peut être...enfin, il a envie de réaliser un nouveau dernier film :)) des deux réalisateurs principaux de Ghibli, les distributeurs se retrouvent avec une pénurie de films à montrer, alors qu'il y a une forte attente du côté du public. Et donc, il y a fort à parier que dans les prochaines années, on puisse voir sur les écrans des choses très variées, pour notre plus grand plaisir.

La séance ciné du vendredi continue à jouer les prolongations le samedi , toujours spéciale animation

vendredi 28 avril 2017

Mon voisin Totoro (long métrage d'animation)


Un mois japonais sans au minimum UN film Ghibli? Impossible!

Et justement en Mars, l'un des deux cinémas que je hante le plus a eu la très bonne idée de faire une double programmation d'animation " verte", retour à la nature et tout ça..

En première partie de soirée Totoro, et en seconde les enfants-loups.
Commençons par Totoro, je ne l'avais vu qu'une fois, il y a très longtemps, et sur petit écran donc, ça fait toujours plaisir d'avoir l'occasion de le voir enfin sur grand écran. Même si, et là je sens que je vais me faire huer, ce n'est pas mon préféré.


Totoro, c'est gentil, mignon, plastiquement superbe, je suis d'accord, mais c'est un film ciblé " pour enfants" du studio Ghibli. D'ailleurs, aheum, déception à ce sujet, le cinéma a choisi de le présenter en VF, pensant qu'il y aurait des enfants.. euh... pas tellement en fait, il y avait surtout des aficionados du studio Ghibli , majeurs et capables  de suivre un film en VOST. Je pense que je ne suis pas la seule à avoir eu cette mini mauvaise surprise.

Mais voilà,il lui manque à mon goût ( et c'est pareil pour Ponyo) le côté un peu plus sombre qui fait la patte de Miyazaki. On rit beaucoup, c'est entendu, on s'étonne aussi,mais...voilà.et qu'on ne me dise pas " c'est normal, c'étaient les premières productions, ils sont passés à un style plus adulte par la suite".. tatata, non! Nausicaa de la Vallée du vent date de 1984, Totoro de 1988. Et je préfère Nausicaa, plus adulte.

l'histoire est simple: Mei (4 ans) et Satsuki ( 10 ans à peu près) emménagent loin de la ville avec leur père, professeur d'université, tandis leur mère malade achève sa convalescence à l'hôpital et aura besoin de l'air sain de la campagne pour se remettre tout à fait à sa sortie. Toute la famille vient s'installer dans une vieille maison un peu ruinée et entreprend de la remettre en état. Mais les vieilles maisons réservent parfois des surprises, surtout lorsqu'elles sont à proximité d'un sanctuaire. Les phénomènes étranges ne tardent pas à se produire autour de Mei et Satsuki, qui vont rencontrer les habitants de la forêt, invisibles aux adultes. En particulier, l'énorme créature à l'allure étrange que Mei baptise Totoro, comme celle qu'elle a vu dans un livre d'images.


Totoro est bien, je ne dis pas le contraire, il y a des trouvailles qui m'éclatent beaucoup: le détournement d'Alice au Pays des Merveilles ( Mei suit dans ce qui ressemble à un terrier une créature aux allures de lapin), j'aime bien les noiraudes, sortes d'esprits des lieux abandonnés, et le délirant chat bus ... dont je n'avais jamais jusqu'à présent remarqué que les feux étaient des souris. Ou l'allure même de Totoro, ou plutôt des totoros qui existent en plusieurs tailles et couleurs, oreilles de lapin, griffes de taupes, perchés dans les arbres comme des écureuils et bouches immenses pleines de dents.
attention, la dernière fois qu'une petite fille a suivi un lapin, elle s'est retrouvée dans un monde étrange



un chat rayé au sourire immense et aux yeux jaunes, perché dans un arbre qui peut apparaître et disparaître à volonté.. on en me fera pas croire que c'est un pur hasard


L'influence des histoires de yôkai et de la culture shinto est patente, et il a fallu que j'explique à ma mère ce que représente la corde autour de l'arbre géant dans la culture japonaise: la voie que prend Mei dans les buissons est un chemin "détourné" ( et probablement celui qu'il fallait prendre pour rencontrer Totoro), le chemin officiel passe sous un torii de sanctuaire. Si vous allez au Japon, vous en verrez beaucoup des arbres, ou des rochers entourés de cette corde tressée "shimenawa". Elle indique qu'il s'agit d'un arbre sacré ou d'un rocher sacré, résidence d'une divinité ou d'un esprit , un kami, et qu'il en faut évidemment pas couper l'arbre ou déplacer le rocher, ni faire quoi que ce soit ( jeter des déchets ou crier par exemple) qui pourrait déranger ou mettre en colère le kami du lieu. Là c'est la malchance assurée pour le temple et probablement aussi pour celui qui comment le sacrilège
Totoro et ses semblables vivent dans l'arbre, il y a toutes les chances qu'il soient donc des kami ( en français l'idée était rendu par le père de Mei et Satsuki par " maître de la forêt")
De même lorsque Totoro porte une feuille sur la tête, ce n'est pas seulement pour imiter le parapluie que portent les filles, mais c'est aussi un élément récurrent: mettre une feuille sur la tête, chez les tanuki en particulier, permettrait de se rendre invisible, ou de changer d'apparence.


Evidemment, c'est un échec, puisque les filles le voient quand même!
Sinon, au delà de ça, il n'est jamais trop tôt pour sensibiliser la jeunesse à la beauté de la nature à la nécessité de la protection de l'environnement, ce n'est pas ma copine Laurie , rencontrée lors de mon premier voyage au Japon qui dira le contraire.

Un film mignon et sympathique que j'ai pris plaisir à revoir, mais je maintiens, ça n'est pas mon favori .
Mais il y a un passage qui a bien fait rire  le cinéma entier par son côté un peu n'importe quoi. Lorsque Mei fait une fugue et que les paysan trouvent une chaussure flottant sur un étang et qu'ils commence à le draguer pour la retrouver si elle s'y serait malheureusement noyée. Arrive satsuki qui leur dit que non, ce n'est pas la chaussure de sa soeur et.. " c'est bon arrêtez tout, ce n'est pas la chaussure de Mei"
On a tous eu la même réaction, et ça m'avait déjà faite tiquer la première fois:

"WTF les gars? Ce n'est pas sa chaussure, mais il y a peut être un autre enfant noyé dans l'étang et tout le monde s'en fiche?"

La séance ciné du vendredi, spéciale Studio Ghibli

lundi 24 avril 2017

20 ans avec mon chat - Inaba Mayumi

Voilà un livre dont j'avais repéré la superbe couverture en magasin, mais que j'ai finalement acheté en version numérique, profitant de l'offre des 30 ans des éditions Picquier. Quand on n'a plus la place...
couverture française que je préfère à l'originale

Le titre original " Mî no inai asa" signifie à peu près "le matin sans Mî" ou les matins... ce n'est pas tout à fait la même intention en VO.
l'originale, moins... originale, mais avec probablement la photo de l'authentique Mî, trouvée sur le site officiel de l'auteur. Même si elle n'est plus de ce monde depuis 3 ans, le site est toujours accessible.

Tout commence en 1977 (l'année de ma naissance tiens!), lorsque Mme Inaba trouve par hasard un chaton abandonné, miaulant comme un perdu au sommet d'un grillage de collège, probablement qu'un collégien stupide l'aura accroché là pour s'amuser. Mme Inaba le sauve, ou plutôt la sauve: c'est une petite chatte, et ses miaulements forcenés lui valent très vite le nom de Miiiiiii, abrégé en Mî.
L'arrive impromptue du petit animal chez elle va chambouler sa vie. Déjà, sur un plan pratique, car lorsqu'elle et son mari doivent déménager, les choses sont compliquées: à cette époque ( et même récemment encore, je crois savoir), énormément de logeurs refusent les locataires avec animaux, afin d'éviter tout désagrément ou frictions avec les voisins surtout.
Et pourtant un chat ne prend pas beaucoup de place, en tout cas moins qu'un gros chien, mais le fait est là: trouver un logement dans ces conditions était loin d'être acquis. C'est peut-être là une raison de l'engouement pour les cafés à chats ( et plus récemment à lapins/ hiboux/ écureuils..) au Japon: la difficulté d'avoir un animal de compagnie à cause des règlements, de l'exiguité des logements et des horaires de travail...
Par la suite, Mî va s'avérer un précieux réconfort pour sa maîtresse, lorsqu'elle aura des difficultés, perdra son emploi, se séparera de son mari... Toutes choses qui paraîtrons évidentes à quiconque a ou a eu un jour un animal de compagnie.

Donc voilà, essentiellement, un récit au jour le jour de la vie quotidienne d'une dame et de son chat. L'écrivaine, dont c'est à l'heure actuelle le seul livre traduit, est aussi poète. La journée elle occupe un emploi alimentaire, ce n'est que le soir et la nuit qu'elle peut se livrer à sa passion pour l'écriture, avec la compagnie discrète de son chat, ce qui fait que les deux nouent une véritable relation d'amitié. On ne saura pas ce qu'elle écrit sur le moment, peut être le roman qu'on est en train de lire, peut être autre chose, un poème inspiré par Mî comme ceux qui ferment les chapitres du texte. Car outre l'histoire du chat et de sa maîtresse, c'est aussi le portrait d'une dame qui  peu à peu s'accepte telle qu'elle est : différente dans le Japon des années 70/80. Dès le départ, elle était différente, refusant d'arrêter de travailler, contrairement aux conventions sociales, à partir de son mariage. Le chômage dû à la au choc pétrolier de 1978 et à la récession qui s'ensuit - même si le Japon n'a pas autant été touché que d'autres pays industrialisés -est en fait pour elle un déclencheur et un moteur: le fait de se retrouver sans rien à faire , à la maison pendant que son mari travaille, ça n'est pas son truc. Et c'est l'occasion pour elle de renouer avec sa passion de toujours pour l'écriture, de trouver un travail à mi-temps chez un éditeur, ce qui lui correspond plus, utiliser se passage à vide pour envisager une vraie profession littéraire, ce qui s'avère possible lorsqu'elle gagne un prix littéraire, lui permettant de commencer à se faire éditer.. Et peu à peu arrive ce qui doit arriver, sans heurt, sans dispute: le mari est muté à Ôsaka, mais sa femme ne veut pas le suivre, trop attachée à sa nouvelle vie, à son nouveau travail, et à la ville de Tôkyô qu'elle célèbre beaucoup dans ses pages, de la maison avec jardin en banlieue à Kokubunji, où le chat peut se promener à sa ville, à l'appartement de Shinagawa (quartier portuaire sur la baie de Tôkyô), malheureusement privé d'espace libre pour Mî, dans lequel elle emménage après son divorce.

Dans cet immeuble anonyme et sans charme, elle va pourtant trouver une solution pour que Mî puisse faire un peu d'exercice, la laissant déambuler dans le couloir. La chatte en prend l'habitude, pendant que sa maîtresse écrit ... jusqu'au jour où elle se perd, hasard plutôt heureux, puisqu'il permet à Mme Inaba, solitaire, artiste et divorcée, de faire connaissance de ses voisins, surtout de sa voisine du dessus qu'elle n'avait jamais rencontrée, une autre dame célibataire et artiste peintre. Puis d'autres voisins qui nourrissent à tour de rôle un chat abandonné au pied de l'immeuble, probablement celui d'un ancien locataire qui n'a pu l'emmener en partant pour la raison évoquée plus haut. D'après les annonces immobilières, il est plus facile de se loger quand on joue d'un instrument de musique qu'avec un simple chat...

Bon comme on s'en doute au titre, ça ne finira pas bien. Les chats ne sont pas immortels, 20 ans avec un chat c'est long, si on prend en compte son espérance de vie, surtout en ayant commencé accrochée à un grillage, mais aussi court à l'échelle humaine, et l'issue ne fait aucun doute quand Mî vieillissante commence à tomber de plus en plus souvent malade.
En parallèle à sa décrépitude, c'est une ville mouvante, en perpétuel changement que nous montre mme Inaba ( on est alors en pleine bulle spéculative, après la récession, la croissance est galopante, les constructions toujours plus hautes et plus nombreuses... la bulle ne tardera pas à crever d'ailleurs).

Pas besoin d'aimer les chats pour le lire, par contre si vous les détestez, c'est mal parti. Mais un livre qui parlera à tout ami des animaux, quels qu'ils soient, et aux amateurs de tranche de vie, c'est intéressant de voir l'auteur qui évolue ( elle écrit ce récit dans les années 90, donc avec un retour sur les années 70), presque sans s'en rendre compte, comme si elle l'écrivait au fil du temps qui passe.On parle surtout de la jeunesse, puis de le vieillesse du chat, les années centrales de sa vie, en tant que chat d'appartement qui ne fait plus de découvertes et doit probablement s'ennuyer de l'herbe et des arbres, sont logiquement occultées par la découverte de soi de l'auteur, et de la ville qui l'entoure.
Un lecture plaisante, pas la meilleure que j'ai faite, mais qui change agréable de mes habitudes avec son alternance de prose et de poèmes ( je n'ai aucune idée de la formule qu'elle emploie en VO. Probablement pas du Haïku, les textes sont trop longs. A moins qu'il ne s'agisse de vers libres, je suis curieuse de le savoir, tiens)


Nous avons décidé de mettre chaque semaine une ville en avant, et bien sûr nous commençons par Tôkyô. Et bien que la ville n'apparaisse pas dans le titre, elle est un personnage important de cette histoire, que Inaba-san décrit et célèbre tout au long de ces pages. 20 ans avec mon chat est donc ma participation tokyoïte.

vendredi 21 avril 2017

Rétrospective Kurosawa (8) - La forteresse cachée ( 1958)

Hop, changement de style, après les deux drames sociaux que sont Vivre et L'ange Ivre, c'est parti pour une soirée d'aventures épiques et humoristiques. Ce qui fait beaucoup de bien au moral, et montre une fois de plus que Kurosawa ne peut pas être résumé à un seul style.

Alors évacuons de suite la problématique principale: oui ce film a bien inspiré George Lucas pour la Guerre des étoiles ( et je trouve donc intéressant que Lucas se soit ouvertement inspiré d'un film volontairement comique, ce qui ressortait parfois dans la première trilogie et beaucoup moins dans les préquelles et suites). Mais pas que.

Tout commence donc en rase campagne, quelque part au Japon et au XVI°siècle. Deux paysans dépenaillés, Tohei et Matashichi, se disputent. Ils ont tenté leur chance à la guerre, se faisant enrôler comme fantassins, mais ont joué de malchance: non seulement ils sont arrivés à la fin de la bataille, mais, pris pour des vaincus par l'armée gagnante, ils ont été soumis à la tache ingrate et absolument pas lucrative de dégager les cadavres du champ de bataille. Et, une fois évadés, s'accusent mutuellement pour savoir qui a entraîné l'autre dans cette débâcle, tel un duo de manzai où il n'y aurait aucun personnage rationnel.



Avant d'en venir aux mains, ils se séparent, pour tenter de rentrer chez eux. Mais, problème: leur village est séparé du lieu où ils se trouvent par l'armée nouvellement gagnante, qui à verrouillé la frontière. Arrêtés l'un comme l'autre, ils se retrouvent une fois de plus en galère, à trimer dans la boue pour les vainqueurs qui cherchent le trésor caché par le clan Akizuki, vaincu, avant de prendre la fuite.
Trésor? Pour Tohei et Matashichi, voilà qui vaut la peine de s'échapper.. sans s'éloigner trop. Et de fait, ils vont trouver la trace de ce trésor au bord d'une rivière sauf que... le trésor n'est pas seul, il  est entre les mains du samouraï Rokurota de l'armée Akizuki, et de Yuki-hime, l'héritière du clan, qui elle même représente un bon gros paquet d'argent puisqu'il y a une coquette récompense pour qui la trouvera.
Et Yuki -hime est tout l'inverse de ce qu'on peut imaginer par "princesse". Pas du tout une damoiselle en détresse, mais une petite nénette au caractère de cochon qui parcourt la montagne en short et manches courtes, comme le garçon manqué qu'elle, est, sachant manier le bâton, le sabre, monter à cheval.



Entre l'appât du gain comme carotte, et la menace de représailles, les deux paysans vont collaborer avec les gens du clan Akizuki pour escorter Yuki-hime et le trésor chez leurs alliés en contournant la fameuse frontière bloquée.




Yuki-hime. Que ce personnage me fait plaisir! Seule héritière, elle a été élevée par ses parents comme future cheffe d'état, ce qui fait qu'elle ne passe pas son temps à geindre, même dans la difficulté, mais a également un sens du devoir et de la solidarité féminine, qui la conduit a utiliser un peu de son héritage pour forcer Rokurota à racheter la liberté d'une femme de son clan réduite en esclavage par les vainqueurs.



L'autre point sympathique, c'est que cette histoire épique soit en fait surtout regardée par les yeux des deux péquenauds un peu paumés et cupides, ce qui contrebalance le côté héroïque de la chose. Rokurota est un excellent général, mais plutôt fanfaron, et là aussi, ce cassage d'image est bien sympathique.
La dénonciation de l'avarice est savoureuse, comme lorsque les paysans, se faisant passer pour des bûcherons, transportent l'or caché dans des fagots et se trouvent coincés parmi les fidèles de la fête du feu, contraints pour garder leur couverture et rester en vie, de jeter au brasier leur seul centre d'intérêt, leur seule passion.
Superbe séquence d'ailleurs où on voit Yuki-hime abandonner toute fierté royale et s'amuser.. comme les paysannes qui l'entourent. Elle le dira un peu plus tard, elle s'est énormément amusée et cette période de fuite et de vie dans les bois a en fait été la meilleure de sa (courte, puisqu'elle a 16 ou 17 ans) vie.




En fait plus qu'à La guerre des étoiles, c'est au western picaresque que m'a fait penser ce film: même goût pour les gueules de cinéma, pour les situations, pour le duel entre Rokurota et Tadokoro, pour l'utilisation de la musique... ( Kurosawa a d'ailleurs aussi influencé directement le western, puisque Les Sept Mercenaires de John Sturges est ouvertement un remake des Sept samouraï de Kurosawa donc..).




Mais je me demande s'il n'y aurai pas aussi une référence à Musashi, ce roman de Yoshikawa, mon coup de coeur en littérature japonaise. Particulièrement aux premiers chapitres de "la pierre et le sabre".
La situation d'ouverture est la même: Takezô et Matahachi, deux paysans qui ont quitté leur village pour gagner la gloire, se retrouvent du côté des vaincus, à essayer de glaner ce qu'il peuvent pour essayer de ne pas rentrer totalement fauchés au pays, avant de tomber nez à nez avec une jeune femme qui a fait profession de dévaliser les morts.
Mieux encore: Matahachi ( je ne sais pas si le caractère Mata est le même) dans le livre et Matashichi dans le film ( soit Mata"8" et Mata"7"). Cette coïncidence me paraît trop parfaite pour en être une en fait.
Et que Kurosawa ait parodié en 1958 un énorme carton éditorial paru 20 ans plus tôt non seulement ne me paraît pas du tout impossible, mais encore me ferait un immense plaisir.
Un bon film donc, drôle et enlevé, avec l'ami Mifune en général fanfaron, un personnage central féminin pas cruche du tout ( l'autre femme non plus d'ailleurs, même si elle a un rôle moindre), un du bouffon plutôt réussi, et un trésor insaisissable.Que demander de plus?
c'est vendredi, c'est cinéma!

Tout à fait celui que je recommande pour qui voudrait découvrir Kurosawa sans commencer par les drames sur fond de misère et d'alcoolisme, ou les adaptations d'auteurs européens. Celui-ci est à la fois très japonais et très accessible pour le public international.

vendredi 14 avril 2017

Dark Water (long métrage 2002)

Oui , on peut dire que je mets le temps.



Comme Ringu, vu à l'automne dernier, c'est juste maintenant que je trouve l'occasion de voir l'autre film emblématique du cinéma de trouille japonais.Egalement réalisé par Nakata Hideo, les deux films ont d'ailleurs beaucoup, beaucoup en commun. A commencer par une femme divorcée avec un enfant à charge. Mais si, dans le cas de Ringu, l'ex-mari était plutôt bienveillant, ici, il n'en est rien.

Madame Matsubara vient de divorcer et son ex mari qui entend bien lui mettre des bâtons dans les roue, fait tout pour obtenir la garde d'Ikuko, leur fille de 6 ans. Sachant qu'il ne s'est jamais intéressé à elle, au point d'oublier son anniversaire, on comprend bien qu'ils'agit juste d'une vacherie faite à son ex-femme. Mais Madame Matsubara tient bon, malgré les difficulté, et emménage avec Ikuko dans un nouvel appartement.. qui se révèle vite être un endroit très insalubre.D'abord une tâche apparue au plafond qui s'agrandit de jour en jour, au point d'envahir le plafond, d'où l'eau coule de plus en plus. Et le concierge, bien qu'avertit, ne fait strictement rien.
Et puis il y a, comme dans Ringu, une fille disparue, ici, une petite fille: Mitsuko, 5 ans, qui habitait l'appartement du dessus, jusqu'à sa disparition 2 ans plus tôt, justement celui d'où viennent les fuites. Et dont le spectre prend un malin plaisir à apparaître dans le champ, à peine visible parfois.

Là où en théorie, il devrait y avoir une seule petite fille..

L'eau est partout. Mais vraiment par tout: dehors, en pleine saison des pluies, et dedans. Dans l'appartement où elle dégouline de plus en plus, dans l'appartement du dessus, où elle coule à verse, sur le toit dans une citerne rouillée et menaçante qui déborde...

Je crois que c'est un peu humide..

Que représente-t-elle? Parce qu'on est bien d'accord qu'au delà du simple film d'angoisse, l'omniprésence de l'eau n'est pas là par hasard.On est dans un film asiatique, pas dans son remake américain (parce que oui, il y en a un, mais malgré la présence de l'excellent Tim Roth, je ne le sens pas...parce que justement en général, les studios américains ont tendance à évacuer tout le côté symbolique et/ ou social pour ne faire que du grand spectacle). Donc que représente l'eau? La société japonaise, rouillée et en train de sedéliter? La vie de Madame Matsubara, qui part littéralement à vau-l'eau? La névrose et la folie, peut-être? Car rien ne prouve que, sil la fuite est réelle, il ne s'agit pas simplement d'une fuite, et que les visions fantômatiques de madame Matsubara ne sont pas le résultat des pressions que lui fait subir son ex-mari.. et la société, on y revient.

Car oui, c'est autant l'histoire du fantôme qu'une petite fille, que (et j'avais déjà dit ça pour le film précédent) la dénonciation par petite touches du sort fait aux femmes qui travaillent, supposées de mauvaises mères car elles arrivent en retard pour chercher leurs enfants à l'école. Là, je ne sais pas si c'est un élément présent déjà dans les nouvelles - du même auteur - qui ont servi de base aux deux films, ou une touche personnelle de Nakata.
En tout cas, et d'un point de vue purement filmique, il fait son petit effet. Nakata sait distiller l'angoisse et le mystère par petites touches: une tâche au plafond qui s'agrandit peu a peu. Un sac rouge de petite fille qui ne cesse de réapparaître sur le toi, peu importe le nombre de fois où il est jeté à la poubelle, des cheveux qui sortent du robinet.. et cette eau, de plus en plus turbide, qui coule de robinet qui s'ouvrent seuls.


J'avoue, j'adore ce genre de cinéma qui convoque le bizarre là où il ne devrait pas être, qui tord la réalité: la définition même du fantastique. Et ça marche mieux sur moi que n'importe quel effet spécial super léché, qui sonnera faux, parce que trop travaillé justement.
Et je n'ai pas parlé de l'emploi de la couleur, ce jaune sale qui envahit tout, ces intérieurs gris (sale aussi) éclairés chichement de néons déprimants..

Ensuite, Dark Water est postérieur à Ringu, et je l'ai trouvé un peu plus réussi, parce qu'il faut bien l'avouer, Ringu pâtissait parfois d'un manque de moyen. Un an plus tard, les sous sont rentrés dans les caisses, et le budget est un peu plus confortable. Ca fait quand même une énorme différence, mais, et c'est là l'essentiel, sans sacrifier à la facilité. Enfin, la plupart du temps ( la séquence dans l'ascenseur avec le fantôme, j'ai eu pitié de la petite fille assez mal maquillée en monstre, d'autant que c'est quasiment le décalque de la séquence de Ringu dans le puits avec le squelette. Et pour le coup, je l'ai trouvée plus réussie dans sa première version qu'avec un maquillage un peu cheap)
Mais en dépit de ça, c'est du tout bon: la narration par petites touches angoissantes de bizarreries, l'utilisation de la profondeur de champ dans des espaces exigus, le jeu de regards entre ce qui est montré et ce qui est caché...

Juste un couloir, un long couloir d'école primaire, mais ça marche très bien avec la vue à hauteur d'enfant
... surtout quand le plan suivant est celui-ci!
Et donc malgré ses quelques défauts ( quand il essaye justement de montrer plutôt que de suggérer) , je le conseille chaudement à tout amateur de trouille nippone.