samedi 14 avril 2018

Week-End Marathon lecture

Que je vous explique...

Ce week-end, mes camarades du mois japonais proposaient un Read-A-Thon, alias RAT pour les intimes, alias marathon de lecture pour les francophones.

Auquel je ne devais pas participer, puisque c'était plutôt marathon musical pour moi.
Sauf que,  je devais covoiturer avec quelqu'un ..dont la voiture est en panne.  C'est rageant de devoir renoncer au super WE de stage ET au concert.. mais bon, c'est pas notre faute.
Et moi qui ne suis pas du matin, me voilà un samedi, réveillée depuis 7h 30 pour des
うめ.
Pas de solution de secours, même pas eu le temps de prendre le petit dej'.




Que faire.. bon bah.. marathon. Que je n'avais pas prévu, donc je vais commencer par me faire un thé, histoire de réfléchir.
Du Genmaicha, pour rester dans la thématique.

Et comme il me faut,toujours, systématiquement, un jeu de mot débile  et des illustrations sur les rats à chaque fois que je prends par à un RAT, c'est donc logiquement Yuki de la série Fruits Basket qui va me servir de fil rouge.

ma tronche quand j'ai compris ce matin que je devais faire une croix sur mes  projets musicaux....

Je n'ai pas vu cette série depuis très longtemps en fait. De mémoire, j'aimais bien le rat, mais je ne pouvais pas encadrer le chat parce que le personnage " mauvais caractère mais sympa au fond, mais qui cache un lourd secret", ça a tendance à me gaver rapidement. Surtout dans une série qui joue quand même beaucoup sur la comédie.

Je kiffais bien le serpent ( au moins le représentant de mon signe est un vrai personnage comique), le sanglier à la force colossale sous ses allures de petite fille, le chien glandeur, la vache aussi me faisait pas mal rire.. et c'est tout en fait.
nan y'a pas, le serpent bargeot reste quand même mon préféré dans cette histoire de dingues...


Le lapin, "trop choupinou kawaii" me donne surtout l'envie de sortir le pot de moutarde et les petits légumes, je déteste ce genre de personnages.

Après je n'ai vu que la série, et pas lu le manga, donc, tous les signes n'apparaissaient pas je crois ( je n'ai pas de souvenir du cheval ou du coq, pas sûre qu'ils y soient dans la version animée)
Les autres, soit ils ne m'ont pas marquée ( je crois me souvenir qu'il y avait le mouton et le singe), soit ils me gavaient à commence par l'héroïne, tellement positive malgré les malheurs que j'avais envie de lui foutre des baffes. Alors que j'aimais bien ses deux copines.

Mais bon, je n'ai pas le manga sous la main, donc ce ne sera pas ma lecture du jour.
J'en prendrai un autre et j'ai déjà ma petite idée.
Sinon, les lectures qui étaient en attente: le livre du thé ( parfait donc pour ce matin ) et le goût du Japon.
Ce sont des livres assez courts, donc je vais commencer par là, et on verra par la suite.

Pause Repas: hop, une cinquantaine de pages pour le goût du Japon, et en parlant de goût...

oui, j'ai fait ma cochonne, je lave la nappe à la prochaine lessive ( quand il arrêtera de pleuvoir, donc)
De la soupe miso- épinards ( oui en sachet) et une poelée de légumes pour chop suey au shirataki et tofu. 

Vite fait: on fait bouillir le shirataki quelques minutes et on poele ça avec les légumes à l'huile de sésame, c'est plus asiatique.
Assaisonnement de sauce soja, cristaux d'huile essentielle de citron vert - parce que je n'avais pas de ponzu, donc sauce soja et citron vert, ça s'en rapproche- ciboulette et graines de sésame.


Le shirataki, ce sont des nouilles de konjac ( igname). Ca n'a pas de goût, ce qui fait que ça se mélange bien à pas mal de choses en fait.
J'ai découvert ça en voyage, et jusqu'à il y a peu c'était introuvable en France, ou seulement en épicerie asiatique si on avait dela chance.
Depuis quelques années, c'est devenu à la mode, car très peu calorique, et ça se trouve sous forme de nouilles ou de tagliatelles aux rayons produits de régime des supermarchés ou en magasin bio.
L'inconvénient, c'est que comme c'est considéré ici comme du produit de régime, beeeen, c'est cher! Alors que pour moi c'est vraiment un ingrédient de cuisine asiatique à part entière comme le tofu, les pousses de soja ou de bambous et les champignons noirs...
De ce que j'ai compris, le konjac sous forme de gelée ou de nouilles est utilisé en Asie plutôt en cas d'aigreurs d'estomac, de problèmes digestifs, etc... ou un lendemain d'agapes ou de cuite pour reposer un peu le système digestif sans sauter de repas.

Et voilà un plat végétarien qui ne restera pas sur l'estomac, c'est le but numéro 1 et léger aussi en calories, c'est le bonus ( par curiosité, j'ai fait le compte sur une application: la soupe, le saladier de légumes assaisonnés, un bout de fromage et une grosse banane, ça fait moins de 500 calories le repas complet... donc pour ceux qui veulent faire un régime, ou juste un repas allégé qui cale quand même le ventre - plutôt ça, vu le prix - ou encore qui veulent tester un nouvel ingrédient d'Asie, c'est une piste à tenter)



bon appétit!

Ce qui va très bien après la semaine "un restau tous les 3 jours" ( oui bon, c'était mon anniversaire,  et comme tout le monde n'était pas libre en même temps, il a fallu faire ça en plusieurs étapes :D)

Allez, un café, et je continue.


Hop, 16h15.. et bonne nouvelle: une bonne âme de l'orchestre a reçu mon SOS, donc ce sera possible pour le concert demain après midi,c'est déjà ça.
Du coup, comme je suis en vacances lundi et que je bossais vendredi, on va dire que le marathon officel" étant prévu de hier à demain, sera donc chez moi décalé d'aujourd'hui à lundi,avec une coupure demain après midi.
enfin, plus d'une, parce que je ne sais pas faire quelque chose pendant plusieurs heures d'affilée. Donc il y a des pauses ménage, courses, etc...
Là, par exemple, je veux faire une recette.. et je n'ai plus de lait d'amandes. donc..pause supérette ( et ce n'est pas comme au Japon où il y en a tous les 100m, j'en ai pour une bonne demie heure, voire 3/4h pour y aller, chercher mes ingrédients et revenir) :(

17h14: tiens qu'est-ce que je disais: le temps d'y aller, de faire le tour, de faire la queue pour la caisse et de revenir.. 1h00

Mais j'ai pu me faire une boisson chaude au maccha ( contexte: j'avais vu ça en voyage au Canada, proposé dans des chaînes de café, du lait au maccha - va savoir pourquoi ils appellent ça "latte" en italien dans le texte. Mais je n'en avais pas goûté parce que j'avais la quasi certitude qu'il s'agissait de lait de vache, et le lait chaud fait partie des choses qui m'écoeurent, rien que l'odeur m'est insoutenable. Alors que froid ça va, allez comprendre.

Et donc voilà le lait d'amande au maccha, c'est tellement facile à faire. A un détail près: je ne sais pas ce que les gens rajoutent pour qu'il soit fluo comme ça, et je ne veux pas le savoir.
Le mien, fait main et même fortement dosé ( comprendre : bien 2 cuillères à café pour 100 ml, j'aime que ça soit un peu amer, et je ne sucre même pas, ni sirop de machin, ni jus de truc, rien...) reste juste gris-vert très clair. Donc soit ils ajoutent des colorants dans la boisson pour la photo, soit ils retouchent le contraste de la photo, mais en aucun cas le maccha n'aura cette couleur flashante. Preuve!

Au final de cet aprés-midi entrecoupé: un tome de manga fini ( vous verrez bien lequel pendant la la semaine du shojo, j'avais envie de rigoler alors j'ai sélectionne exprès un truc kitschouille,), la moitié du livre du thé, la moitié du "goût du Japon", un lait au maccha dans l'estomac, une bonne nouvelle, un évier propre, une lessive étendue dans l'appart sur les chaises et les poignées de portes, et une nappe lavée qui sèchera.. quand elle sèchera.

C'est parti pour la suite des livres entamés.

Dimanche: donc hier soir, lecture d'un tome de manga ( mais que je ne chroniquerai pas ici, c'est une relecture, donc déjà fait).

Et comme c'est mon premier jour de vacances, j'avoue.. je me suis réveillée à 8h30, jais ouvert un oeil, je me suis rendormie.. Donc après, le temps de prendre la douche, de cuisiner, et je dois partir à 14h45 - pour un concert à 17h00. Et je ne rentrerai probablement que tard le soir.

Donc vu la journée qui m'attend, et que je ne sais pas à quelle heure je pourrai dîner, le repas de midi était moins diététique qu'hier...

yep, la nappe moche est en train d'essayer de sécher.
Curry japonais! Il me restait des légumes à chop suey d'hier, et comme je pars en vacances mardi, j'essaye de terminer ce qui est entamé.
Normalement ça se fait avec des pommes de terres, mais je n'en ai pas mis, et de la viande. Sauf que je n'ai plus de poulet, j'ai donc fait une recette végétarienne, en utilisant des protéines de soja déshydratées.
La sauce curry japonaise est différente du curry indien, et on la trouve là bas, soit en pot de poudre à délayer dans la casserole, soit en bouillon cube, à délayer également. Le goût est un peu à mi-chemin entre curry et garam massala.
Il m'en reste de mon dernier voyage, dépassée depuis plusieurs années donc.. mais comme c'est de la poudre, gardée correctement, elle ne se périme pas.
Evidemment, elle n'a pas grand chose de naturel, donc j'en mange rarement. Mais avant de la trouver j'avais réussi à approcher du goût en mélangent du curry indien ( 1/3) et du garam massala  (2/3)
Pour ceux qui veulent la recette, c'est par là. Et du coup, avec les légumes en conserves, c'est plus rapide à faire.





vendredi 6 avril 2018

Mary et la fleur de la sorcière (long métrage d'animation - 2017)

Qu'est-ce qui se passerait si on mélangeait disons.. les Studios Ghibli et Harry Potter?
L'idée est cool non?

Et pourtant, ce n'est ni Ghibli, ni Harry Potter, mais ça y ressemble beaucoup!


Tiré d'un roman que je ne connais absolument pas ( The little Broomstick), on y suit Mary, petite fille rousse à couettes.
Mary est assez maladroite, solitaire, et complexée par sa couleur de cheveux. Elle vient d'emménager chez sa tante Charlotte, une vieille dame sympathique et aisée ( elle a une grande maison, un jardinier et une cuisinière) et attend en s'ennuyant l'arrivée de ses parents et le début de l'année scolaire. Il n'y a pas grand monde dans ce patelin nommé Manoir rouge, et on ne peut pas dire que la première rencontre avec le seul autre enfant du coin , un garçon nommé Peter se soit bien passée: elle a commis une maladresse, s'est retrouvée avec un panier de feuilles mortes sur la tête et Peter s'est moqué d'elle et, sans le savoir, de son complexe en la traitant de " petit singe roux".

Dans son ennui, Mary va un jour suivre non un lapin blanc, mais Tib le chat noir (et Gib le chat gris, moins important dans l'histoire, ce sont les chats de Peter), qui la conduisent dans la forêt, où elle trouve une fleur brillante qui ressemble à un muguet violet et déplait beaucoup aux chats. Lorsqu'elle la montre au jardinier, celui ci lui explique qu'elle est très rare, ne pousse que tous les 7 ans, et s'appelle " vol-de-nuit".

Po... Ponyo? C'est toi?

Lorsque Mary retourne dans la forêt pour chercher les chats qui ont disparu, elle trouve cette fois un balai pris dans des racines d'arbres ( la raison de sa présence ici est expliquée dans le prologue: une sorcière qui ressemblait beaucoup à Mary l'a perdu ici alors qu'elle fuyait après avoir volé des graines magiques.. celles de la plante à fleurs violettes). Par suite d'une maladresse, Mary écrase une fleur sur le manche du balai qui  s'anime.. et l'emmène droit dans la cour de l'école Endor, une école de magie, où on la prend pour une sorcière - puisqu'elle vient d'arriver à cheval sur un balai.



Et une sorcière particulièrement puissante puisqu'elle maîtrise d'emblée des sorts compliqués et qu'elle est rousse.
Sauf que ce n'est a priori pas Mary qui a des pouvoirs, mais la fleur écrasée qui lui en donne temporairement. autant dire que les choses vont se passer moins bien lorsqu'on va découvrir qu'elle n'est pas une sorcière mais une moldue intruse sans pouvoir particulier qui n'a rien à faire là. Elle va se mettre dans le pétrin et par maladresse (une fois de plus) met également Peter qui n'avait rien demandé à personne, dans le même pétrin...

Voilà un film sur lequel j'ai bien du mal à me faire une opinion en fait... Il y a du bon, et .. du moyen ( mais pas franchement de mauvais par contre)

Réalisé par Yonebashi Hiromasa ( Arrietty, que j'ai vu l'an dernier, mais pas présenté ici), ce n'est pas son premier film donc, mais c'est son premier au sein d'un studio autre que Ghibli... et pourtant on dirait du Ghibli, juré craché.

En fait, il s'agit même du tout premier film du studio Ponoc, fondé par d'anciens du studio Ghibli, et l'influence est plus que visible: de grands espaces, de la verdure, des poursuites aériennes sur une musique qui ressemble beaucoup à celles de Joe Hisaishi...

Donc c'est à la fois bien en ce sens qu'un second studio émerge alors qu'avec la retraite-mais-peut-être-pas des deux principaux réalisateurs, Ghibli semblait avoir des difficultés, mais un peu dommage qu'il ne prennent pas ses distances avec son grand frère.
Et, comme je le disais, c'est un premier film, donc,il est tout à fait logique qu'il soit encore baigné dans cette influence, dont il lui faudra peut-être un peu de temps pour s'éloigner et trouver ses marques pour développer sa propre identité.
Mais, l'influence est là, jusqu'au nom du studio: " Ponoc "est un mot croate apparemment qui signifie "l'aube" ou l'aurore". Ghibli est un nom de vent italien, donc les deux font référence à l'Europe et très exactement au même coin de l'Europe du sud, d'une part et d'autre de l'Adriatique.

Et visuellement le film est bourré de références à ceux de Ghibli. Graphiquement, c'est du Ghibli, pas de mauvaise surprise de ce côté là, c'est magnifiquement beau.

Mentions spéciales à l'incendie du début, au rendu du brouillard et des grands espaces de verdure, et à la directrice de l'école qui apparait dans une fontaine, manipulant l'eau à son image.


A commencer par Mary, petite rousse aux faux-airs de Ponyo et  Nausicaa, à cheval sur un balai, accompagnée d'un chat noir, qui vit avec une tante et sa cuisinière ( souvenez vous de la vieille dame aux tourtes dans  Kiki). Il y a même un enfant qui fait des livraisons ( ce n'est pas Mary, mais Peter.. qui se promène à vélo, comme Tonbo, le nouvel ami de Kiki, tiens).

Mary a dos de balai est attaquée par des créatures ressemblant à des poissons volants, mais ça rappelle beaucoup la scène où Haku le dragon était poursuivi par des oiseaux de papier. D'ailleurs c'est un pont qui marquait la frontière entre le village et les bains dans Chihiro, ici, c'est le même genre de pont qui marque la séparation entre la route et la forêt, où il ne faut pas s'aventurer quand il y a du brouillard.
Il ne faut pas entrer dans la forêt les jours de brouillard, on risque de s'y perdre. Vous avez tous deviné ce qui va se passer.



L'extérieur de l'école Endor, de bric et de broc, et flanqué d'escaliers ardus, rappelle à la fois ceux des bains de Yubaba et le château de Howl.. Et le monstre qui engloutit Peter tient un peu du dieu cerf qui cherche sa tête et de "sans-visage".

Toute ressemblance est.. absolument pas fortuite! Il faut n'avoir jamais vu Chihiro pour ne pas la repérer tant elle crève les yeux.
Mary qui arrive sur une île inhabitée est découvre une maison magique où elle semble attendue.. la scène semble vraiment un décalque de Chihiro qui arrive chez Zeniba après son voyage en train aquatique.

Le problème n'est pas qu'il y ait des références, mais qu'il y en ait trop, beaucoup trop, visuellement, narrativement, partout, à tel point qu'il devient difficile de suivre le film sans les chercher, ou sans qu'elles ne vous sautent aux yeux même sans les chercher. Et parfois au détriment de l'histoire.

Une autre plus inattendue: le petit Peter, avec sa caquette... a tout d'un dresseur de Pokemon.
Il y a de bonnes choses, mais... Peter en particulier est peu exploité. Autant Mary est , comme on en a l'habitude chez Ghibli, un personnage qui va dépasser ses doutes et essayer de réparer ses bourdes, autant Peter ne sert pas à grand-chose et récupère le rôle de la damoiselle en détresse qu'il faut sauver.
En terme de jeux vidéo, ça serait un PNJ, et sa quête est de le sauver des griffes de la directrice de l'école de magie.

il sert tellement peu qu'en fait je n'arrive pas à trouver d'illustration " casquette". Mais bon, il a quand même le blouson de sport de Sacha. Ils ont même attrapé 2 Miaouss!


La relation d'amitié entre lui et Mary n'a pas été suffisamment développée avant pour être vraiment crédible ( ils se sont rencontré 2 fois.. et les 2 fois ont fini en dispute, du coupon a plus l'impression que Mary vient à son aide par culpabilité de l'avoir impliqué là dedans, que par altruisme et/ou amitié). On sent bien l'ambition de faire quelque chose d' épique dans la veine de Chihiro, en un peu plus enfantin, peut être, mais il manque en face de Mary un personnage aussi complet et complexe que l'était Haku (mais je suis partiale, je trouve que Haku est un des personnages - je ne peux pas vraiment dire secondaires, mais autres que le héros- les plus aboutis de l'ensemble des films Ghibli.. et puis c'est un dragon, on peut difficilement rivaliser avec ça en termes de charisme!)


Tante Charlotte aussi aurait mérité un peu plus de développement.

Le professeur de science/ magie. Il me rappelle vaguement un autre personnage mais alors là, j'ai un trou de mémoire et je n'arrive plus à m'en souvenir, c'est agaçant.

Il y a des choses un peu attendues ( ce qui arrive à Gib, ou l'identité de la sorcière du début), d'autres... qui m'ont agréablement surprise, dans les thématiques:
[spoiler] je ne m'attendais pas en entrant au ciné à une réflexion sur les tests sur animaux, même si on la voit arriver pendant le film, ou à in fil directeur sur l'ambition démesurée et la création de surhommes. Avec le monstre qui avale Peter à ce moment là, c'est carrément à Akira que j'ai pensé, et à la métamorphose monstrueuse de Tetsuo que j'ai pensé.[fin spoiler]
Ca c'était la référence surprise qui fait plaisir. Parce que je ne l'avais pas vue venir. Parce que hors Ghibli, et c'est ça qui me donne une sorte d'espoir de voir peu à peu ce nouveau studio sortir de l'ombre de Ghibli et explorer d'autres voies.

Donc voilà, un film sympathique que malgré ses nombreux clins d'oeil, j'ai pris plaisir à suivre sur le moment, mais qui ne me laissera un souvenir très mémorable en lui-même.
Mais en même temps, ça fait plaisir d'assister aux débuts d'un nouveau studio. Donc je pense que Ponoc a un bel avenir, pour peu qu'il se détache de son grand frère pour essayer de trouver ses marques, probablement en se cherchant un peu au départ... (et puis Ghibli aussi n'est pas exempt de ratages, j'ai nommé: Terremer. Vu deux fois - parce qu'il ne m'avait laissé aucun souvenir la première et pour cause: il est raté et je crois que mon cerveau avait décidé de faire jouer la mémoire sélective)

Ils ont déjà retenu le meilleur chez Ghibli, à sa voir l'exigence visuelle sans sombrer dans la facilité d'un film en images de synthèse, et la volonté de ne pas occulter des thèmes durs et adultes dans un film destiné à un public jeune. Reste à trouver leur propre patte, à éviter de faire des citations toutes les 2 minutes, à ne pas sacrifier els personnages secondaires et à ne pas semer trop d'indices qui font dire " ça, je le voyais tellement venir!", mais je dirais que ça s'annonce plutôt bien.

le vendredi , c'est films et séries!

jeudi 5 avril 2018

De toutes les nuits, les amants - Kawakami Mieko

Voilà un livre que j'ai ms.. un an à lire.
Commencé en mars 2017, au moment où je changeais de travail, je l'avais mis en attente,  au fil des divers challenges, et je me suis enfin décidée à lire les quelques 30 pages manquantes pour ce nouveau mois japonais.



Du même auteur,je n'avais pas gardé un souvenir impérissable de Seins et Oeufs, qui a pourtant eu un succès tel que j'avais eu du mal à l'emprunter à la médiathèque, tant il était demandé.
J'ai voulu donner une nouvelle chance à Kawakami Mieko et.. force est de constater qu'une fois de plus, je suis passée totalement à côté. Je lui redonnerais peut-être à nouveau sa chance si l'occasion se présente ( je suis tenace et en général, si les 2 premières lectures sont un demi- échec, je vais jusqu'à la troisième pour être sûre. bon, ça ne sera pas dur, seuls 3 titres sont traduits en français actuellement).

Mais comme pour l'oeuvre précédente, les personnages sont si peu caractérisés qu'on peut difficilement s'y attacher.

La narratrice et.. on ne va pas dire héroïne, mais personnage principal, est une femme de 35 ans, Irié Fuyuko. Son travail de correctrice d'abord en maison d'édition puis indépendante ne l'intéresse pas, ne l'ennuie pas non plus.en fait et c'est bien le problème: RIEN ne l'ennuie ni ne l'intéresse. Elle se laisse vivre: des milliers de livres lui passent sous la main mais elle ne lit pas. Elle n'aime pas spécialement la musique, ou le cinéma, ou quoi que ce soit. Elle n'a aucune vie sociale, et refuse les sorties entre collègues, non parce qu'elle aurait quelque chose d'autre à faire mais parce que rien au monde de l'intéresse. Elle se met dans son coin, ce qui fait que les autres la mettent aussi de côté, jusqu'au harcèlement. Mais même là, sa seule réaction est de passer indépendante , histoire d'avoir encore moins de raisons de sortir de chez elle. Comment voulez-vous prendre parti pour un personnage pareil? Et même lorsqu'elle sombre dans l'alcoolisme à force de n'avoir aucun centre d'intérêt, difficile de la cerner, tant elle fait ça comme elle aurait aussi bien pu décider de tricoter pour s'occuper les mains par exemple.

Et donc cet incolore personnage va pourtant laisser 2 personnes se rapprocher d'elle. Enfin, si on peut dire: elle va plus ou moins développer une sorte d'amitié avec Hijiri, une des personnes qui lui amène du travail, et Monsieur Mitsutsuka, un professeur de physique chimie rencontré par hasard, en oubliant assez souvent que sympathiser avec quelqu'un est une chose, mais entretenir une relation implique quand même un minimum d'effort. effort qu'elle est incapable de faire sans le coup de pouce de l'alcool, et donc, elle ne s'aventure hors de chez elle que lorsqu'elle est passablement ivre.

Ca à l'air ennuyeux et.. hé bien, ça l'est. Pour moi en tout cas.
L'action n'avance jamais puisque soit Fuyuko reste chez elle à picoler, soit elle essaye de communiquer mais n'y arrive pas parce qu'elle n'a pas les idées claires. A se demander comment les autres arrivent à ne pas la planter là comme un radis devant tant d'inertie.

Dommage, parce que comme Seins et Oeufs, par moments, il y a quelques idées intéressantes, mais pas très bien menées ou exploitées. Celle de quelqu'un trop introverti qui sombre involontairement dans l'alcool pour se donner du courage est un bon départ, mais il faut quand même la faire évoluer, pas rester sans cesse à ce point A sans aller plus loin.

Il y avait aussi une idée intéressante: la seule chose qui.. on ne va pas dire intéresse, mais fasse sortir Fuyuko de son inertie, ce sont les lumières: celle qu'elle sort voir la nuit, une fois par an, le soir de son anniversaire, et qui scintillent aux fenêtres. Ce qui fait qu'elle va avoir un vague sujet de conversation avec un professeur de physique. Pour elle , les lumières sont un plaisir visuel, pour lui, c'est surtout un champ d'étude, les ondes, les photons tout ça...Ils ont un sujet d'intérêt commun, mais visiblement, pas sous le même angle d'approche.

Le traumatisme subi aussi lorsqu'elle avait 14/15 ans aurait été intéressant, mais.. non. Victime d'une agression sexuelle, mais elle n'est pas vraiment ni choquée, ni en colère, ni révoltée, ni quoi que ce soit. a peine si elle a conscience d'être une victime. On dirait que tout ça lui passe complètement au dessus, comme tout le reste.

Elle était déjà renfermée sur elle-même auparavant, a n'arrange pas les choses, mais ça n'est pas non plus l'élément déclencheur qui pour justifier ce blocage.
Hijiri est plus intéressante ( une femme forte, à qui Fuyuko aimerait ressembler, qui aime les difficultés parce qu'elle aime relever des défis) mais... peu exploitée.
Et, du coup, la toute fin ou Fuyuko et Hijiri semblent être enfin devenues vraiment bonnes copines fait presque tâche,tant elle n'a pas été suffisamment amenée pendant.. tout le reste. Il y a un trou de 2 ans entre le récit et sa conclusion, entre l'immobilisme et enfin un changement de situation.. et c'est pile ce qu'on aurait voulu savoir, comment Fuyuko a enfin réussi à surmonter ses réticences, qui est éludé.

Et c'est encore plus  déconcertant de trouver des qualités à quelque chose de si.. platounet par ailleurs. De ce que j'ai vu sur les blogs,soit on adore, soit on déteste, et bien même pas dans mon cas. Je l'ai fini juste parce qu'il ne me restait que quelques pages à lire, mais sans y trouver beaucoup de plaisir. Je ne peux même pas parler de déception, vu que je n'avais pas énormément d'attente sur ce livre.

2° lecture du même auteur, et 2°fois que je lui reproche les mêmes choses, ça s'annonce mal, je sens qu'elle n'est tout simplement pas pour moi. Alors que le courant est passé de suite avec Yoshimoto Banana par exemple. Dommage.
5 avril: thématique spéciale "plume féminine".



mercredi 4 avril 2018

oreillers de laque ( tome 1) - Sugiura Hinako

Hop plus d'un an et demi après le tome 2 ( en fait je l'avais lu depuis un moment mais je viens de me rendre compte que je ne l'avais pas chroniqué, avant de le rendre à la personne qui me l'a prêté), voilà enfin le tome 1.Mais comme il s'agit d'histoire indépendantes ,l'ordre de lecture n'est pas très important.

Et donc comme je le disais déjà pour l'autre tome, la série n'est plus éditée, mais on peut encore la trouver d'occasion sur le net.



Si la suite évoque le petit peuple, en revanche ce premier tome est vraiment centré sur des instantané, des "images du monde flottant" (traduction de ukiyo e, les estampes auxquelles le graphisme fait constamment référence), des instantanés de la vie des prostituées du quartier chaud.
Mesdemoiselles Rossignol, Hautes-Herbes, Kimono-de-lin, Plaine-neigeuse ne sont pas des courtisanes de luxe,juste des prostituées normales qui travaillent à Yoshiwara et leurs clients, habitués ou de passage ne sont ni riches ni célèbres, juste des commerçants ou artisans, dont elles espèrent qu'ils ne les oublieront pas lorsqu'elles auront payé leur dette et fini leur contrat. Ho, pas tant pour devenir leurs femmes légitimes ou leurs maîtresses officielles, mais être employée dans leur commerce ou en tant que cuisinière ça serait déjà bien. Alors faute de mieux on manigance, on se fait offrir de petits cadeaux, le summum étant d'arriver à soutirer à un client aisé un serment écrit qui pourra servir plus tard, pour le faire chanter.
Les clients ne sont pas moins manipulateurs: inventer une histoire et se faire passer pour un meurtrier en cavale pour pimenter la passe, ou jouer les tolérants pour se faire apprécier et bien voir d'une prostituée que l'on souhaite revoir... ces petits arrangements sont monnaie courante à Yoshiwara, où de petites servantes au destin tout tracé apprennent dès l'enfance les ficelles du métier avant de devenir à leur tour courtisanes.

A celà, s'ajoute " du vent sur les fleurs"qui donne son titre au recueil ( bizarrement, le titre retenu pour le recueil est celui de la...j'ai failli écrire nouvelle, parce que c'est ça finalement, ce sont des nouvelles dessinées, donc de la seule histoire qui ne se passe pas au bordel, ou dans le quartier chaud, mais en plein air), une saynète humoristique tirée des "contes curieux de l'ère Tenpô", où une jolie fille draguée dans la rue par des types très lourds les calme instantanément... en faisant pipi debout. Car comme Madame Arthur elle a un " je-ne -sais-quoi" en plus ( c'est un acteur de théâtre spécialisé en rôles féminin, un onnagata)
Et puis on croise aussi quelques tanuki au coin d'une case,  pour faire bonne mesure.

les mercredis, c'est journée manga!

mercredi 28 mars 2018

un mois au Japon, seconde saison!

Salut à tous... Après quelques temps de silence,je reviens.

Comme l'an dernier, mes camarades de nombreux défis, Lou et Hilde, repartent au Japon ( au figuré), tout le mois d' avril.
Donc logiquement, j'y suis aussi, j'avais même gardé quelques sujets sous le coude spécialement pour l'occasion. 

Programme des réjouissances? ( en gras, ce que je compte faire, rayé: ce auquel je suis quasi sure de ne pas participer )

Mercredi 4, 11, 18 et 25 avril : Manga

Vendredi 6, 13, 20 et 27 avril : Séance cinéma / Série TV

 
Samedi 7, 14, 21 et 28 avril : Album jeunesse


Dimanche 1, 8, 15, 22 et 29 : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique (autour du thé, des délices de Tokyo ou autres...)


Week-end du 13 au 15 avril (36H) : Read-a-thon nippon (j'aurais bien voulu, mais pas possible, je suis en groooos We de stage de musique)


Rende-vous ponctuels :


La ville à l’honneur : lundi 2 avril

Un Amélie Nothomb se déroulant au Japon : mardi 3 avril (désolée Amélie, je t'ai donné plusieurs fois l'occasion de me convaincre, mais force est de constater, nus en sommes pas faites pour nous entendtre

Plume féminine nippone au choix : jeudi 5 avril

Aki Shimazaki - Romans des cycles Le Poids des Secrets, Au coeur du Yamato, L’ombre du chardon : lundi 9 avril Sans moi: j'ai adoré Yamato et le poids des secrets, mais j'attends que la nouvelle pentalogie soit disponible entièrement pour la lire d'un coup, ce n'est pas encore le cas..)

Journée 100% zen : mardi 10 avril

Journée du chat nippon : jeudi 12 avril

Le Tombeau des lucioles, le livre ou le film d’animation : lundi 16 avril (j'ai déjà chroniqué le livre, faudrait que je revoie le film)

RDV Polar : mardi 17 avril

Plume masculine nippone au choix : jeudi 19 avril

RDV historique (en roman, reportage, film, essai...) autour de la 2e guerre mondiale ou de la bombe atomique : lundi 23 avril

Rencontre avec un Samouraï : mardi 24 avril

Rencontre avec une Geisha, oeuvre au choix : jeudi 26 avril

Rendez-vous Yokaï : lundi 30 avril (bah, oui, obligé!)

Pour tout le reste, on verra bien, si une idée me vient, ou si quelque chose d'intéressant croise ma route. Il faudrait aussi que je me décide à continuer mes sujets voyage...Tiens peut être les samedi à la place des albums que je n'ai pas.

Un logo à motif sakura, c'est de saison!
MAJ: Bidib a involontairement attiré mon attention sur la semaine shôjo, organisée par "club Shôjo". Je connais très peu ce site, et pour tout dire, je lis très peu de shôjo, je suis plus branchée Shonen et Seinen ( en fait, là, je voulais attaquer Lost Canvas, mais comme c'est une préquelle de Saint Seiya et que je n'ai pas grand chose à faire de mes journées, j'ai voulu me rafraîchir la mémoire sur la série originelle, et donc.. je suis repartie pour les 28 tomes, voui...mais je kiffe, cette série de baston est mon ptit plaisir coupable). Mais j'ai quand même quelques shôjo sur mes étagères ( plus les choses plus ou moins inclassables), ça serait l'occasion où jamais de les en ressortir. Ou d'aller voir ce que Mangafox a à me proposer ( en anglais, mais ça donne déjà une idée sur les séries qui  pourraient me tenter)

Donc je pars sur l'idée que le RDV manga du 25 avril sera un shôjo. Tiens mieux, chaque semaine un genre différent, je commence ce mercredi avec un seinen - qu'objectivement j'aurais considéré comme inclassable, en fait.

mardi 30 janvier 2018

Pays de Neige - Kawabata Yasunari

Ho un billet, après presque 2 mois et demi de silence. Non , ce n'est pas que je ne faisais rien, mais j'ai été bien occupé par un MOOC assez costaud ces dernières semaines.

Pour conclure le challenge Cold Winter (sur mon autre blog), j'ai tout naturellement eu envie de faire un détour par le Japon, et ça tombe bien, la thématique étant, l'hiver, le froid, etc.. j'avais "Pays de neige" en réserve.

J'avoue que je ne connais que peu Kawabata, ma seule rencontre avec lui, jusqu'à présent, était une adaptation de "Tristesse et beauté " en monologue théâtral, il y a des années.
C'est donc sans trop savoir à quoi m'attendre que je me suis attaquée à un de ses textes les plus connus.




On y suit pendant 3 années Monsieur Shimamura, érudit tokyoïte, pendant ses vacances dans une station thermale de montagne, dans le bien nommé " Pays de neige". Car de la neige il y en a en effet partout et très longtemps dans ce coin montagneux. Et pas seulement la neige,mais la blancheur est partout, et à la neige répond le maquillage blanc des geisha, et plus tard la clarté de la voix lactée.

C'est dans ce cadre pittoresque qu'il a rencontré Komako, apprentie musicienne qui loge chez une maîtresse de musique. Comme il y a peu de travail dans ce coin là, et qu'il manquait de geisha pour égayer les soirées, elle était venue un peu au dépourvu amuser ce client. Non profssionnelle, elle avait tout de suite plus à Shimamura et les deux avaient rapidement entamé une liaison.
Lorsque commence le récit, Shimamura revient pour la seconde fois au pays de Neige, revoir Komako qu'il n'a pas oubliée. Celle -ci entre temps est devenue une vraie geisha professionnelle.
Mais alors qu'il arrive en train Shimamura est intrigué par une autre femme croisée dans le train, Yokô, parce qu'il l'a vue presque fantômatique dans un reflet de vitre, parce qu'elle a un regard vif et perçant, et surtout parce qu'elle a une jolie voix un peu grave. Je peux comprendre Shimamura sur ce point là, étant moi-même souvent plus frappée par la voix des gens que par leur physique. Mais c'est un détail qui m'intéresse, car le texte fait la part belle à la musique: Yokô a une jolie voix et chante dans son bain, Komako joue du shamisen.
Yokô et Komakô se connaissent, mais leur relation n'est jamais explicitée. Entre elle il semble y avoir une certaine affection, mais aussi une rivalité liée à un mourant.
C'est donc une sorte de triangle sentimental inavoué qui se noue entre les deux femmes et Shimamura au cours de ses visites, le tout narré sur un mode assez contemplatif et élégiaque.
En fait, plus qu'un roman, c'est presque une série d'instantanés de la vie montagnarde, comme autant d'estampes à l'ambiance brumeuse ou de leitmotiv musicaux ( la voix lactée, le train, les ivresses à répétitions de Komako, le deuil...)
Apparemment dans son pays d'origine Kawabata est plus considéré comme poète que comme romancier, et franchement, je veux bien le croire. Ca n'a pas du être facile du tout à traduire.

Pas désagréable à lire, mais, et apparemment c'est une constante de l'auteur, avec une fin ouverte qui n'apporte pas de réponse. A savoir donc.
Ca ne me pose pas de gros problème, mais ne le sachant pas a priori, c'est assez déroutant ( je l'ai lu en version e-book et j'ai presque cru qu'il y avait un second tome que j'avais oublié d'acheter)
et juste parce que j'avais envie de finir le challenge Cold Winter sur une image pittoresque, le Fuji-san sous la neige
A savoir donc, et à garder en tête pour d'autre lectures de l'auteur, au passage le premier auteur japonais à avoir reçu le Prix Nobel de littérature - Oe  Kenzaburo est le second et dernier en date.
Sur la fin ouverte, voici une analyse fort intéressante.
et au passsage première lecture du challenge je lis des classiques

vendredi 17 novembre 2017

Le château ambulant ( long metrage d'animation 2004)

Après une soirée du 10 novembre assez saignante et violente ( voir ici), il me fallait bien une histoire mignonne (enfin presque) avec un sorcier sympathique, un démon rigolo,une baraque bringuebalante, une mamie de choc et un navet magique pour me remettre de mes émotions.

Celui-ci, je l'avais vu lors de sa sortie au cinéma,mais pas revu depuis. Et j'avoue que j'en avais oublié beaucoup de passages c'est donc une redécouverte pour moi.

l'affiche originale


Bon, comme toujours c'est du Ghibli, donc il y a des grands espaces, de la verdure, une image qui " respire" ( je ne sais pas comment dire autrement, un film Ghibli, c'est vivifiant comme une promenade à la campagne, voilà!), un peu de fantastique et un propos pacifiste...

Voilà très exactement ce que je veux dire par " dans un Ghibli, on respire"

Tout commence dans une petite ville où vit et travaille Sophie, qui a hérité de la chapellerie de ses parents. Ce n'est pas que l'idée d'être chapelière toute sa vie l'enchante, mais elle s'en accommode, en disant à sa soeur, qui a préféré aller travailler dans une pâtisserie, que c'est son devoir en tant qu'aînée.
Rien ne semble de toute façon l'intéresser vraiment, elle n'a pas d'ambition, ne porte aucun intérêt à la guerre qui enthousiasme le reste de la ville et rien ne semble devoir perturber son existence toute tracée.

Même pas la visite à proximité du "château ambulant", curieuse bâtisse métallique mouvante qui ressemble à un gros monstre et que l'on dit habitée par un sorcier dangereux nommé "Hauru" ( Howl dans le texte anglais original, mais je vais garder la transcription nippone des sous-titres)
Personne ou presque ne semble l'avoir vu, mais il y a toujours quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait quelqu'un dont la soeur a été victime d'un maléfice. On prétend même qu'il dévore le coeur de ses victimes. Partant du principe qu'elle n'a aucun risque d'être maudite ou dévorée, Sophie se fiche à peu près totalement de la magie et des magiciens jusqu'au moment où, l'un d'eux vient à sa rescousse alors que des militaires la draguent lourdement. Un dandy blond, plutôt drôle, et sympathique qui propose de l'accompagner pour lui éviter les mauvaises rencontres en omettant de préciser que le chemin va se faire par voie des airs. En marchant dans l'air. Cette rencontre inattendue laisse Sophie songeuse et disons le, un peu sous le charme de cet inconnu aérien et galant.

Moi non plus, je n'en mènerai pas large si quelqu'un m'enlevait au sens propre du terme juste après m'avoir dit "pas de problème, je te raccompagne".
je suis plutôt du genre à hurler " au secouuuuurs, à moi! je veux descendre!"
^$ù*$ù de vertige

Tout le monde l'a deviné, il s'agit ben sûr de Hauru, celui que tout le monde prend pour un monstre. Sauf que Sophie ignore encore son identité.

Manque de chance, il est suivi comme son ombre par la sorcière des Landes, dont il avait pris le parti dans une querelle de sorcier, avant de la laisser tomber pour garder son indépendance. Elle prend Sophie pour la petite amie de Hauru, et pour se venger la transforme en vieille dame octogénaire et rhumatisante. avec impossibilité bien sûr de dire qu'elle est victime d'un sort.

Ce qui serait une catastrophe pour tout le mode est presque un coup de bol inespéré pour Sophie, contrainte de partir, mais qui y voit aussi finalement une occasion de vivre sa vie sans plus se souier des obligations familiales et des conventions. Puisque personne n'ira se soucier de ce que fait une vieille dame.
C'est dans cet état d'esprit qu'elle arrive près du château ambulant, après avoir aidé un épouvantail enchanté, et que.. bon au point où elle en est, autant rentrer, même un méchant sorcier n'ira pas dévorer une coriace mamie.

le "bazar" ambulant serait plus adapté. Mais je kiffe ce truc. Je vous ai dit qu'il y a des portes dimensionnelles qui vous mènent ou vous voulez. Ca n'en a pas l'air mais c'est la classe!



Celui qui l'a laissée entrer se nomme Calcifer, c'est un démon du feu celui qui animé le château métallique: il est condamné à chauffer les lieux, lié par un pacte avec Hauru, et voit la malédiction de Sophie. Et lui propose un marché: qu'elle trouve le moyen de délivrer Calcifer de son pacte, et il lèvera la malédiction qui pèse sur elle.

Le démon le plus chou du monde

Lorsque Mamie Sophie voit enfin Hauru, surprise! Elle s'attendait à tout sauf au secourable inconnu de la veille, aussi avenant avec les jeunes femmes qu'avec les mamies puisqu'il accepte de la loger et de la nourrir en échange de travaux ménagers, et il yen a bien besoin, vu le bric à brac, notre sorcier est aussi flemmard que sympathique.

se retrouver femme de ménage chez le type le plus désordonné de la terre.
Et je sais de quoi je parle, son bureau est aussi en pagaille que le mien
La seule différence c'est qu'il n'y a pas de nourriture qui y traine
Et aussi fanfaron, agaçant, puéril, impatient, qui fuit les responsabilités et la vengeance de la sorcière des landes à qui il a fait faux bond ( bon là, on peut le comprendre, elle est terrifiante et à juré de dévorer son coeur, ce qui ferait peur à n'importe qui. Après, je ne sais pas si en japonais l'image de dévorer le coeur correspond à notre figuré " passer à la casserole", mais à mon avis c'est plutôt ça, vu que la monstrueuse sorcière est visiblement une... " croqueuse d'hommes").

Un excellent magicien, mais doté de la maturité émotionnelle d'un gosse de 10 ans- on saura plus tard pourquoi -  trop content de trouver l'occasion de se faire entretenir par une grand mère d'adoption, voilà pour le monstre que tout le monde craint.
Et c'est super drôle d'avoir un antihéros qui reste attachant tout en ayant autant de défauts qui seraient insupportables chez n'importe qui (punaise pourquoi je pense à mon ex d'un coup? ha oui, il n'avait pas les options " sympa" et "compétent" pour contrebalancer :D)


Alors ce n'est pas le Ghibli le plus facile d'accès, mais il a une qualité qui me le fait classer dans mon top 5: un dessin animé et plus généralement un film, dont le personnage principal est une vieille dame (certes à cause du sort, mais il n'empêche!) et qui nous parle de vieillesse sans  nous dire que c'est une catastrophe parce qu'on a déjà un pied dans la tombe.

J'adore Mamie Sophie, beaucoup plus dynamique, drôle et forte en caractère que quand elle était jeune, 2 jours plus tôt.

Mieux, ajoutons les deux sorcières: Suliman est semble-t-il en fauteuil roulant, mais reste une femme à poigne et une politicienne manipulatrice.
La sorcière des landes cache son âge réel sous un " maquillage" magique ( elle se fait vieille, mêmes ses maléfices ne tiennent plus la route très longtemps et perdent en efficacité), mais reste incorrigible lorsqu'elle retrouve son apparence réelle, de mamie décrépite mais qui n'a pas les yeux dans sa poche quand un bel homme passe dans le secteur.

D'ailleurs, en y réfléchissant, alors que les autres films sont plus axés sur le monde de l'enfance, celui-ci et dans une moindre mesure Porco Rosso, parlent quand même pas mal... disons de séduction, au sens large.
Et des déguisements qu'on met pour plaire aux autres, qui fatalement, empêchent d'être soi: le magicien souffre d'un manque de confiance en lui qu'il tente de cacher (en changeant de couleurs de cheveux puisqu'il se trouve moche en brun!) et se montrer tel qu'il est réellement est une épreuve qu'il ne peut paradoxalement surmonter que face à une mamie... qui n'en est pas une, mais face à qui il peut laisser tomber l'attitude frimeuse. Et n'est jamais aussi adorable que lorsqu'il admet ses faiblesses.

Je trouve cette ironie savoureuse. Et dites moi dans quel dessin animé européen ou américain on pourrait trouver un truc aussi complexe ( d'oedipe, et d'infériorité, oui aussi un peu quand même)

Le film n'a pas eu le succès escompté, mais quelque part ça n'est pas trop étonnant. d'une part il procède part tableaux plus que linéairement.
D'autre part, il est sorti peu après Chihiro, et Hauru ressemble beaucoup à une version adulte de Haku ( magicien? ok. coiffure à frange? ok. Peut se transformer en animal? ok. Peut voler? ok. A mangé un truc ensorcelé qui le rend instable? ok...)
Peut être que les ressemblances étaient trop marquées à peu de temps d'intervalle.

j'ai failli oublier Navet!

Mais bon, voilà, seulement dans le top 5, et non dans le top 3 parce que malgré tout, un oiseau géant ne peut pas rivaliser avec un dragon ( et surtout j'adore Chihiro et sa galerie de monstres et yokai en tout genre)

Voilà mon top 3 pour les curieux
1- Princesse Mononoké
2-Le voyage de Chihiro
3- Porco Rosso ( inattendu, hein? Le corbeau géant est même battu dans mon estime par un cochon volant. Oui,mais Porco Rosso était le film qui m'a fait découvrir Ghibli, alors il mérite son podium)