lundi 28 juillet 2014

Au coeur du Yamato T.2 et 4 - Shimazaki Aki

hé oui, tomes 2 et 4 d'une même pentalogie. En fait, simplement on me les a prêtés, et comme l'ordre de lecture n'a pas vraiment d'importance,hé bien, allons y, et comme ce sont deux livres très courts, je les ai lus dans la foulée.

Zakuro ( T2). La grenade en japonais, le fruit, qui est le motif central de ce récit. Nous somme en 1970 dans la famille Toda. Le père, Banzô Toda, était parti travailler en Mandchourie juste avant la seconde guerre mondiale. a cette époque, la Mandchourie était sous domination japonaise, et de nombreux travailleurs y avait été envoyés en mission d'affaires. En 1945, la Mandchourie a été envahie par la Russie, et les japonais restés sur place ont été déportés en Sibérie. Plus personne n'a eu de nouvelles de Banzô depuis cette année là, ses enfants sont persuadés qu'il a du y mourir depuis longtemps. Sa femme en revanche croit dur comme fer à son retour même 25 ans après. D'autant plus dur, que c'est à peu près la seule chose qui la maintien en vie, elle est atteinte d'une maladie d'Alzheimer qui progresse de façon fulgurante et son seul souvenir, son seul espoir est que son mari est en voyage d'affaire en Mandchourie et va revenir un jour.
Un jour pourtant, par un concours de circonstances innattendu et alors qu'il a complètement abandonné l'espoir de revoir son père, Tsuyoshi, le fils aîné, quinquagénaire, découvre que non seulement son père vit toujours, mais qu'il est revenu au Japon et habite la ville voisine depuis 25 ans, sans avoir jamais donné signe de vie. Les retrouvailles sont tendues , mais si Banzô n'est jamais revenu, c'est lié à un événement grave qui s'est passé en Sibérie.

Tsukushi (T4). Le tsukushi, c'est la plante représentée en couverture: la tige à spores de prêle. Cette fois, l'histoire se passe en 1994, chez Madame Yûko Sumida, une femme qui a épousé  13 ans plus tôt un homme très riche, adorable, gentil, le mari idéal en quelque sorte. On apprend pourtant vite que sa vie ne la satisfait pas: issue d'une famille très traditionnelle pour laquelle une femme ne doit pas travailler et surtout se contente de faire un mariage le plus avantageux possible, elle a du rompre avec son fiancé d'alors, simple représentant, pour épouser le fils du directeur d'une banque qui finançait l'entreprise de son père. Pour éviter toutes représailles économiques envers sa famille en cas de refus, elle a donc choisi le banquier. Qui n'a fait aucune difficulté bien qu'elle ai été enceinte de son précédent fiancé, au contraire. Et comme il n'y a pas eu d'enfants, dans sa tête, c'est clair: son mari est stérile, c'est pour ça que tout s'est déroulé parfaitement.
Et pourtant, comme le héros du Tome 2, elle va avoir une grosse, une très grosse surprise qu'elle aurait peut être préféré ignorer, et c'est une boite d'allumettes décorée d'une aquarelle représentant des Tsukushi qui va la mettre sur la voie. D'ailleurs en ikebana, le tsukushi représente la surprise ( la grenade du tome 2 représentait la sottise et l'élégance)

J'ai totalement adoré ces deux courts récits, écrits directement en français par une romancière japonaise qui vit au Canada depuis longtemps ( le Canada, Montréal plus exactement revient comme fil directeur dans Tsukushi). J'ai adoré le fait que les titres soient liés aux plantes, et à leur symbolique (une grenade rouge tenue devant sa jupe blanche par la vieille dame dans  Zakuro rappelle évidemment le drapeau japonais.)
De même, j'ai terriblement apprécié que les deux récits s'interpénètrent: un prénom qui revient comme leitmotiv - La vieille dame nommée Yoshiko dans Zakuro, la nouvelle amie de l'héroïne qui se nomme Yoshiko également. Les deux amies qui vont dîner à Yokohama dans le restaurant Zakuro, dont il est aussi question dans l'autre tome. Monsieur Toda fils qui fait une apparition, 24 ans plus tard, dans le second récit...

J'ai tellement adhéré à l'écriture, très délicate , jamais lourde, ni trop brumeuse, aux sujets " tranches de vie", au fait qu'on suive en quelque sorte les histoires de différentes personnes dans le même cadre qui devient à sont tour un personnage à part entière, de même que les plantes, que je suis allée dès lundi chercher les tomes manquants, qui malheureusement n'était pas disponibles. En tout cas je les lirai sans faute et très bientôt!

En attendant, tiens, énorme coup de coeur, et et dans les deux cas, j'ai donc envie d'inaugurer un logo spécifique. Je décerne donc un neko d'or collectif pour les deux tomes en attendant les 3 suivants

Le sumo qui ne pouvait pas grossir - E.E Schmitt

Après le Japon de la belge Amélie Nothomb, c'est au tour du français Eric-Emmanuel Schmitt de nous emmener dans "son " Japon. Contrairement à Amélie Nothomb qui y a vécu, il ne me semble pas que ça soit le cas de Schmitt.

Le sujet du livre correspond très très exactement à son traitre. Tout commence lorsque Jun, 15 ans, ado dégingandé et maigrichon en rupture avec sa famille, qui survit en vendant de la marchandise de contrebande à la sauvette est harcelé, littéralement par Shomintsu, vieil entraineur de sumo qui ne cesse de lui répéter à longueur de temps " je vois un gros en toi". Jun, 1m75 pour 55 kilos tout mouillé passe par la colère, l'ironie, le sarcasme: pour lui le vieux est soit bigleux, soit gâteux, soit les deux. Et le sumo représente le sommet de la ringardise à ses yeux. Mais de fil en aiguille, Shomintsu finit par convaincre Jun de venir assister à une rencontre de sumo, et c'est pour lui une révélation: il découvre le sport et la précision derrière le rituel poussiéreux, et la tenue ridicule auquel se résumait le sumo pour lui, au point que ça devient une vraie passion. Le gamin révolté intègre donc l'école de sumo de Shomintsu. sauf que comme nous le dit le titre: il a beau faire, se gaver, se muscler.. il n'arrive pas à grossir. Rien n'y fait. La clef de ce blocage se trouve probablement dans le passé qu'il refuse obstinément de révéler.

Si le sujet est original, j'émets quand même quelques critiques sur ce livre, qui se lit sans déplaisir, mais vite. Un peu trop vite en fait ( une toute petite centaine de pages imprimées assez gros). J'hésite même à l'appeler roman, pour moi c'est plutôt une longue nouvelle, ou un conte. Du coup, hormis le héros qui est bien développé mentalement, les autres personnages - il y en a peu- sont à peine ébauché, et c'est dommage: Shomintsu  ou Reiko, la soeur d'un autre sumo qui a eu le coup de foudre pour Jun. Impossible pour moi de m'intéresser à des personnages qui se résument à quelques lignes. du coup, c'est sympathique à lire, mais sans plus. Le sumo en tant que sport est à peine évoqué, c'est la quête intérieure de Jun qui focalise le récit. c'est dommage parce que finalement il aurait pu se choisir n'importe quelle passion dans le fond, le go comme Hikaru dans le manga Hikaru no go, ou la cuisine, ou la broderie ou n'importe quoi, ça n'aurait pas vraiment changé grand chose à l'histoire. qui aurait d'ailleurs pu se passer n'importe où dans le monde (imaginons: ça se passe en Ouzbekistan, c'est l'histoire d'un jeune révolté qui trouve que le bouzkachi c'est la tradition la plus ringarde de son pays, mais qui va malgré tout développer une passion pour cette tradition ringarde, bien qu'il n'arrive pas à monter à cheval...un eu de philosophie, et hop; ça y est il y arrive!  et vous avez exactement le même récit)
Voilà, ça se lit vite, facilement, mais ça ne me laissera pas franchement un souvenir impérissable, je suis quand même un peu déçue.

L'autre problème, je le disais plus haut, Schmitt ne semble pas avoir vécu au Japon, et quelque part ça se sent. Je n'avais encore rien lu de cet auteur pourtant très connu. Le style est très direct, très parlé, et .. ça me fait bizarre. C'est une écriture très française en fait, que je trouve assez peu adaptée au sujet, ça ajoute encore une couche au fait que le récit puisse se passer n'importe où n'importe quand avec n'importe quel centre d'intérêt. Je suppose que l'auteur a une visée d'universalité, mais je ne sais pas, c'est un peu frustrant.
En plus, j'en suis arrivée au point où des phrases comme " c'est le Fuji-yama de l'horreur" ou " que je me fasse hara-kiri si je mens" ne passent pas. Ca sonne touriste à mes oreilles. Dommage, mais c'est un demi échec
à un moment, Shomintsu emmène Jun découvrir la méditation dans une jardin sec. Le logo s'imposait!

vendredi 25 juillet 2014

A voir à Tôkyô ( 2) - Musée Edo-Tôkyô



Lors de mon premier voyage, j'avais passé tellement de temps à arpenter les rues que je n'avais pas eu le temps matériel de voir la moindre exposition. Je m'étais promis lors d'un prochain voyage d'aller voir au moins un musée. Chose que j'ai pu faire l'an dernier, il y a eu quelques jours plus gris. Le musée national d'une part, et le Musée Edo. Le musée national est assez classique: statues, peintures, kimonos, estampes, archéologie... Moi j'aime bien  mais pour ceux que l'idée de ce genre de musée rebute un peu, je conseille vivement celui d'Edo.
Edo c'est l'ancien nom de Tôkyô. L'exposition permanente est en fait constitué de très grosses maquettes reconstituant les quartiers et la vie quotidienne à l'époque d'Edo (du XVII° au XIX° siècle), lorsque la ville était capitale du shogunat, et l'époque moderne, à partir de 1868, année où la vile a changé de nom. J'ai vraiment adoré ce musée: reconstitution d'un morceau de pont à taille réelle, d'un théâtre kabuki, d'une échoppe d'estampes avec explications en anglais sur les étapes successives de la fabrication d'une estampe, la structure de la ville ( et les affrontement entre casernes de pompiers de quartier!), des objets du quotidien y sont présentés, costumes de théâtre, affiches, photos, palanquins puis, voitures, etc...on peut s'amuser à éclairer les maquettes, c'est vraiment passionnant.

Cerise sur le gâteau: le musée est situé juste à deux pas du quartier des sumo et de la halle où se déroulent les rencontres, donc avec un peu de chance, comme ça a été mon cas, il est possible d'en croiser un en kimono, qui va prendre son métro.
Hop on reprend le plan du métro: Ligne violette Oedo, descendre à Ryogoku (E 12)/ j'attire l'attention de tout le monde sur le fait que la ligne Oedo est celle qui conduit également à Shiodome (E 19) à côté de laquelle se trouve l'horloge Miyazaki!

Alors qu'y voit on? hé bien, par exemple:
Une reconstitution du Nihonbashi, ou plutôt de sa partie nord, en taille réelle (le pont entier faisait une cinquantaine de mètre de long). Le pont en question était le pont de départ ( le "kilomètre zéro"  en quelque sorte) des routes quittant Edo.
Le fauteuils que l'on peut voir en dessous font face à:
La façade du théâtre kabuki Nakamura (XIX° s), apparemment des pièces doivent y être jouées , ou du moins des extraits.
En traversant le pont, on arrive à la section " maquettes"

Ici une partie de la résidence du Daimyô Matsudaira Tadamasa ( XVII°S), reconstituée d'après des dessins d'époque. Quelques détails?
'ttendez, j'ai mieux: détail du détail ci -dessus!




une autre maquette: le quartier Nihon-bashi


En continuant plus loin, on arrive à l'artisanat:
un rouleau peint en 1838...
un palanquin en bois laqué (bah, oui.. il y a le reflet de la vitre)

des affiches de 1858 qui représente des pompiers avec les bannières de leurs compagnies respectives: dans une ville majoritairement construite en bois, le feu était un danger quotidien..
Cette borne est une borne pour enfants perdus: apparemment, il suffisait d'aller s'y poster.. et d'attendre ses parents. Fallait y penser!
Reconstitution d'une échoppe de libraire d'après "les vues célèbres du Tokaidô"
Différentes étapes de la fabrication d'une estampe: les planches encrés en dessous, au milieu, ce que chacune imprime, et en haut le résultat des impressions successives..
Jusqu'au résultat final!
"le flûtiste", une gravure du XVIII° siècle que j'ai trouvée particulièrement jolie

Aussi du XVIII°: une estampe publicitaire pour une échoppe de tabac.

Costumes et scénographie de la pièce de kabuki " sukeroku"
:
Je n'ai presque pas de photos de la partie " moderne", le musée allait fermer et j'ai du le finir un peu en 4° vitesse!
Ginza " brick town", un des premiers quartiers à avoir été modernisé: après avoir été ravagé par un incendie en 1872, il est devenu la vitrine de la modernisation du pays et a été reconstruit en dur.


(le symbole de la modernité est devenu de l"'ancien", une des constructions restantes de cette époque à Ginza: le bâtiment Wako)
un éventail fin XIX° avec une fille a vélo je le trouve très sympa!

mercredi 23 juillet 2014

Astro le petit robot - les séries TV, petite comparaison

En fait, avoir parlé d'Astro le petit Robot dans le sujet précédent m'a fait prendre conscience que je n'avais qu'un vague souvenir de la série TV. Celle des années 80 j'entends, celle qui parlera plus aux gens de ma génération. J'ai encore le générique par coeur en tête, et dans mon souvenir c'était " une série de Sf plutôt mignonne". En fait, si ce n'est pas la première série de SF que j'ai regardée ( Capitaine Flam, Albator et ulysse 31 ont été diffusées plus tôt) c'est la première fois, je crois que j'ai remarqué que c'était une série japonaise. Avant, je regardais juste "des dessins aimés", mais , je crois bien que oui, c'est pour Astro que j'ai tilté la première fois " ha mais ça vient de l'étranger en fait!"

hop! Générique français, vous allez l'avoir en tête pendant une semaine!


Donc une série de SF, tirée d'un manga célébrissime, du nom mois célébrissime Osamu Tezuka, qui nous parle d'un robot, un robot surpuissant nommé en VO "Atomu" ( le manga date des années 50, à une époque où l'énergie atomique était encore perçue comme quelque chose de moderne, positif, et tout le couplet.. les choses ont bien changé n'est-ce pas?!) renommé "Astro" pour l'occident. La particularité d'astro étant son apparence de petit garçon. C'est chou n'estce pas?
Enfin, ça c'était dans mon souvenir..
Je n'ai pas lu le manga, édité dans les années 90 en France, à une époque où j'entrais en fac, et où je n'avais plus trop de temps à consacrer à la lecture plaisir .

PAr contre j'ai eu envie de revoir le premier épisode.. et j'ai trouvé aussi celui de la première version, car le manga a été adapté plusieurs fois: une première fois en noir et blanc dans les années 60, qui n'a jamais été diffusée en france, une seconde dans les années 80, celle dont je me souviens, et une troisième en 2003) . Je rajoute, juste pour info, un film en images de synthèse et 3d en 2009. Et au moins dans les 3 premières adaptations, la fiélité au graphisme de Tezuka est impressionnante. Preuve:
le manga de Tezuka Tome 1
Série des années 60:

Série des années 80

Série des années 2000
même le professeur Ochanomizu a EXACTEMENT la même tête dans la série en noir et blanc, c'est impressionnant
Sérieusement, je pense qu'il y a au moins une génération entière de dessinateurs au japon qui s'est entraînée en reproduisant les personnages de Tezuka, ça doit être un passage obligé à ce niveau là...en même temps Tezuka avait un style très simplifié, très axé sur la caricature, donc, ça ne doit pas être le dessinateur  le plus difficile à pasticher.

Et pour finir  la version 3d, comment dire, elle n'est pas infidèle au graphisme, mais cette transposition d'un graphisme à la fois très connu, et très 2d, ben, ça ne passe pas avec moi.. Bon au moins , pour une fois, le héros ne se promène pas en slip ...

(nota: y'a-t-il une corrélation robot = slip dans les années 80? je suis tentée de le penser!)

et donc
j'ai eu l'idée de comparer les versions:
années 60: d'entrées, sans préambule, on assiste à la mort (oui, la mort!) dans un accident de la route d'un petit garçon nommé Tobio. son père le professeur Tenma, un génie de la robotique, désespéré, décide de recréer un robot intelligent en tout point semblable au petit Tobio. Mais le résultat est insatisfaisant, et le savant, qui s'enfonce dans la démence, lui reproche de ne pas grandir comme un enfant normal et finit par le vendre à un "cirque" qui fait s'affronter des robots gladiateurs, d'où il est sauvé par le professeur Ochanomizu, l'utopiste directeur du professeur Tenma, qui refuse de voir des bijoux de technologie dotées en sus d'un esprit sacrifiés pour amuser le public.
A voir ici, en VOsta anglais, désolée, je n'arrive pas à le lier directement: Tetsuwan Atomu ep. 1

euh...woaw!  mignon hein? un savant fou qui rejette sa création car elle ne le satisfait pas: Le Promethée moderne en version post moderne, l'esclavage de machines pensantes, puis leur assimilation progressive à des humains, et ça n'est que l'épisode 1. Destiné à un public de 10  ans environ. Bien sûr, l'animation est datée, mais les thèmes sont intéressants

Version années 80: Ca n'est plus DU TOUT la même chose! Le savant Tenma est un cyberneticien de génie, qui bute sur un problème: arriver à concevoir des AI suffisamment réaliste. Il se voit proposer par un type très louche un processeur super perfectionné (le "omega") qui améliorerait les robots, mais à quel prix. Son fils lui suggère de simplifier en essayant plutôt de faire un robot aux capacités d'enfant. On retrouve la séquence d'accident, et la mort du gamin, après avoir fait promettre de nommer le robot enfant " Tobio" en sa mémoire. Ce que Tenma va faire, malgré l'interdiction que les autorités lui opposent ( trop dangereux, on apprend que le petit robot est doté de mitraillettes et d'une force colossale.. si!). Pendant ce temps le type louche vole les plans d'Atomu pour développer son propre robot, avec le processeur oméga.
Cette fois, pas de rejet de la création Tenma considère son robot comme son vrai fils,  et une histoire d'espionnage industriel.
Ci dessous: espidode 1 en VO (sous titrage disponible en français)


Et , juste pour comparer, parce que c'est trèèèès instructif sur la manière dont les dessins animés étaient charcutés à l'époque: je vous conseille de regarder d'abord les 10 premières minutes du même épisode en version française:
Cette fois: pas de type louche qui propose le processeur oméga, on remplace par une conversation ( probablement téléphonique entre Tenma et un ministre), la raison de la fugue de Tobio est très différente, pas d'espionnage industriel, pas de mention des mitraillettes. La durée originale était d'environ 15 minutes, la version française en fait juste 10...

Version 3! encore quelque chose de très différent: dans un futur ou les robots sont monnaie courante ( en particulier des robots insectes qui construisent et nettoyent les bâtiments). Cette fois, c'est le professeur Ochanomizu ( Rocher dans la VF) qui développe Astro,un projet de robot -enfant laissé par Tenma qui a mystérieusement disparu, comme étant l'AI la plus perfectionnée jamais crée ( mais n'est pas pris au sérieux à cause de l'apparence d'Astro). Des dysfonctionnements se présentent sur d'autres robots, et Ochanomizu suspecte Tenma de les manipuler à distance.
épisode 1 en VF ici!

De ce premier épisode, le seul que j'ai vu dans cette 3° série, je dirais que c'est pas mal fichu: les animations par ordinateur et la 2d sont bien arrangés, ça ne me choque pas du tout. Après, je ne sais pas trop, j'ai l'impression que les résultat est assez étrange: plus d'action, mais en même temps plus enfantin. On n'élude pas les armes d'Astro même dans la VF, mais j'ai l'impression plus marquée que dans les autres que ça va vite partir en histoire de super -héros. LE graphisme est respecté.. sauf pour l'assistante du professeur qui semble carrément venir d'un autre dessin animé ( comparé au caricatures de Tezuka). bref, bizarre, un peu trop enfantin à mon goût, et ça manque de la tristesse qui teintait les précédentes versions, trop positif , je dirais! Mais j'apprécie l'idée de mettre le reste de l'environnement en situation.
le logo qui s'impose

SAUF qu'il manque une chose: la musique caractéristique, j'ai du mal avec le générique techno! N'empêche , la musique est si célèbre qu'elle sert de jingle sur la ligne Yamanote à la station Takadanobaba, ou se trouvaient les studios de la première série animée.

Pour ce qui est du personnage, et de son influence par la suite, hé bien... quand j'ai vu le premier épisode  de Eyeshield 21 je me suis vraiment demandé, ce que c'était que CA!
Sena le héros d'Eyeshield 21


osez me dire qu'il n'y a pas comme une référence.. entre deux personnages dont le point commun est la vitesse
Au final pour le moment, j'ai quand même une préférence pour la version (non tronquée) de ma jeunesse, et finalement pas si "mignonne" que ça, mais je regarderais quand même probablement les autres par curiosité. en tout cas j'aime beaucoup, dans les 3 cas, le professeur Ochanomizu. Et je trouve très intéressant de voir comme un même sujet peut prendre différentes orientations à différentes époques. Bon je n'irais probablement pas jusqu'à regarder la version totalement numérique, hein...

mardi 22 juillet 2014

le challenge geek au pays du soleil levant

En fait, que je vous explique: le challenge geek est quelque chose que je fais sur mon blog principal. Tous les mois, il y a une semaine thématique, et ce mois ci, ben.. c'est le Japon qui est à l'honneur. Culture manga, certes, mais pas seulement.
J'ai donc fourni quelques photos, en fonction de ce qui m'avait marquée lors e mon premier voyage, à Sophie du Challenge geek qui s'est chargé d'en faire des logos:
Les cerisiers en fleur, ici près du Musée Ghibli, à Mitaka


Et là, au sanctuaire Heian à Kyoto, superbe au printemps!

La culture traditionnelle et spirituelle: une maison de thé, je crois, dans un temple à Kamakura, qui me sert en ce moment de page d'accueil sur l'autre blog,
Et un jardin paysager à Kyôto, dont j'ignore le nom.


Incontournable: les dessins animés et mangas, via deux personnages fétiches de deux auteurs majeurs: Le totoro de Miyazaki et

Astro boy ( alias Astro le petit robot) de Tezuka.. Cette statuette a été photographiée en 2007 devant la gare de Kyôto, elle n'y était plus l'an dernier :(

Hachiko, chien fidèle, j'ai eu du mal a le photographier sans personne devant, c'est LE point de rendez-vous des millions d'habitants de Tôkyô
Encore un chien: j'aime énormément cette statue inattendue: un samourai qui promène Médor en laisse ( statue de Takamori Saigô, authentique samouraï de la fin du XIX° siècle, au parc de Ueno, Tôkyô)

et évidemment, je n'en ai pas encore parlé sur ce blog mais...

la cuisine et tout ce qui se mange ou se boit : ici un thé maccha (vert), accompagné d'un ohagi (petit gâteau sucré à la pâte de haricot rouge)

Et puis il y aura de la lecture dans les jours/ semaines à venir, on m'a prêté plusieurs livres pas plus tard qu'aujourd'hui.



dimanche 20 juillet 2014

Hokusai - Ishinomori Shotarô

  Je l'avoue, parfois, j'ai du mal à m'y retrouver dans l'océan qu'est devenu l'édition manga, dans cette submersion de comédies lycéennes ou de shonen de baston au nombre faramineux de tomes, les titres mis en avant sont un peu toujours les mêmes, ou des copies de copies.  Mais heureusement, certains éditeurs ont la bonne idée de commencer à publier des auteurs et des oeuvres plus anciennes. Ça a commencé il y a quelques années avec, à tout seigneur tout honneur, Tezuka, publié chez Dargaud et Kana. Puis Hiroshi Hirata chez Asuka et maintenant, toujours chez Kana, c'est Ishinomori, autre auteur majeur dans son pays, qui est édité chez nous.

Et ça me fait particulièrement, il y a longtemps que j'espérais voir arriver ces oeuvres aux thèmes plus sérieux, voire très noir parfois (Gekiga," dessins dramatiques" au contraire du manga "dessins humoristiques), ou en tout cas plus ambitieux. Ou moins porteurs sous nos latitudes.

Et c'est dans cette catégorie que rentre " Hokusai" de Shôtarô Ishinomori. Un manga donc, sur la vie de celui qui est l'inventeur du terme même de manga, le célébrissime peintre Hokusai. Le premier peintre japonais à avoir connu le succès à l'étranger et notamment en Europe, lorsque le Japon a recommencé à avoir des relations diplomatiques avec le reste du monde. Et une influence sur les artistes européens.

Une preuve?
La vague de Camille Claudel, à voir au musée Rodin de Paris
 A mettre bien sûr en rapport avec l'estampe la plus célèbre de Hokusai
La grande vague de Kanagawa


Une très bonne surprise je dois dire, pour peu qu'on ne soit pas réfractaire aux dessins assez simples des années 70/80, dans la veine de ceux de Tezuka, très clairs, très lisibles, assez limités parfois en décors, des ombrages en hachures légères, etc...Un peu dans l'idée de la ligne claire en Europe
En tout cas moi j'aime, j'avoue avoir parfois un peu de mal avec la tendance actuelle (surtout dans les shojo) de saturer les planches de dizaines et de dizaines de trames.

Autre particularité, c'est drôle. Très drôle. Car on est loin d'une hagiographie du peintre, Ishinomori insiste au contraire sur son côté fantasque, imprévisible.. et grand amateur de divertissements coûteux, d'alcool et de jolies femmes,qui le laissent régulièrement sans un sous vaillant. On a donc droit a quelques pages olé-olé ( qui ont probablement inspirés la mention " public averti" au dos du livre). Attention donc, yeux chastes, il y a des nichons à l'air (hooo!)et des parties de galipettes (hiiii!) de ci de là.  M'enfin, rien de bien choquant, hein... à mon humble avis le plus érotique, c'est la reproduction de l'estampe "le rêve de la femme du pêcheur" de Hokusai lui-même. Une scène, comment dire.. allégorique ( j'aime bien le fait que la prostituée ait compris tout de suite ce que représente le poulpe)
Donc humoristique, avec beaucoup de personnages secondaire caricaturés, qui peuvent là aussi rebuter certains. Mais les disputes de Hokusai avec l'écrivain Bakin (oui celui-là même de "l'illumination créatrice "d'Akutagawa) sont assez truculentes et irrésistibles. Sa démesure est souvent source de quiproquos et pourtant, malgré son orgueil en société, le personnage n'est pas antipathique, car il n'a de cesse de se remettre en question lorsqu'il sent qu'il atteint une limite, de progresser et d'améliorer son art, face auquel seul il fait preuve de modestie.
Rien que la tête de Hokusai sur la couverture donne le ton.

Enfin troisième point qui peut gêner les lecteurs de manga récents: la narration. Elle n'est pas linéaire, et progresse par aller-retour dans la biographie du peintre. On commence d'emblée par sa mort (90 ans quand même), pour retracer son parcours au fil de ses changements fréquents d'identités. En fait plus que le peintre Hokusai lui-même et son travail, c'est le regard qu'il porte sur ses contemporains, son témoignage sur son époque qui est au centre du manga: au travers de ses dessins et estampes, c'est la société japonaise du XIX° siècle qui apparaît: moines errants, paysans aux rizières, voleurs - et voleuses-  de grand chemin, prostituées, étrangers venus faire du commerce, gens du quotidiens se délassant à l'Onsen, pêcheurs, tout une foule dans leurs occupations quotidiennes etc...

De ce point de vue là, c'est une vraie réussite, un régal (et j'aime beaucoup l'idée d'Ishinomori de faire correspondre sur une double page un paysage "style Hokusai" associé au même paysage "style Ishinomori", où se déplacent... Hokusai et ses disciples. allez, pour faire une petite critique négative: le livre fait plus de 500 page, en format assez petit, et justement, c'est dommage pour ce genre de doubles pages, où les illustrations sont coupées en deux de manière pas toujours réussie, par la mise en page.

Une très bonne découverte, donc, qui me conforte donc dans mon idée de me faire une petite série de lectures manga "à l'ancienne", puisqu'en définitive, je les trouve souvent plus intéressants au niveau thèmes et plus audacieux au niveau scénario que leur homologues plus récents.

C'est l'été et j'ai très peu de temps libre, donc, je recycle mes anciens sujets. Mais mon avis sur celui ça n'a pas changé à la relecture