vendredi 4 décembre 2015

Sound! Euphonium ( série animée)

Oui le précédent sujet était un peu sombre, donc on va aller cette fois vers quelque chose de plus joyeux.

Il faut savoir que quel que soit votre passion il y a un manga, ou un anime, ou les deux qui en parle... même si c'est vraiment un sujet de niche!
queqlues exemple?
Vous êtes fan d'escalade, il y a le manga Ascension. Votre passion est la pêche, il y a la série animée " Paul le pêcheur" (un peu ancienne, donc titre francisé). Le basket? Slam Dunk. Le foot américain? Eyeshield 21.
et pas seulement des shônen d'ailleurs.. pour les fans de théâtre, on a "Laura ou la passion du théâtre",  la danse classique? l'anime "Princesse tutu" (oui je sais avec un titre pareil on peut s'attendre au pire et en fait, c'est juste humoristique et plein références à la musique classique. Enfantin, mais avec des références à la musique de ballet et aux contes populaires )
Tout y est passé, la pâtisserie, la fabrication de pain, le jeu de Go, le hanafuda...et la musique ne fait pas exception: pour le piano on a eu récemment Nodame cantabile par exemple.
Mais voilà que je suis arrivée par hasard sur ce titre sympa, " sound euphonium", qui nous parle d'euphonium et de fanfares. L'euphonium, pour ceux qui ne connaissent pas c'est une variété de tuba de petite taille.

Et c'est ce dont joue Kumiko, l'héroïne, depuis toute jeune. en fait elle aurait voulu faire du trombone, comme sa grande soeur, mais lors de la distribution des instruments à l'école primaire, il ne restait que l'euphonium, qu'elle a donc pris par défaut et qui la suit depuis une dizaine d'année. Elle a donc naturellement continué l'euphonium au collège, dans une fanfare qui se débrouillait plutôt pas mal et a gagné la médaille d'or au concours inter-collège du Kansai. Mais la médaille d'or n'est qu'un prix de consolation, le vrai premier prix était la possibilité de participer au concours nationale de fanfares de jeunes. Cette médaille était bien suffisante pour la plupart des élèves, sauf pour Kôsaka la trompettiste qui était la seule à y croire vraiment, une fille au caractère difficile qui se vexe pour un rien, et qui depuis, fait la tronche à Kumiko qui a osé dire " l'or, c'est déjà bien non?".

Et voilà que Kumiko entre au lycée, dans un autre quartier où elle espère ne croiser personne de connaissance. Après quelques hésitations, puisqu'au Japon tous les élèves sont obligés de suivre des activités parascolaires, elle finit par rejoindre l'harmonie ( très mauvaise) du nouveau lycée.  L'occasion de se mettre au trombone? Loupé, car deux élèves de son collège sont là aussi, dont Kôsaka avec laquelle la tension est toujours palpable. Et évidemment,  l'information selon laquelle " hé il y a une fille qui fait de l'euphonium depuis 10 ans" se répand, et l'oblige plus où moins à continuer encore et toujours un instrument qu'elle aime bien, mais sans plus.

Ça fait plaisir de voir un animé musical ou la musique est réellement au centre de l'histoire, mais qui en plus mais en avant des instrument rares. Que presque personne ne connaît, et comme Kumiko abrège le nom de son instrument en "yufo", les gens comprennent quelle joue de l'"UFO" ( Ovni en anglais, mais aussi marque de nouilles instantanées célèbres au Japon)

Mais quel bonheur de voir des filles - une majorité de filles, même si le lycée est mixte - jouant des instruments réputés " peu féminins" ( j'aimerais bien savoir pourquoi, mais j'ai souvent eu la remarque , moi qui joue du basson, que " ce n'est pas féminin".. en général je réponds que j'ai bien regardé sous toutes les coutures, mais que je n'ai jamais trouvé de paire de roubignolles sur mon basson, donc que l'argument n'a pas de valeur.. aheum, oui à remarque idiote, réponse idiote, hein...).

 Mais donc outre Kôsaka et sa trompette, il y Asuka, la farceuse, qui joue aussi de l'euphonium, Hazuki qui voulait aussi jouer de la trompette mais s'est trompée en achetant une embouchure: elle a pris une embouchure de tuba et se retrouve donc au tuba, le vrai. Et Midori, complexée par son vrai nom ( Sapphire, ça s'écrit avec les caractères de " vert " et " brillant", et préfère qu'on l'appelle Midori, prénom tout à fait courant et moins snob qui signifie " vert"), une miniature kawaii en chaussettes à pompons qui voue une passion dévorante à la contrebasse, derrière laquelle elle on la voit à peine!
la différence entre un euphonium et un tuba.. hé oui, il faut souffler plus fort dans un tuba!

Et pour une fois la surprise et que le dessin animé est tiré d'un roman, non traduit en français. Mais je ne pouvais qu'apprécier le traitement réaliste des problèmes qui peuvent se présenter dans un orchestre, une harmonie ou une fanfare, qu'il soit de jeunes ou de moins jeunes. Ça me fait beaucoup penser à ce que j'ai pu voir au conservatoire d'ailleurs, avec d'une part les élèves qui sont là par choix personnel, souvent à fond dans leur instrument au point d'en être peu ouverts aux autres. Et à l'opposé, ceux qui sont là par choix de leurs parents, avec un instrument qui ne leur plaît pas vraiment, et qui mettent très peu d'entrain à travailler. Or un ensemble est un travail de groupe où chacun doit non seulement mettre du sien en travaillant de son côté pour que le résultat soit écoutable le jour du concert, mais où il faut aussi savoir composer avec les individualités et le susceptibilités de chacun.
Ici, l'héroïne n'est pas le personnage le plus intéressant, elle a une personnalité effacée et se laisse porter par les événements, au contraire de ses camarades au tempérament plus marqué, mais au final, c'est bien l'ensemble qui est un personnage , au delà des élèves plus brillants ou plus ternes qui le composent.

j'ajouterai que graphiquement c'est très joli et soigné , et que les instruments sont CORRECTEMENT représentés, avec un joli rendu des textures métalliques des cuivres il y a eu là dessus un vrai travail de recherche que je ne peux qu'apprécier!
et oui un euphonium c'est encombrant,donc on se retrouve dans une position peu naturelle quand on le tient, ils y ont pensé! Et il y a même l'anneau et le 4° piston, j'approuve!
Bon, je vais malgré tout même un.. bémol ( je n'aurais jamais l'occasion d'employer l'expression à meilleur escient!) La traduction parle sans cesse de fanfare, mais il s'agit d'une harmonie ( une fanfare ne compte que des cuivres et des percussions, or leur ensemble compte aussi des bois: flûtes, clarinettes, saxo, etc.. et une contrebasse, dans ce cas là, ça s'appelle une harmonie..)
hé oui!!
un.. un basson! mon bonheur est total!!! (et j'ai trouvé mon nouvel avatar, pour  les forums tiens!)

allez hop générique bien péchu pour illustrer!
d'ailleurs le truc assez marrant c'est que le générique du dessin animé qui parle donc d'orchestre à vent est depuis repris par de vrais orchestres à vent ( bien que l'anime soit récent, il date du printemps dernier. Il n'y a qu'une saison de 13 épisodes, donc ça se voit assez vite, mais une seconde saison est prévue l'an prochain)

Enfin, voilà, un dessin animé tout sympa, pas trop mièvre et où la musique ne sert pas de prétexte à autre chose.
Et c'est visible ici , gratuitement en streaming,

Et pour conclure, oui, il y a encore plus gros qu'un tuba: le tuba géant!

samedi 28 novembre 2015

Corpse Party ( Jeu video PSP)

Depuis que j'ai trouvé une PSP d'occase, je trouved e temps en temps des titres qui m'intéressent.
J'avais un oeil depuis longtemps sur la série des Corpse Party, une série de jeux d'horreur assez anciens (le premier date de 96) mais qui n'avaient pas été traduits du japonais ou ne correspondaient pas au matériel que j'avais. C'est chose faite avec cette édition, en anglais, disponible sur plusieurs supports ( mais pas sur Android, c'est ballot).. mais au final j'ai réussi à me le procurer (en farfouillant du côté des émulations, mais chut...).

Je vous donne le titre entier: Corpse Party blood covered, repeated fear. Car il y a une foule de jeux, officiels ou non ( et même un anime et un manga) dans la même franchise. A partir de maintenant, je l'appelerai juste Corpse Party, mais c'est donc à la version PSP que je fais référence. Un jeu de type visual novel avec des choix à faire qui peuvent influence le cours de l'histoire (et souvent pour un game over brutal), et des cinématiques ou CGs (images fixes "à collectionner" qui vont se mettre dans la galerie du jeu) mais aussi RPG à l'ancienne pour la manière de se déplacer en vue de dessus.

ATTENTION:ce sujet peut heurter la sensibilité des adultes - qui sont bien plus choqués par la violence que pas mal d'enfants faut le reconnaître - donc si vous vous attendez à quelque chose de mignon, passez votre chemin. Toi qui entre ici abandonne toute espérance, si je traduis le titre mot à mot ça donne " fête des cadavres, couverts de sang, peur à la chaîne".
 Donc oui, ça annonce le programme, ça va SAIGNER!

exemple du graphisme type RPG, en fond avec boite de dialogue qui indique qui parle, au dessus, en cours de jeu.

Donc de quoi ça parle?
Nous sommes dans un lycée au Japon , à la fin de la journée de la culture ( une de ces fêtes scolaires dont le Japon a le secret) et un groupe d'amis a décidé de se rassembler dans une classe vide:
il y a Satoshi, le trouillard; Naomi, la fille pétulante, Ayumi qui aime les histoires de fantômes et faire peur aux autres, Yoshiki le joyeux drille un peu loubard, Seiko la meilleure amie de Naomi, Shige l'amateur de théâtre, Yuka, la petite soeur de Satoshi, Mayu qui déprime car elle doit changer de lycée et quitter ses amis, et Yui-sensei, professeur  à peine plus âgée que ses élèves qui a monté avec Ayumi une blague pour faire peur aux autres élèves.
Tout ce monde s'apprête à rentrer chez lui, mais Ayumi a une idée pour remonter le moral à Mayu: un rituel bizarre qui consiste à prononcer une formule magique trouvée sur le net en déchirant une figurine de papier nommée Sachiko .


Chacun devra garder son morceau pour "conserver l'amitié". Mais au moment de partir, un tremblement de terre se produit et le lycée s'écroule.
C'est Naomi qui se réveille en premier dans un endroit qui ressemble au lycée, sans l'être vraiment: elle a été projetée dans une dimension parallèle et se trouve dans l'école primaire qui se tenait au même endroit des décennies plus tôt, une école qui a connu une succession d'accidents, de suicides et de disparitions ayant entraîné sa fermeture.
Elle se blesse en allant secourir Seiko qui est évanouie un peu plus loin. Les deux filles vont alors explorer le bâtiment abandonné où un fantôme les informe de la chance qu'elles ont d'avoir échoué ici ensemble, car elles pourront mourir ensemble, c'est moins triste.
Car leurs autres amis, sont peut-être là, ou peut être pas, ils est possible qu'ils aient atterri dans un autre espace-temps, la solution pour les retrouver étant d'arriver à franchir les espaces-temps, dans un sens pour aller vers eux, ou dans l'autre pour les faire revenir.

un petit moment tranquille, où les filles se reposent à l'infirmerie en plaisantant pour éviter de penser qu'elles préfèreraient être ailleurs. Ca ne va pas durer.. le moment de tranquillité, je veux dire!

Et donc commence une loooongue exploration des bâtiments délabrés où on trouve des bouts de journaux révélant les drames qui s'étaient passés à l'école primaire, des squelettes, de petites flammes bleutées ( fantômes qui ont souvent des choses importantes à dire.. ou juste flippantes), ombres qui vous attaquent, cheveux qui bloquent les portes....tout ce qu'on peut trouver dans les légendes urbaines japonaises en fait.
Et des chandelles, très importantes: ce sont les points de sauvegarde, et il faut sauver régulièrement ce jeu.. car oui on peut y mourir, et pas de manière bien agréable.

Là, par exemple, c'est très mal engagé pour elle.

On a donc des phases d'explorations de lieux à la recherche d'items, comme dans un RPG normal en vue de dessus, entrecoupé de scènes dialoguées avec illustrations ( ce qui est pas mal, car il est difficile de différencier au premier coup d'oeil les personnages en pixels.) D'ailleurs à la base il s'agit d'un jeu fait sur RPG maker qui, grâce à son succès, a été amélioré, développé, transposé sur  divers supports.
Mais toujours en gardant l'esprit graphique du début, et ça j'apprécie. Le tout lié par une histoire à la manière d 'un visual novel, type " j'entre" ou " je n'entre pas j'ai trop peur", qui peuvent mener à des événements différents.
brrrr.. sordide!

Autre point: ce jeu EST sadique: en fait, il est divisé en 5 chapitres, et il y a une seule manière de débloquer le chapitre suivant: réussir la "bonne fin" du précédent.  Vous allez comprendre pourquoi je mets bonne fin entre guillemets.

Même en suivant un walktrough ( parce qu'à un moment, je n'arrivais vraiment pas à m'en sortir pour trouver un item, j'ai donc cherché, et décidé, pour une première exploration de suivre le pas-à-pas, pour ne pas perdre lamentablement en moins de 10 minutes), il y a des personnages qui vont mourir quoi qu'on fasse.  Il y a des vrais choix qui peuvent amener un game over brutal en très peu de temps et des faux choix ( le résultat sera le même, juste les dialogues qui vont différer un peu.
Donc premier test du premier chapitre: l'une des deux meurt. J'ai pensé que je m'étais plantée à un moment, peut être parce que j'ai donné la mauvaise réponse au dernier choix, ou fouillé un cadavre et trouvé sa carte d'identité et que son fantôme venait se venger.. mais non, c'est le scénario. Le personnage va mourir. Quoi que je fasse. C'est CA la bonne fin?
Oui.. parce que dans la mauvaise fin, les DEUX meurent. Ah, et il y a les items maudits aussi: certains journaux ou papiers doivent être lus pour progresser, d'autres... entraînent un game over.
Ce que voient les personnages
Ce que voit le joueur.. c'est pas mal fichu comme alternance je trouve.

Je précise à toute fin utile que le jeu joue plus sur l'ambiance hormis quelques images fixes saignantes ( et prouve qu'il n'y a pas besoin de super graphismes méga réalistes pour faire un bon jeu de trouille .. c'est en fait mieux, sinon ça serait au delà du gore cette histoire), et la suggestion: les morts ne sont pas montrées directement: soit elles se passent pendant que le joueur est obligé de séparer ses personnages pour les phases d'exploration.. et retrouve simplement l'autre mort en revenant, soit l'écran vire au noir ( on suppose que le personnage ferme les yeux ou s'évanouit de peur et le carnage est seulement entendu... ça fiche les jetons, hein?)

traduction : haaaaaa! que.. que.. qu'est-ce que c'est que ça?!
Seiko est quand même bien à l'aise avec les détails genre " kyaaaaah, je viens de marcher sur un morceau de cadavre plein de sang, c'est écoeurant, ça a fait "scouitch", j'en ai plein mes chaussures, je me demande quel morceau c'était, surement un bout d'intestin...."
et là on a la réaction logique de Naomi, celle qu'on a même rarement dans les films parce que ce n'est pas "joli": s'éloigner pour vomir, autant pour avoir trouvé un cadavre en miettes que par le commentaire de Seiko et l'ambiance glauque à souhait. A savoir donc: les morts ne sont pas forcément visibles, mais les dialogues ne font pas dans la dentelle par moments

Non, ce n'est pas la fin, du jeu.. juste une "trouvaille" des deux copines au détour d'un couloir. C'est.. sympa comme décor
Oui je ne l'ai pas encore dit, mais la musique est sympa, les bruitages aussi et le jeu est entièrement doublé pour les passages de dialogues ( en japonais, mais comme au Japon le doublage est un art, souvent, le résultat est très bon et contribue grandement à l'ambiance, malgré les voix de filles un peu gnangnan par moment, les moments de terreurs sont vocalement bien rendus...)

Chapitre deux: le jeu passe à ce qu'il advient aux autres personnages dans une autre dimension, et laisse en plan la survivante du chapitre un seule avec le cadavre de sa copine. Sadique!
Je pense qu'on arrivera à un moment où les différentes intrigues se croisent, mais je n'y suis pas encore. Car le jeu est long, il y a beaucoup de dialogues ( en anglais, donc un poil plus long mais désolée il n'y a pas de patch en français, c'est dommage car c'est vraiment un bon jeu de trouille). Compter 1h30 par chapitre - si vous ne tombez pas de suite dans le game over, ça va de soi.
rhaaa, fantôme de l'infirmerie, je te déteste!!!!

P*t*in de fantôme de m*rd* dans l'infirmerie, je ne sais pas combien de fois j'ai du recommencer et crever misérablement avant d'arriver à passer. Si ce truc te touche 4 fois, c'est game over, sauf qu'il faut d'abord  voir apparaître le fantôme, s'en prendre une, essayer d'ouvrir la porte, tenter 2 fois de brûler les cheveux qui la bloquent, traverser toute la pièce pour aller chercher de l'alcool à brûler - parce qu'évidemment, on ne peut le prendre qu'une fois que ce con de fantôme est apparu, retraverser pour aller brûler la porte, avec un esprit maléfique qui te colle au train, et s'amuse à faire des trous sur ton passage pour bien te bloquer dans un coin et te posséder. Maudit jeu de l'enfer! C'est pas possible c'est Mike Myers ce boss. Sérieusement je n'avais pas autant détesté un boss de jeu depuis Scarmiglione ( 2° forme) dans FFIV.  Et je hais ce boss, que tu ne réussis à passer qu'une fois, par chance, t'as intérêt à sauvegarder juste après pour un prochain jeu! )

 Et ça n'est que la première partie du jeu... oui je suis maso!
(edit: je ne suis pas allée plus loin pour l'instant. j'ai débloquée 2 fins sur 3, la 3° implique de revenir au début, de refaire le jeu sans aller dans une pièce bien précise où on trouvait un indice bien précis, d'aller à l'infirmerie, d'échapper à nouveau au fantôme - grrrr. Pas eu le temps.

(Et en fait j'ai mis le jeu, si excellent soit-il en attente, pour une raison simple: je l'ai téléchargé sur la boutique PSP, via mon ordi, mais je ne sais pas comment le faire passer sur la console. Donc je joue sur émulateur et le problème se présente justement avec ce fantôme: il faut une précision et un timing absolu pour arriver à s'en dépêtrer, qui est faisable peut-être pas trop difficilement avec les boutons de la console, mais beaucoup moins avec les touches flèches au clavier. J'ai peu de temps en ce moment, mais je vais essayer de trouver la solution pour le transférer sur la console et gagner en facilité de jeu. Juste au cas où le même genre de passage, où la vitesse compte, se présenterai à nouveau, parce que sinon la folie me guette!)


L'intro du jeu pour se mettre dans l'ambiance:

En tout cas en fouillant un peu par ci par là je viens de voir qu'en débloquant les chapitres.. et même les mauvaises fins, on a droit à des bonus et des chapitres alternatifs... je sens que je n'en ai pas fini avec ce jeu de massacre totalement enthousiasmant.

(Par contre j'ai eu du mal à ne pas m'autospoiler en cherchant des illustrations, je me suis cantonnée au chapitre un que j'ai fini...)

mardi 10 novembre 2015

Le goût de Kyoto - Collectif

Il y a quelques temps, j'avais trouvé par hasard "le goût du noir", petite anthologie de textes disparates sur le thème du noir ( en peinture en particulier, mais aussi en littérature).

Il s'agit en fait une collection de très nombreux florilèges, et j'avais repéré entre autre "le goût de Tokyo" et "le Goût de Kyoto". Kyoto m'intéressant plus, lorsque je l'ai trouvé à la librairie du musée Guimet ( avec Soie, et une histoire du Japon), hop, dans la pile à lire.

Un petit recueil donc, 125 pages pas plus, qui regroupe des extraits d'oeuvres connues ou moins, d'auteurs Japonais ou non, sur la ville de Kyoto. Réelle.. ou rêvée, d'ailleurs
Articulé autour de 3 thèmes: les saisons, les jardins et la culture, certains textes font directement référence à la ville et à certains de ses lieux précis ( la philosophe Chantal Thomas qui parle de sa découverte du chemin de la philosophie - tetsugaku-no michi- un chemin un peu à l'écart de la ville, très agréable. Ou Paul Claudel qui évoque sa visite au Ryoanji ( mais décidément non, je n'accroche absolument pas à son écriture). Ou encore Kyoto, de Kawabata Yasunari. Mishima évoque l'incendie du Pavillon d'or en 1950.

chemin de la philosophie
D'autres sont plus vagues et parlent du thé et de sa cérémonie, de la poterie dédiée à cette cérémonie, de l'art des jardins secs, du nô, ou de la cuisine kaiseki. Tous arts encore bien présents et pratiqués à Kyoto, mais pas exclusivement.
 Certains sont encore plus généraux ( le géographe Augustin Berque relève l'abondance de noms pour désigner la pluie en japonais, selon la saison, l'heure, la densité de la pluie...), ou parle des lieux communs- à tous les sens du terme- de la littérature: telle montagne devenue une référence qui évoque plus un texte qu'un lieu réel. Sasaki Sanmi qui propose l'almanach des fleurs de chabana ( un ikebana spécialement destiné à venir orner la cérémonie du thé) et pourraient figurer dans une anthologie sur le Japon.

Très drôle, l'extrait de "cinq amoureuses" de Ihara Saikaku... A votre avis, que font 4 amis, bambocheurs notoires, un soir de printemps au bord de la rivière Kamo au XVII° siècle? Exactement la même chose que nos contemporains: ils s'attablent  dans un débit de boisson et débattent du physique  des passantes qu'ils voient dans la rue (et même les notent!)
Preuve éclatante que " Ha les hommes.. ils ne changeront jamais!"

Un petit livre donc assez varié, plutôt sympathique dans son côté liste ( il fait d'ailleurs la part belle à celle qui a initié le principe de liste: Sei Shônagon, authentique résidente de la cour d'Heian, l'ancien nom de Kyoto, et à sa " rivale " et contemporaine en littérature Murasaki Shikibu, à qui l'ont doit "le dit de Genji" considéré comme le premier roman du monde) qui cite également Tanizaki, Etsujin, Nicolas Bouvier.. et bien sûr, Bashô. D'ailleurs il s'ouvre sur 4 haikus des saisons et se clôt sur son tout dernier texte.

et puisque nous sommes en automne,  bientôt en hiver, voilà 
le Haiku d'automne

De temps en temps les nuages
nous reposent
de tant regarder la lune

et le Haiku d'hiver

Détesté d'ordinaire
que le corbeau lui même
est beau les matins de neige!

Je reviendrais à l'occasion sur le principe de Haiku, j'ai un recueil de Bashô, justement.
Mais voilà, j'aime bien ces anthologies, qui se lisent vite, sans autre prétention que de faire connaître des auteurs. En tout cas, c'est gagné, il va falloir que je me procure l'éloge de l'ombre de Tanizaki, même si c'est un auteur auquel je n'accroche pas toujours, je pense que celui-là devrait me plaire, et Cinq amoureuses.

Je suis juste surprise qu'aucun texte ne mentionne l'étonnant sanctuaire Fushimi Inari. Je ne suis pas mystique, je ne crois pas aux dieux ni aux esprits, mais à la limité pourquoi pas aux forces telluriques. Il y a 2 endroits en tout cas au monde qui m'ont vraiment donné l'impression de les ressentir, ou en tout cas, qu'un paix intense s'en dégage, une sensation de faire un tout avec la nature. Et les deux sont à Kyoto: le sanctuaire Fushimi Inari donc, en tout cas, une fois qu'on a dépassé les endroits où la foule reste, et qu'on prend un peu les sentiers de traverse.

Et la promenade entre les vallées de Kurama et Kibune, un endroit où je suis allée seule, et j'ai bien fait. Je suis restée en arrêt pendant une bonne demie heure dans une véritable forêt de racines entremêlées. Après tout, il y a peut être bien par là des kami parmi les arbres!
J'ai vu d'autres beaux endroits mais ce sont vraiment ceux où je pourrais retourner 25 fois, si j'allais 25 fois à Kyoto.

mercredi 4 novembre 2015

Inu yasha tomes 1 à 3 - Takahashi Rumiko

Et c'est ce dimanche que finit officiellement le challenge Halloween, il me fallait donc encore une petit histoire de monstres non?

Et ça fait longtemps que  je voulais aborder celui -là.. De Madame Takahashi, je connaissais en fait surtout ses deux séries fantastiques et délirantes: Urusei Yatsura, dont j'avais déjà parlé ici et Ranma 1/2. Il y a aussi "Maison Ikkoku", mais comme ça a l'air d'être plutôt axé humour et bons sentiments, c'est moins mon domaine. Vraiment moins.
Il faut dire aussi qu'elle s'est spécialisé en séries très longues, Urusei compte 34 tomes, Ranma 38 et cet Inu Yasha .. 56! 56 tomes. Je vous le dis de suite, je n'irais pas jusqu'au bout, même si j'ai bien aimé ces 3 premiers tomes, je sens que ça va très vite partir en cacahuètes, c'est TOUJOURS le cas sur les longues séries.

Et autre constatation, contrairement aux deux autres séries que j'ai pu survoler, celle -ci est d'emblée plus sombre et violente. Même si l'humour en reste une des notions-clefs, il y a beaucoup de monstres très agressifs qui vont passer le héros, pourtant une démon grognon, pour un type sympa.

Tout commence par un prologue: à la période Sengoku, Kikyô, une prêtresse est mortellement blessée par un démon nommé Inu Yasha ( en fait son nom signifie simple " chien démon"). En fait, Inu Yasha est un Hanyô, un demi démon - on l'apprend par la suite, son père était un puissant démon, sa mère, une mortelle - qui convoite une perle que détient la prêtresse, la perle de Shinkon, un artefact magique qui lui permettrait de devenir un démon à part entière.
Mais il est scellé par Kikyô d'une flèche magique,littéralement punaisé contre un  arbre, et y restera, dans une sorte de coma, tant que la flèche reste en place. Avant de mourir Kikyô réclame à sa petite soeur Kaede que la perle qui attire les démons soit détruite sur son bûcher funéraire, pour qu'aucun démon ne vienne plus attaquer son village. FIN.
Noooon.

Tokyô 1996: La jeune Kagome 15 ans, plutôt bonne élève se prépare à entrer au lycée. Les choses vont évidemment tourner au vinaigre. Kagome vit dans le sanctuaire que tient sa famille, et partant à la recherche de son chat, tombe dans un puits surnommé " le dévoreur d'os" (miam), la légende veut que le puits soit l'endroit où on jetait les démons et autres entités malfaisantes pour les empêcher de se régénérer.
Ou plutôt elle est entraînée dans le puits par un monstre doté d'un torse de femme, de 3 paires de bras et d'un corps de mille-pattes - beurk-, qui lui réclame la perle de Shinkon, qu'elle n'a bien sûr pas sur elle, elle ne sait même pas ce que c'est.
C'est en échappant une première fois au monstre qu'elle rencontre Kaede, devenue vieille dame, et comprend que le puits est un passage entre le monde contemporain et le passé.
Mais le monstre lui en veut toujours: Kagome est la réincarnation de feue Kikyô - en moins sérieuse et un peu plus bête- la perle a été brûlée avec le corps de Kikyô et se trouve intégrée au corps de Kagome. Que le monstre récupère d'un coup de dents. La seule solution pour éviter la catastrophe est de libérer Inu Yasha de son sort...le temps de buter le vilain yokai.

Mais comme Inu veut aussi la perle, Kaede trouve un moyen de le limiter: un collier magique qui le restreindra quand Kagome prononcera un mot précis. Que choisit elle contre le démon chien? " Couché!"

Suite à plusieurs vols cependant la perle est détruite en de nombreux morceaux éparpillés, sachant qu' un simple petit morceau peut suffire à donner une force colossale à un monstre même mineur.
Pas le choix, Inu Yasha a la force nécessaire pour les récupérer, mais ne les voit pas, Kagome a le don de les localiser mais n'est qu'une humaine, les deux se détestent mais vont devoir collaborer, tout en faisant d'incessants va-et-vient entre les époques pour qu'elle puisse essayer tant bien que mal de passer ses examens et de garder une vie de lycéenne normale.

L'humour y est plus discret que dans les  autres oeuvres de l'auteur, un peu moins axé sur les gags en fait. C'est plutôt des notes absurdes: le grand-père de Kagome qui sort des excuses toujours plus énorme pour justifier les absences scolaires de Kagome, allant jusqu'à faire croire qu'elle a un lumbago, le diabète, la goutte... - du coup ses camarades ne cessent de lui offrir des trucs du genre vitamines, sandales orthopédiques, etc.. -
Ou le fait que l'acolyte du démon chien soit .. un démon puce.
Ou du fait que Kagome  fonce assez facilement dans le tas ( que fait elle lorsqu'elle trouve ce qui ressemble à un humain doté d'oreilles pointues cloué par une flèche à un arbre?.. m'enfin, c'est évident, s'approcher pour palper les oreilles et vérifier si ce sont des vraies)

Mais pour l'instant même, si c'est plutôt sympa, ces trois tomes manquent d'un élément important: des personnages récurrents autres que les deux héros, la famille de Kagome et Kaede. Pour l'instant on est dans le schéma habituel du manga de baston :1 ennemi = un chapitre ou quelques chapitres, on lui pète la tronche et on passe au suivant.
J'ai bien aimé cependant  la femme démon hyper glauque qui manipule les cheveux des morts. Et je pense qu'on reverra Sashomaru, le demi frère d'Inu - oui il en faudra quand même bien quelques uns pour faire avancer l'intrigue qui ne peut quand même pas se concentrer juste sur " récupérer un à un des morceaux de perle", ça fait un peu trop quête pipeau de magical girl.

Sympa, mais à petites doses, le manque de liant pour le moment m'ennuie un peu. Il ne m'a pas plus convaincue que ça, malgré le côté un peu saignant. Je lui donnerai la possibilité quand même de faire ses preuves en lisant à l'occasion encore 2 ou 3 tomes, mais si ça reste dans le même schéma, ça va vite me lasser, puisque je trouve qu'au bout de 3 tomes l'histoire piétine.  Punaise .. 56 tomes! Il y a intérêt à ce que ça se mette à avancer au delà de la simple quête.

Sinon, je dois quand même préciser que c'est un manga qui bénéficierait vraiment d'un dépoussiérage au niveau de la traduction: fautes de frappe, fautes de conjugaison, syntaxe pas toujours compréhensible, bulles mélangées...
Il n'a pas été traduit du japonais au français, mais du japonais à l'anglais et de l'anglais au français. Ca se faisait beaucoup il y a 15 ans ( il est paru en 2002 en France), ça continue à se faire, mais avec plus de soin.  Là c'est évident au niveau des onomatopées qui sont souvent restées telles quelles, en katakana d'un côté avec la traduction anglophone à côté.

Mais il y a encore 20 ans, 15 ans ou même 10 ans en arrière, je pourrais citer une foule d'exemples -Saint Seiya, Angel Sanctuary - le manga ( comme les comics, la SF, le policier, le fantastique.. ) était considéré comme de la sous-littérature destinée au mieux à des gamins au pire à des ados attardés. Donc des gens peu regardants sur la qualité de traduction, on s'en fiche si ça ne veut pas dire grand chose, ils ne feront pas la différence, ils achèteront de toute façon.*
Mais depuis le manga est devenu un vrai marché! Et on s'est rendu compte que les lecteurs avaient grandi et étaient devenus exigeants sur la qualité, non seulement de traduction, mais aussi d'impression. D'où des rééditions - plus chères - avec traductions revues pour corriger les boulettes ou les choses qui ne voulaient rien dire.

C'est un problème récurrent lorsqu'on se trouve en face d'une de ces éditions un peu datées: l'évident je-m'en-foutisme à plusieurs niveau. Heureusement, ça s'est largement arrangé

* petite digression: Dans " c'est dans la poche", Jacques Sadoul raconte comment, aux débuts des éditions de poche en France, l'essentiel était de faire traduire le plus vite possible, et que certains éditeurs avaient recours à des traducteurs très peu scrupuleux, payés à la vitesse, qui n'hésitaient pas à supprimer des pages pour rendre leur manuscrit en moins d'une semaine. Ca s'est vu le jour où la traductrice la plus rapide a rendu un roman policier où l'assassin était un personnage qui n'apparaissait pas du tout dans tout le texte, et pour cause: se disant qu'il n'était pas important, elle avait zappé toutes ses apparitions, et n'était pas revenue sur son texte une fois arrivée au bout. Et personne n'avait relu avant d'envoyer sous presse. Parce que " on s'en fiche, c'est du roman policier qu'on lit dans le train, les lecteurs ne s'en rendront même pas compte".

samedi 31 octobre 2015

Porco Rosso ( long métrage animation)

Puisque c'est le mois Italien sur mon autre blog, continuons donc avec un second billet italiano-nippon.
L'été dernier j'ai eu enfin l'occasion de voir Porco Rosso sur grand écran et en VO, merci le nouveau cinéma de ma ville. Dessin animé que j'avais vu jusqu'à présent seulement sur petit écran et en Vf, il y a des années, chez mes cousins. J'en avais gradé le souvenir de quelque chose de très bizarre mais d'une bizarrerie intéressante, qui a été au passage ma première rencontre avec le réalisateur Miyazaki.

Retour aux sources donc, et dans de meilleures conditions.

Quelque part sur la côte Adriatique, dans les années 20/30, un ancien As de la première guerre mondiale q quitté l'armée pour devenir chasseur de prime, spécialisé dans la raque des pirates de l'air qui terrifient la région. Son surnom est Porco Rosso. Ce n'est pas seulement un nom de guerre comme le  Baron Rouge", mais une référence aussi à son apparence: il est réellement doté d'une tête de cochon (et on peut le dire, au propre comme au figuré: loin d'être un héros parfait, il a également un caractère de cochon) depuis un mystérieux accident qui a côté la vie aux autres membres de son escadrille et a laissé l'idéaliste Marco, seul survivant, victime d'une malédiction inexplicable, et muni d'un groin et d'oreilles pendantes, symboles de sa perte d'illusions (séquence splendide au passage qui met en avant l'absurdité de la guerre, peu importe les nationalités au final, il ne reste que des fantômes)

Depuis il survit, fuyant la société qui l'écoeure, sur une île dont il ne sort que pour intercepter les pirates de l'air ou aller voir Gina , la seule amie qui lui reste de l'époque passée, du temps où il avait encore apparence humaine.

Gina, parlons en. C'est une femme d'un côté moderne, directrice d'un hôtel de luxe, mais qui vit dans le passé, en chantant à l'occasion des chansons d'une autre époque pour ses clients nostalgiques de l'avant guerre. Son aplomb tient aussi en respect les potentiels fauteurs de trouble qui viennent consommer (et comploter) au bar de l'hôtel.


Veuve trois fois de pilotes morts en service, elle aussi vit retirée sur son île-jardin, en miroir avec ce que fait Porco de son côté, et est courtisée par un vantard américain aux allures d'Errol Flynn, pilote d'hydravion comme Porco et persuadé d'être irrésistible. Mais Gina, c'est un peu Roxanne qui préfèrerait Cyrano à Christian, et elle n'a d'yeux que pour Porco.. à qui elle n'a jamais eu le courage d'avouer ses sentiments.

A ce duo, il faut ajouter un autre personnage féminin très intéressant, Fio.

 Fio est toute jeune, c'est la petite fille d'un réparateur d'avion chez lequel Porco doit faire réparer son coucou endommagé. Mais les hommes sont tous partis, principalement pour fuir l'enrôlement dans les milices fascistes. Malgré la réticence de Porco, il va falloir en passer par là: l'avion sera réparé par les femmes du village. Toutes. Y compris les mémés, absolument tordantes. Mais la compétence et le sérieux de Fio dans son boulot et son caractère de meneuse - pour ne pas dire autoritaire - lui gagnent vite la confiance et le respect de tout le monde, y compris des Pirates de l'air ( pirates qui sont au passage, vites noyés dans un verre d'eau et se font dès le début dépasser par les élèves de CE1 en classe verte qu'ils ont enlevés)

Donc oui, malgré ses bizarreries ( personne au monde ne semble étonné de voir un humain à tête de cochon se promener dans les rues de Milan.. à la limite dans sa région où on le connait, pourquoi pas,  mais à des centaines de kilomètres.. bon, je sais on ne va pas lister les bizarreries dans les dessins animés, et il st aussi parfaitement normal qu'une sorcière de 13 ans volant sur son balai crée un service de livraison à domicile dans un autre ), ou plutôt à cause de ses bizarreries, de son sujet malgré tout très politique ( une des phrases clefs de Porco est quelque chose comme " mieux vaut avoir une tête de cochon qu'être un cochon de fasciste".. ce cochon est rouge, politiquement aussi).

Et pour ses personnages féminins forts, de l'écolière de 7 ans qui ridiculise les pirates, jusqu'à la plus vieille des petites mémés, quand tous les hommes y compris le héros, se voilent la face, fuient ou tentent d'oublier leur situation en se réfugiant dans l'alcool et les clopes, et en réagissant comme des crétins, témoin la baston finale qui d'un duel aérien de haute voltige finit en pugilat aquatique sans classe. Oui pour toutes ces raisons, Porco Rosso reste dans mon top 3 des dessins animés Ghibli, voire des dessins animés tout court.

mercredi 28 octobre 2015

Black Butler tomes 1 à 5 - Toboso Yana

Ca faisait longtemps que je voulais parler de ce manga, mais je n'en avais pas eu l'occasion pour le moment.
Tomes 1 à 5, donc, parce que c'est ceux que j'ai sous la main tout simplement, j'ai arrêté de l'acheter à ce moment là parce que plus de place, mais quand j'aurais libéré un peu quelques étagères. Parce que c'est une lecture bien distrayanet et qui m'a même fait vraiment beaucoup rire à certains passages.

En fait au départ, je n'avais lu que le tome 1, sans accrocher des masses à sa sortie. Puis j'avais vu le dessin animé qui en était tiré, j'ai pris quelques bons fous rires, et je suis revenue au manga. De ce que je peux me souvenir, c'est à peu près à ce tome 5 que les intrigues diffèrent. L' animé ayant comme souvent été fait alors que le manga était encore en cours de publication, l'auteur a orienté son histoire de façon à faire une douzaine d'épisodes... quitte à prendre une voie totalement différente dans la version papier. Mais au moins elle n'a pas fait faire trouzmille épisodes de remplissage , c'est déjà une bonne chose.

Tome 1 - En fait, je n'ai pas trop accroché au départ, car il s'agit d'un tome de présentation des personnages, et je n'étais pas vraiment préparée à l'ambiance bizarre de la chose. ce n'est qu'après avoir vu l'animé que j'ai pu reprendre. L'intrigue se passe donc à la fin du XIX° siècle, en pleine Angleterre victorienne. Sauf que.. au delà du sujet fantastique ( pacte avec un démon et grandes faucheuses qui apparaissent parfois), c'est aussi un manga un peu orienté Sf, courant steampunk. Et policier. Et ça m'a un poil déstabilisée ( dans la même veine gothico-victorienne,  Godchild restait plus en retrait au niveau SF). Donc une Angleterre victorienne où on dispose de téléphones, y compris de téléphones portables, où on regarde la TV.. où on se déplace autant en voiture qu'en carosse. Ce côté décalage temporel se gomme un peu dans les tomes suivants. Donc nous faisons connaissance de Ciel Phantomhive ( rien que son nom me fait déjà écrouler de rire), 12 ans, seul survivant d'une noble famille au service de la royauté anglaise depuis des générations. Malgré son jeune âge, Ciel est donc obligé de tenir les fonctions de feu son père, à savoir " chien de garde de la reine" ( une sorte d'unité spéciale d'enquête, qui agit dans le plus grand secret sur ordre de sa majesté, quitte à traficouiller avec la pègre). Evidemment, à 12 ans, il ne peut rien faire tout seul, et pour assumer ses fonction et retrouver l'assassin de sa famille, il a passé un pacte avec Sebastian, un démon qui travaille donc pour lui sous la couverture de majordome. Un majordome de très grande classe, et doué, bien sur de capacités surhumaines, ce qui fait l'admiration des autres employés de la maison. Bard le cuisinier, un danger public qui est capable de griller le rôti au lance-flamme, Finnian le jardinier, minuscule bonhomme que sa force démentielle conduit souvent à tout casser, et May-Linn la femme de chambre gaffeuse aux lunettes en cul-de-bouteille qui en pince sérieusement pour  Sebastian. a qui il faut ajouter Monsieur Tanaka, l'indentant qui.. ne fait rien du tout à part boire du thé, le pauvre démon a donc fort à faire entre son travail d'employé de maison et ses fonctions d'enquêteur au service du gosse. Un tome marrant grâce aux domestiques gaffeurs, mais pas renversant, cependant, comme il présente tout le monde, on peut difficilement s'en passer.

Petit détail cool: sous chaque couverture il y a une couverture alternative qui reprend le personnage dans la même posture mais sous un titre et avec des vêtements différents. Ici il devient " black ninja". Il y avait aussi ce système de couverture à surprise avec Fullmetal alchemist
Tomes 2 et 3: là ça devient du sérieux, les deux tomes développent une histoire unique en fait: Ciel et Sebastian vont devoir enquêter sur l'affaire qui défraya la chronique à cette époque et retrouver Jack l'éventreur.
Nota: lorsqu'un manga évoque l'Angleterre du XIX° siècle, il y a 2 références o-bli-ga-toi-res: Jack l'éventreur et Alice au pays des Merveilles. Le Japon a en particulier une fascination pour Alice qui m'échappe assez totalement. Jack, ce sera donc fait dans ces deux tomes là, qui définissent le style du manga: à la fois saignant et loufoque ( on va parler non seulement de meurtres, mais aussi de trafic d'êtres humains pour la vente d'organes).
 Et surtout ces deux tomes là font intervenir les2 personnages secondaires qui me font systématiquement rire aux éclats à chacune de leurs apparitions:


Grell, qu'on prend d'abord pour un simple majordome, bonhomme terne, effacé, empoté , qu'on remarque à peine. C'est bien sûr une couverture. Si Sebastian est un démon, Grell est un shinigami, l'équivalent japonais de la grande faucheuse. Oubliez ceux de Death note, celui là est.. haut en couleur - rouge - transgenre assumé qui parle de lui-même au féminin et regrette de ne pas être une femme car il ne pourra pas porter d'enfant.

Psychopathe n°1
A côté de ça c'est aussi un sadique assumé qui a customisé sa faux, trop dépassée pour en faire quelque chose de plus adapté à l'ère moderne et à sa personnalité. C'est tellement plus moderne, la tronçonneuse ( un passage dans l'anime qui n'est pas dans le manga, et je le regrette: Grell se fait punir par sa hiérarchie pour modification d'outil de travail et se voit désormais obligé(e) d'exercer son travail avec une paire de petits ciseaux. -50 points de charisme)

L'autre personnage secondaire qui apparait et qui m'éclate totalement, c'est le croque-mort.
Psychopathe n°2:


version animation, parce qu'il est difficile de trouver une image du manga en ligne qui ne soit pas un spoiler, car oui, un jour, on verra sa tête. Je ne sais pas dans quel tome.
 On ne voit jamais sa figure, toujours cachée derrière sa frange, et un chapeau énorme ( coucou, v'la le chapelier fou d'Alice) on devine juste qu'il est couvert de cicatrices.  Et c'est un barjot de première. Donc oui, aussi fou qu'un chapelier, il sert plus ou moins d'indic à Ciel et demande à être payé en bonnes blagues, adore l'humour noir et passe son temps à grignoter des biscuits pour chien en forme d'os quand il ne se planque pas dans un de ses cercueils. Moi qui ait un faible pour les personnages barrés, je suis servie!



Tomes 4 et 5, encore Deux tomes qui vont ensembles, plus légers que les suivants ( y'a pas de morts, c'est dire) et là encore, ce sont les personnages secondaires qui font tout le côté irrésistible du manga: lors d'une enquête de routine ( de riches importateurs revenus des Indes on été assommés et pendus par les pieds, et l'humiliation est pire encore que la mort), Ciel croise la route de deux.. aheum.. touristes indiens : Sa majesté Soma, authentique héritier Bengali et son serviteur Aghni. Ces deux là sont en mission pour retrouver une servante de Sôma, enlevée par un anglais. Si Aghni est intelligent, calme et compétent, on va dire que son employeur est tout le contraire : à la limite de l'idiotie totale, casse-pied, envahissant, pique assiette, nul en presque tout... et surtout en dessin

Et  se tape l'incruste chez Ciel qui, en tant que comte, est d'un rang inférieur à un futur roi.
Une vraie tête à claque, mais sympathique dans sa bêtise et sa naïveté. Il y a aussi le mafieux chinois qui est bien drôle, et faisant semblant de tout savoir sur tout alors qu'il est sans cesse à côté de la plaque.
Deux tomes légers qui n'excluent pas le WTF le plus total, qui se conclue par un affrontement épique: un concours de cuisine sur le thème du curry ( je me demande, non, je suis quasi sure que la mangaka s'est payé la tête de la série " le petit chef", tellement c'est du n'importe quoi volontaire - la reine est une mamie survoltée!)

Au final, j'aime bien cette série, parce qu'elle ne se prend pas vraiment au sérieux, ce que je craignais un peu au départ, que le personnage principal est un démon, donc quand même assez mal intentionné par moments, que les personnages secondaires sont à la fois soignés et complètement dingues. En fait, paradoxalement, il n'y a que ciel que je n'aime pas trop, je me fous éperdument ce que qu'il peut bien lui arriver. Et juste sa cousine Lizzie qui me sort par les yeux ( une gamine folle furieuse mais dans le cliché kawaiiiiiiiiii, qui adore redécorer tout en rose bonbon et forcer les gens à mettre des tenues ridicules, elle voit tout à travers un prisme déformant "meugnon"). Mais préparez vous à deux chose:

- cette série à  un taux de personnages crétins, psychopathes ou les deux à la fois assez incroyable.
- Attention, elle contient aussi un fort taux de doubles sens et de sous entendus olé olé. Mais la perversité est dans l'oeil de celui qui regarde n'est-ce pas, tant que tu reste pur et innocent tout ça,  tu ne les verra pas ( bon, c'est foutu pour moi)

voilà pour la lecture, maintenant, passons à l'anecdote

Et maintenant la petite histoire personnelle bien improbable - et en tout cas, ça m'a faite flipper plus que toute autre chose: j'ai un tueur en série dans ma généalogie. Et c'est via cette série que je l'ai découvert, gloups! Je vous vois venir, vous pensez que j'ai définitivement pété un plomb, à force de fréquenter démons, fantômes et zombies depuis une mois...
A partir de là, je n'invente rien, tout ce qui suit s'est réellement passé dans cet ordre là.

Au départ j'ai commencé à lire ce manga parce que il y a quelques années quand j'avais du temps, je faisais ma généalogie. Et je trouvais marrant que le héros se nomme Sebastian Michaelis, parce qu'il y a une branche Michaelis dans mes ancêtres.
Je n'arrivais absolument pas à me souvenir des prénoms, il y a Catherine, Jean et je crois.. zut alors c'est qui, déjà, le Michaelis le plus ancien que j'ai trouvé. Je recherche dans mes dossiers et là je suis restée bien 5 minutes à cligner des yeux sur la page d'un air bête en voyant que mon ancêtre se nomme Sébastien. HO-PU-TAIN!

Ni une ni deux, je réfléchis: mettons que je sois scénariste japonaise, et que je doive créer un personnage de démon, je ne vais pas chercher un nom pareil, je tape dans les Lucifer, Belzébuth, Astaroth... Par quel incroyable prodige est-elle arrivée à utiliser pile, à une voyelle près, le nom plutôt rare de mon ancêtre à la 13°ou 14°génération?
Fouillons le net qui a réponse à tout.

Et là je tombe sur Sébastien Michaelis, un des derniers inquisiteurs de Provence, qui habitait MA ville, yep, celle où je suis née et où j'habite encore, qui a du passer dans les mêmes rues que moi, aller aux mêmes endroits que moi à peu près, peut être même là où j'ai travaillé.. ghaaaaaaa!!!
Et est responsable au début du XVII° siècle du procès en sorcellerie du curé des Accoules. Je connaissais l'histoire mais à l'époque, je n'avais pas encore ce nom en main. Un "sympathique" bonhomme qui a fait brûler une quinzaine de personnes. J'imagine qu'aux yeux d'une japonaise - et aux miens aussi je vous rassure- il n'y a pas de différence entre un démon et un inquisiteur qui crame des gens pour la gloire de son dieu.

J'ai fini par trouver un lien potentiel, qui reste à prouver: Le nom Michaelis est très rare dans ma région, et le prénom Sébastien aussi. A l'époque les prénoms étaient des choses qu'on se passait de génération en génération comme un rhume. Mon ancêtre est né peu après la mort de son sinistre homonyme à moins de 20 kilomètres de distance. Il y a donc tout à parier que l'inquisiteur soit un arrière-grand oncle, ou un arrière-arrière grand oncle de mon ancêtre direct et que papy (X13) ait écopé du prénom de son ancêtre, probablement à l'époque considéré par beaucoup comme une sorte de héros.
 Je ne vous raconte pas le choc, moi qui suis athée, de découvrir via un manga et par un tour de passe passe du hasard,  que j'ai dans ma généalogie - je n'ai pas encore trouvé le lien exact,les archives sont parfois trop mal écrites pour être exploitables - un vrai monstre.
Car pour moi faire brûler des gens au nom de la religion sur une simple suspicion, c'est être un serial killer. Qui en plus s'appuie sur des règlements et des lois qu'il tourne à sa guise. comment faire plus malsain. Il m'a quand même fallu quelques temps pour digérer l'information, non sans une vague nausée. Un peu comme découvrir que son lointain arrière grand oncle est Torquemada ou le juge Frollo.

Et seconde étape, tout aussi étonnante: je raconte cette découverte à une bonne copine, qui me dit que son mari que je connais bien depuis longtemps, a aussi des Michaelis dans sa famille: renseignement pris auprès de sa famille à lui, nous sommes cousins éloignés, et tous deux apparentés à l'abominable type.

Je dois à ce manga la découverte involontaire d'un ancêtre qui est exactement le genre de personne que je n'aurais jamais voulu voir figurer, même sur une branche latérale et éloignée de l'arbre généalogique, et d'un cousin bien vivant et sympa!
Mais au final, j'ai presque envie de remercier la mangaka pour avoir transformé notre arrière-arrière-arrière x N grand oncle en démon plutôt marrant et doué pour la pâtisserie. Je ne sais pas si elle l'a fait volontairement en sachant à qui appartenait le nom ou si quelqu'un le lui a soufflé en se disant " Tiens j'ai trouvé ça, ça sonne bien pour ton héros", mais merci quand même!

Difficile à classer, il est apparemment prépublié en catégorie Seinen, donc c'est ce que je vais retenir, mais franchement j'aurais du mal à le faire entrer dans un style précis.

mardi 27 octobre 2015

Légendes urbaines japonaises

Parce qu'avec sa longue tradition de yokais et d'esprits malfaisants de toutes sortes, ses lieux abandonnés sans raison apparente, le Japon ne pouvait passer à côté de la légende urbaine, parfois bien flippante, parfois tellement n'importe quoi qu'elle est à pleurer de rire...parfois juste à déprimer vraiment.

En voilà quelques unes

Des personnages malfaisants:

 - La Kuchisake-onna : celle là est mentionnée depuis longtemps et serait la résurgence d'un yokai plus ancien (comme la femme renard) voire la transposition d'une vraie histoire ( une femme défigurée à une ancienne époque.. que faut il de plus pour en faire un fantôme bien décidé à se venger?). Elle apparait d'ailleurs dans mon livre sur les yokai, entre la femme serpent et les kitsune. Toujours est-il que malgré de nombreuse variantes, la kuchisake onna , littéralement " femme à la bouche fendue" aborderait les piétons esseulés le soir, dans une ruelle sombre ou brumeuse, portant un masque chirurgical sur le visage pour leur demander: " est-ce que tu me trouve belle". Si la victime répond " non", elle est aussitôt massacrée à coup de couteau - ou de ciseau -  si elle répond "oui" la femme enlève son masque, exhibant une buche immense, parfois dotée de dents acérées et ajoute " même comme ça?"..
Si la victime répond "non", elle est massacrée , si elle répond "oui", elle est défigurée pareillement. Certains disent que pour la perturber et avoir le temps de s'enfuir il faut soit lui réponde " tu es dans la moyenne" soit lui lancer des bonbons auxquels elle ne résiste pas et qu'elle préfèrera abandonner la poursuite pour s'en gaver. Le personnage est depuis devenu la vedette d'un film d'horreur, ce qui a contribué à la faire connaître plus que les autres...

- demi-portenawak: La teke-teke est encore un monstre qui doit bien dériver d'une légende plus ancienne, mais qui est revenue à la vie sous cette forme: on parle d'une femme tombée sur une voie de chemin de fer, et coupée en deux par un train. Devenue fantôme ou plutôt demi-fantôme, parce que même morte, elle n'a pas de jambes, elle se déplace sur ses coudes ( faisant un bruit qui sonne comme teketeketeketeke) et poursuit les passants pour les couper à leur tour en deux avec une faucille ou autre arme tranchante. Qu'elle planque.. ben , on ne sait pas trop où. Et c'est comme pour les vampires ou les loup-garous, une fois coupée en deux la victime devient à son tour teketeke.
Variante: Kashima Reiko. La même histoire ou presque, sauf que le fantôme de Reiko assassinée et découpée dans une salle de bain, hante à son tour les salles de bains et vous demande " où sont mes jambes"... autant dire qu'il est impossible de répondre à la question alors.. elle coupe les vôtres. Ou, selon encore une autre variante - le propre des légendes urbaines - elle aurait été assassinée sur la route par des bandits et laissée à mourir sur une voie ferrée , donc également coupée en deux. Mais le résultat reste le même, hein.. n'ayant plus de jambes, elle voudra s'en procurer de grè ou de force.

- total portenawak: Aka Manto,  le fantôme à la cape rouge: pourquoi portenawak?, parce qu'il est supposé hanter les toilettes publiques. Et débaroule quand vous êtes sur le trône, et en rade de papier toilette pour vous demander " papier rouge ou papier bleu?". Si vous choisissez rouge.. vous êtes saignés à mort. Si vous choisissez bleu, étranglés, à mort aussi. Je me demande ce qu'il se passe si on lui répond " vert " ou " casse-toi de là, pervers!", ou ce qu'il va devenir dans les toilettes modernes qui ne contiennent pas de papiers et ou un jet d'eau tiède  vient délicatement ( ou violemment s'il est mal réglé) vous laver le postérieur. Nota: ce qui explique que souvent au japon, le papier toilette soit du genre épais comme du papier à cigarette, il sert à se sécher, non à s'essuyer, c'était la minute CULturelle
lapidé à coups de rouleaux de PQ...
- dans la famille "pipi room", je demande la petite soeur: Hanako-san des toilettes. Franchement je ne sais pas ce que les japonais ont avec les toilettes, mais certaines, plus particulièrement les toilettes scolaires sont réputées hantées par le fantôme d'Hanako , une petite fille au look souvent désuet qui se serait suicidée - ou aurait été assassinée là.
Selon les cas elle ne fait rien du tout, ou essaye de vous noyer dans la cuvette, peut-être qu'elle s'ennuie trop dans sa mort de fantôme et cherche à se faire des amis spectres...Un petit côté "Mimi Geignarde" donc.. en moins sympa.

Apparemment, non seulement La kuchisake Onna, mais aussi Hanako et la teketeke ont eu droit à leur film d'horreur. Bon, je pense qu'il s'agit de films de série Z sinon on en aurait entendu parler comme c'est le cas pour The Ring, Dark Water, the Grudge, Audition...

- l'esprit "entre les espaces": preuve qu'on est jamais tranquille, le Japon a aussi un fantôme, pour à peu près tout ce qui peut exister: donc un fantôme, ou un esprit malveillant, peu importe, pour les "espaces". On peut croiser son regard furtivement dans une porte entrouverte, un tiroir resté à demi ouvert, un interstice entre deux planches.. qui risque de vous emporter dans une autre dimension. Depuis le temps que les scientifique cherchent à savoir s'il y a des multivers et comment passer de l'un à l'autre, ben voilà, suffisait de demander au fantôme d'entre les espaces! ( bon sang.. une autre dimension, mais c'est Saga des Gémeaux ce fantôme, en fait... si vous n'êtes pas geek, ignorez cette dernière référence)

- Satoru kun: dans la famille esprit malfaisant, je demande le petit frère. Vous pensez qu'ils sont tous de la même famille?  En fait Satoru Kun est plutôt un esprit qui apparait sous la forme d'un petit garçon, et c'est un monstre moderne qui répond  au téléphone. Il connaît tout: passé , présent, et avenir, et en cas de problème, il suffit de lui téléphoner pour avoir la solution.. mais c'est risqué évidemment, on n'est pas dans un jeu TV. Pour lui parler il faut composer son propre numéro de téléphone depuis un téléphone public et demander " Satoru-kun, s'il te plait, vient ici, s'il te plait montre toi, Satoru-kun, dis moi où tu es" ou quelque chose comme ça.
Et l'esprit vous rappelle sous 24h00, et vous rappelle encore, pour vous dire où il est, toujours plus proche jusqu'au moment où il dira " je suis juste derrière toi". Là, il faut vite lui poser la question qui vous tourmente, sans se retourner, ni le toucher. Sinon, malédiction. Ah, et évidemment, il ne faut pas l'appeler si on a rien à lui demander, il n'aime pas être dérangé pour rien. Dans ce cas c'est malédiction aussi. Puis je suppose qu'il doit en avoir marrer aussi qu'on lui pose  toujours les mêmes  questions à la con "est-ce qu'il m'aime, est-ce qu'elle m'aime, les prochains numéros à la loterie, le tiercé dans l'ordre".. ça vaudrait pas non plus une petite malédiction, les questions idiotes? ( de mon point de vue, si!)
Moi qui déteste prodigieusement les téléphones à la base...

Histoires à faire frémir:

- l'enfer de Tomino: Un texte écrit par le poète  Yomota Inuhiko, un auteur toujours vivant. Apparemment il n'est pas traduit et c'est dommage: Si on le lit à haute voix, il est censé porté malheur au lecteur.Je l'aurais bien donné à lire à certaines personnes. allez, lis moi ça à haute voix et articule bien, tu as une jolie voix, j'aimerais t'entendre me le dire Voilà c'est ça!

- La tête de vache: un professeur aurait -notez le temps - raconté à ses élèves une histoire " la tête de vache" tellement effrayante que tout le monde se serait évanoui, certains auraient convulsé et même en seraient .. morts de peur. Aucun des survivants n'ayant pu dire ce que racontait le texte bien évidemment, c'est bien pratique. Je ne peux décemment pas prendre cette histoire au sérieux, parce que ça me rappelle trop la "blague la plus drôle du monde" des Monty Pythons

Des lieux mal famés:

- Inunaki, un village qui, comme par hasard, ne se trouve pas sur les cartes, où les appareils électriques ne fonctionnent pas, et dont l'entrée porte un panneau " ici, les lois constitutionnelles ne s'appliquent pas". Vous pensez à un truc plutôt sympa, comme ans le film Brigadoon où le village n'est visible qu'un jour par siècle?
Euh, là non, c'est plutôt l'endroit dont on ne revient pas, parce que les habitants sont supposés être cannibales. Je me demande si c'est là que vous emmène le fantôme des interstices en fait....Enfin, personne n'en est jamais revenu pour raconter donc.. hep minute;: dans ce cas là, comment peut-on savoir ce qu'il y a écrit à l'entrée? (ça me pose le même problème que " voi qu'entrate, lasciate ogni sperenza" à l'entrée de l'enfer de Dante: si tu es devant la porte, c'est que tu es mort, donc.. tu ne peux pas revenir pour témoigner)

- Kiyotaki: un tunnel de 444 m de long ( déjà, le 4 , "shi" au Japon porte malheur, par homonymie avec le mot " mort") , construit en 1927, dans des conditions assez abominables: beaucoup d'ouvriers y sont morts, et évidemment on pense que leurs fantômes hantent le tunnel, provoquant des accident qui fournissent donc.. de nouveaux fantômes. D'autres prétendent que la longueur en varie entre le jour et là nuit et que si on y passe à minuit ( heure "interstice" donc, entre 2 journées.. on y reste coincé pour l'éternité sans jamais... voir le bout du tunnel si j'ose dire)
Il y a une palanquée de tunnels Kiyotaki au japon, je pense que c'est celui là. A mon avis, le plus gros risque vu la largeur du tunnel, c'est l'accident bête et banal si une voiture arrive en face.
A part:

-Aokigahara: un lieu qui cette fois existe. Malheureusement. C'est une vraie forêt au pied du mont Fuji, tristement célèbre sous le surnom de "forêt des suicides".

Il faut savoir qu'avec la pression sociale, le Japon a un taux de suicides particulièrement élevé, et ce d'autant plus que le suicide n'est pas  tabou, contrairement aux sociétés de culture occidentale, puisque le seppuku était un suicide rituel considéré comme une forme de mort noble. Mais du coup, il n'est pas rare pour les promeneurs de tomber sur un pendu ou un squelette au détour du chemin.
Je me demande même s'il existe encore des gens qui y vont juste pour se promener et non pour s'y tuer ou essayer de voir les fantômes qui, du fait de ce fort taux de suicides, sont censés abonder dans les lieux. Ou pour jouer les voyeurs en cherchant des cadavres. Brrrr.
Pour vous dire, il semble que 2006 soit l'année où il y a eu le plus de suicides: 376! Comptez bien, ça fait plus d'un par jour. Les autorités ont mis en place des panneaux avec numéro d'appel d'urgence pour les suicidaires qui seraient venus là avec l'idée d'en finir -mais ceux qui vont si loin dans cette idée, c'est plutôt qu'ils sont déterminés - et des patrouilles policières, si possible pour tenter de raisonner les malheureux à temps ou simplement, récupérer les corps.
déjà à la base, ça fait forêt pittoresque et millénaire. 
Je vous épargne quand même les photos de pendus. Je n'ai pas envie de faire ce cet article un truc vraiment glauque. Je n'ai pas particulièrement de tabous, mais pas envie de plaisanter non plus avec la dépression. Autant les histoires de fantômes me font plus rire qu'autre chose, autant  je trouve extrêmement grave de ne pas agir sur le mal-être des gens avant qu'ils en arrivent là.
 Je voulais en dire deux mots, parce que c'est socialement intéressant, mais sans verser non plus dans le pathétique ou surtout  l'irrespect que j'ai ressenti à la vue de certaines photos en cherchant des illustrations. Personnellement, si je tombe sur un pendu dans une forêt, je ne vais pas le photographier, je vais de suite appeler les secours si il ou elle est encore en vie, ou la police, parce que dans ma tête, le blessé, le mort ou le squelette ont d'abord été quelqu'un, un individu avec une identité, et que ses proches recherchent peut être depuis des années. Pas un phénomène paranormal plus ou moins crédible ou un décor de train fantôme mis là pour faire peur , "pour de faux". Personnellement, je n'irais pas m'y promener, sachant la réalité de la chose, je n'ai aucune envie de jouer les voyeuses sur le désespoir des gens.


vendredi 9 octobre 2015

Soie - Alessandro Baricco

J'ai du mal avec la calligraphie cursive, mais il me semble reconnaître, très logiquement le kanji kinu, donc Soie

 Dans les années 1860, en Ardèche... car oui cette histoire d'un auteur italien nous fait voyager à plusieurs reprises entre l'Ardèche et le Japon ( Shirakawa exactement)
En Ardèche, la bourgade de Lavilledieu est spécialisée en dans la fabrication de la soie, mais dans ces années là, une maladie touche les vers à soie dans l'Europe entière, et les oeufs de vers à soie achetés au Proche -Orient ne sont pas de très bonne qualité. La rumeur se répand même que la maladie touche le monde entier sauf le Japon, puisque le pays sort à peine de 200 ans d'isolation totale. Il y a peu de chance que la maladie l'ait atteint, et c'est probablement le seul endroit au  monde ou subsistent des oeufs sains. Problème, le Japon accepte de faire le commerce de la soie elle-même, mais pas des vers à soie ni de leurs oeufs. Sur les conseils de l'extravagant Baldabiou, homme d'affaire un peu farfelu, Hervé Joncour, négociant en soie, va entreprendre un premier périple jusqu'au Japon, où il compte bien acheter ces précieux oeufs au marché noir. Le pays qu'il découvre l'étonne et le fascine tout à la fois, et surtout une certaine femme " au visage de jeune fille et aux yeux qui n'ont pas une forme orientale", visiblement maîtresse du seigneur Hara Kei, homme riche et francophone grâce auquel cette première expédition sera un succès. Hervé retournera 4 fois au Japon, autant pour racheter des oeufs que dans l'espoir de revoir la femme sur laquelle il fantasme.
Jusqu'au 4° voyage qui sera un échec total: la guerre a éclaté, le village de Shirakawa est désert.. et la solution B qu'il trouve pour acheter malgré tout des oeufs est un échec retentissant.

Ce texte est très court ( 142 p, une sorte de longue nouvelle) et plus encore subdivisé en 65( oui! 65) chapitres. Le livre a été un franc succès et a fait connaître son auteur, et pourtant, je n'ai pas accroché. Ça se lit facilement, vite et sans déplaisir, mais sans plaisir particulier non plus. Le style est rapide et épuré et je dois dire, soit ça passe, soit ça ne passe pas et avec moi, ça ne passe pas: répéter exactement les mêmes phrases pour décrire les voyages d'Hervé à l'aller comme au retour, même si c'est pour faire ressortir l'ennui profond d'un périple de 2 mois à travers la Russie et la Chine surtout de la part d'un personnage aussi peu curieux qu'Hervé ( qui est un bourgeois tout ce qu'il y a de plus classique, sans vrai centre d'intérêt, qui abandonne une carrière militaire qui ne l'intéresse pas pour un commerce comme un autre, et se contente de mener sa petite vie tranquille au millimètre..), ça n'a rien de passionnant et au bout de 3 fois la même rengaine, j'ai même fini par sauter des lignes ( et ce même si le lac Baïkal change de surnom à chaque passage).

En fait, le format court ne permet pas vraiment de s'attacher aux personnages: Hervé est bien trop fade, la fille n'a ni nom, ni la moindre ligne de texte, HaraKei est silencieux la plupart du temps.
J'aurais bien aimé en savoir plus sur Hélène (qui semble autrement plus vivante et passionnée que son mari) sur Baldabiou le farfelu, et sur madame Blanche , la maquerelle d'origine Japonaise installée à Nîmes.
Mais ceux là ont l('éternel destin des personnages secondaires. En fait même Hervé, personnage central me donne l'impression d'être secondaire tant il semble détaché de sa propre histoire

La plupart des lecteurs semblent avoir adoré... mais ce n'est pas mon cas ( heureusement pour l'auteur , qu'il a pu trouver son lectorat, en fait).
Mais j'ai surtout l'impression que les lecteurs qui ont adoré ne sont pas à priori de grands lecteurs de littérature japonaise à la base. Et comme souvent, je suis un peu déçue par l'approche des auteurs européens qui tient plus de l'orient fantasmé, on y prend juste ce qu'on veut, la concubine, la soie, le samouraï, et les oiseaux en cage pour symboliser le statut de la courtisane. C'est maigre.

L'argument de passion et sensualité mise en avant un peu partout... hé bien, là aussi, c'est maigre...
Dommage parce que l'époque (fin de l'époque Edo et début de l'ère Meiji) est passionnante, mais visiblement le contexte historique passe aussi à la trappe.
Même si je ne suis pas très fan de cet auteur ( je préfère les choses plus politiques personnellement), je conseille au lecteur qui a envie de se pencher sur l'érotisme subtil tout en non dit d'aller voir du côté de Tanizaki ( la deuxième nouvelle de "deux amours cruelles" par exemple)

Le Japon vu par.. un auteur italien