mercredi 28 octobre 2015

Black Butler tomes 1 à 5 - Toboso Yana

Ca faisait longtemps que je voulais parler de ce manga, mais je n'en avais pas eu l'occasion pour le moment.
Tomes 1 à 5, donc, parce que c'est ceux que j'ai sous la main tout simplement, j'ai arrêté de l'acheter à ce moment là parce que plus de place, mais quand j'aurais libéré un peu quelques étagères. Parce que c'est une lecture bien distrayanet et qui m'a même fait vraiment beaucoup rire à certains passages.

En fait au départ, je n'avais lu que le tome 1, sans accrocher des masses à sa sortie. Puis j'avais vu le dessin animé qui en était tiré, j'ai pris quelques bons fous rires, et je suis revenue au manga. De ce que je peux me souvenir, c'est à peu près à ce tome 5 que les intrigues diffèrent. L' animé ayant comme souvent été fait alors que le manga était encore en cours de publication, l'auteur a orienté son histoire de façon à faire une douzaine d'épisodes... quitte à prendre une voie totalement différente dans la version papier. Mais au moins elle n'a pas fait faire trouzmille épisodes de remplissage , c'est déjà une bonne chose.

Tome 1 - En fait, je n'ai pas trop accroché au départ, car il s'agit d'un tome de présentation des personnages, et je n'étais pas vraiment préparée à l'ambiance bizarre de la chose. ce n'est qu'après avoir vu l'animé que j'ai pu reprendre. L'intrigue se passe donc à la fin du XIX° siècle, en pleine Angleterre victorienne. Sauf que.. au delà du sujet fantastique ( pacte avec un démon et grandes faucheuses qui apparaissent parfois), c'est aussi un manga un peu orienté Sf, courant steampunk. Et policier. Et ça m'a un poil déstabilisée ( dans la même veine gothico-victorienne,  Godchild restait plus en retrait au niveau SF). Donc une Angleterre victorienne où on dispose de téléphones, y compris de téléphones portables, où on regarde la TV.. où on se déplace autant en voiture qu'en carosse. Ce côté décalage temporel se gomme un peu dans les tomes suivants. Donc nous faisons connaissance de Ciel Phantomhive ( rien que son nom me fait déjà écrouler de rire), 12 ans, seul survivant d'une noble famille au service de la royauté anglaise depuis des générations. Malgré son jeune âge, Ciel est donc obligé de tenir les fonctions de feu son père, à savoir " chien de garde de la reine" ( une sorte d'unité spéciale d'enquête, qui agit dans le plus grand secret sur ordre de sa majesté, quitte à traficouiller avec la pègre). Evidemment, à 12 ans, il ne peut rien faire tout seul, et pour assumer ses fonction et retrouver l'assassin de sa famille, il a passé un pacte avec Sebastian, un démon qui travaille donc pour lui sous la couverture de majordome. Un majordome de très grande classe, et doué, bien sur de capacités surhumaines, ce qui fait l'admiration des autres employés de la maison. Bard le cuisinier, un danger public qui est capable de griller le rôti au lance-flamme, Finnian le jardinier, minuscule bonhomme que sa force démentielle conduit souvent à tout casser, et May-Linn la femme de chambre gaffeuse aux lunettes en cul-de-bouteille qui en pince sérieusement pour  Sebastian. a qui il faut ajouter Monsieur Tanaka, l'indentant qui.. ne fait rien du tout à part boire du thé, le pauvre démon a donc fort à faire entre son travail d'employé de maison et ses fonctions d'enquêteur au service du gosse. Un tome marrant grâce aux domestiques gaffeurs, mais pas renversant, cependant, comme il présente tout le monde, on peut difficilement s'en passer.

Petit détail cool: sous chaque couverture il y a une couverture alternative qui reprend le personnage dans la même posture mais sous un titre et avec des vêtements différents. Ici il devient " black ninja". Il y avait aussi ce système de couverture à surprise avec Fullmetal alchemist
Tomes 2 et 3: là ça devient du sérieux, les deux tomes développent une histoire unique en fait: Ciel et Sebastian vont devoir enquêter sur l'affaire qui défraya la chronique à cette époque et retrouver Jack l'éventreur.
Nota: lorsqu'un manga évoque l'Angleterre du XIX° siècle, il y a 2 références o-bli-ga-toi-res: Jack l'éventreur et Alice au pays des Merveilles. Le Japon a en particulier une fascination pour Alice qui m'échappe assez totalement. Jack, ce sera donc fait dans ces deux tomes là, qui définissent le style du manga: à la fois saignant et loufoque ( on va parler non seulement de meurtres, mais aussi de trafic d'êtres humains pour la vente d'organes).
 Et surtout ces deux tomes là font intervenir les2 personnages secondaires qui me font systématiquement rire aux éclats à chacune de leurs apparitions:


Grell, qu'on prend d'abord pour un simple majordome, bonhomme terne, effacé, empoté , qu'on remarque à peine. C'est bien sûr une couverture. Si Sebastian est un démon, Grell est un shinigami, l'équivalent japonais de la grande faucheuse. Oubliez ceux de Death note, celui là est.. haut en couleur - rouge - transgenre assumé qui parle de lui-même au féminin et regrette de ne pas être une femme car il ne pourra pas porter d'enfant.

Psychopathe n°1
A côté de ça c'est aussi un sadique assumé qui a customisé sa faux, trop dépassée pour en faire quelque chose de plus adapté à l'ère moderne et à sa personnalité. C'est tellement plus moderne, la tronçonneuse ( un passage dans l'anime qui n'est pas dans le manga, et je le regrette: Grell se fait punir par sa hiérarchie pour modification d'outil de travail et se voit désormais obligé(e) d'exercer son travail avec une paire de petits ciseaux. -50 points de charisme)

L'autre personnage secondaire qui apparait et qui m'éclate totalement, c'est le croque-mort.
Psychopathe n°2:


version animation, parce qu'il est difficile de trouver une image du manga en ligne qui ne soit pas un spoiler, car oui, un jour, on verra sa tête. Je ne sais pas dans quel tome.
 On ne voit jamais sa figure, toujours cachée derrière sa frange, et un chapeau énorme ( coucou, v'la le chapelier fou d'Alice) on devine juste qu'il est couvert de cicatrices.  Et c'est un barjot de première. Donc oui, aussi fou qu'un chapelier, il sert plus ou moins d'indic à Ciel et demande à être payé en bonnes blagues, adore l'humour noir et passe son temps à grignoter des biscuits pour chien en forme d'os quand il ne se planque pas dans un de ses cercueils. Moi qui ait un faible pour les personnages barrés, je suis servie!



Tomes 4 et 5, encore Deux tomes qui vont ensembles, plus légers que les suivants ( y'a pas de morts, c'est dire) et là encore, ce sont les personnages secondaires qui font tout le côté irrésistible du manga: lors d'une enquête de routine ( de riches importateurs revenus des Indes on été assommés et pendus par les pieds, et l'humiliation est pire encore que la mort), Ciel croise la route de deux.. aheum.. touristes indiens : Sa majesté Soma, authentique héritier Bengali et son serviteur Aghni. Ces deux là sont en mission pour retrouver une servante de Sôma, enlevée par un anglais. Si Aghni est intelligent, calme et compétent, on va dire que son employeur est tout le contraire : à la limite de l'idiotie totale, casse-pied, envahissant, pique assiette, nul en presque tout... et surtout en dessin

Et  se tape l'incruste chez Ciel qui, en tant que comte, est d'un rang inférieur à un futur roi.
Une vraie tête à claque, mais sympathique dans sa bêtise et sa naïveté. Il y a aussi le mafieux chinois qui est bien drôle, et faisant semblant de tout savoir sur tout alors qu'il est sans cesse à côté de la plaque.
Deux tomes légers qui n'excluent pas le WTF le plus total, qui se conclue par un affrontement épique: un concours de cuisine sur le thème du curry ( je me demande, non, je suis quasi sure que la mangaka s'est payé la tête de la série " le petit chef", tellement c'est du n'importe quoi volontaire - la reine est une mamie survoltée!)

Au final, j'aime bien cette série, parce qu'elle ne se prend pas vraiment au sérieux, ce que je craignais un peu au départ, que le personnage principal est un démon, donc quand même assez mal intentionné par moments, que les personnages secondaires sont à la fois soignés et complètement dingues. En fait, paradoxalement, il n'y a que ciel que je n'aime pas trop, je me fous éperdument ce que qu'il peut bien lui arriver. Et juste sa cousine Lizzie qui me sort par les yeux ( une gamine folle furieuse mais dans le cliché kawaiiiiiiiiii, qui adore redécorer tout en rose bonbon et forcer les gens à mettre des tenues ridicules, elle voit tout à travers un prisme déformant "meugnon"). Mais préparez vous à deux chose:

- cette série à  un taux de personnages crétins, psychopathes ou les deux à la fois assez incroyable.
- Attention, elle contient aussi un fort taux de doubles sens et de sous entendus olé olé. Mais la perversité est dans l'oeil de celui qui regarde n'est-ce pas, tant que tu reste pur et innocent tout ça,  tu ne les verra pas ( bon, c'est foutu pour moi)

voilà pour la lecture, maintenant, passons à l'anecdote

Et maintenant la petite histoire personnelle bien improbable - et en tout cas, ça m'a faite flipper plus que toute autre chose: j'ai un tueur en série dans ma généalogie. Et c'est via cette série que je l'ai découvert, gloups! Je vous vois venir, vous pensez que j'ai définitivement pété un plomb, à force de fréquenter démons, fantômes et zombies depuis une mois...
A partir de là, je n'invente rien, tout ce qui suit s'est réellement passé dans cet ordre là.

Au départ j'ai commencé à lire ce manga parce que il y a quelques années quand j'avais du temps, je faisais ma généalogie. Et je trouvais marrant que le héros se nomme Sebastian Michaelis, parce qu'il y a une branche Michaelis dans mes ancêtres.
Je n'arrivais absolument pas à me souvenir des prénoms, il y a Catherine, Jean et je crois.. zut alors c'est qui, déjà, le Michaelis le plus ancien que j'ai trouvé. Je recherche dans mes dossiers et là je suis restée bien 5 minutes à cligner des yeux sur la page d'un air bête en voyant que mon ancêtre se nomme Sébastien. HO-PU-TAIN!

Ni une ni deux, je réfléchis: mettons que je sois scénariste japonaise, et que je doive créer un personnage de démon, je ne vais pas chercher un nom pareil, je tape dans les Lucifer, Belzébuth, Astaroth... Par quel incroyable prodige est-elle arrivée à utiliser pile, à une voyelle près, le nom plutôt rare de mon ancêtre à la 13°ou 14°génération?
Fouillons le net qui a réponse à tout.

Et là je tombe sur Sébastien Michaelis, un des derniers inquisiteurs de Provence, qui habitait MA ville, yep, celle où je suis née et où j'habite encore, qui a du passer dans les mêmes rues que moi, aller aux mêmes endroits que moi à peu près, peut être même là où j'ai travaillé.. ghaaaaaaa!!!
Et est responsable au début du XVII° siècle du procès en sorcellerie du curé des Accoules. Je connaissais l'histoire mais à l'époque, je n'avais pas encore ce nom en main. Un "sympathique" bonhomme qui a fait brûler une quinzaine de personnes. J'imagine qu'aux yeux d'une japonaise - et aux miens aussi je vous rassure- il n'y a pas de différence entre un démon et un inquisiteur qui crame des gens pour la gloire de son dieu.

J'ai fini par trouver un lien potentiel, qui reste à prouver: Le nom Michaelis est très rare dans ma région, et le prénom Sébastien aussi. A l'époque les prénoms étaient des choses qu'on se passait de génération en génération comme un rhume. Mon ancêtre est né peu après la mort de son sinistre homonyme à moins de 20 kilomètres de distance. Il y a donc tout à parier que l'inquisiteur soit un arrière-grand oncle, ou un arrière-arrière grand oncle de mon ancêtre direct et que papy (X13) ait écopé du prénom de son ancêtre, probablement à l'époque considéré par beaucoup comme une sorte de héros.
 Je ne vous raconte pas le choc, moi qui suis athée, de découvrir via un manga et par un tour de passe passe du hasard,  que j'ai dans ma généalogie - je n'ai pas encore trouvé le lien exact,les archives sont parfois trop mal écrites pour être exploitables - un vrai monstre.
Car pour moi faire brûler des gens au nom de la religion sur une simple suspicion, c'est être un serial killer. Qui en plus s'appuie sur des règlements et des lois qu'il tourne à sa guise. comment faire plus malsain. Il m'a quand même fallu quelques temps pour digérer l'information, non sans une vague nausée. Un peu comme découvrir que son lointain arrière grand oncle est Torquemada ou le juge Frollo.

Et seconde étape, tout aussi étonnante: je raconte cette découverte à une bonne copine, qui me dit que son mari que je connais bien depuis longtemps, a aussi des Michaelis dans sa famille: renseignement pris auprès de sa famille à lui, nous sommes cousins éloignés, et tous deux apparentés à l'abominable type.

Je dois à ce manga la découverte involontaire d'un ancêtre qui est exactement le genre de personne que je n'aurais jamais voulu voir figurer, même sur une branche latérale et éloignée de l'arbre généalogique, et d'un cousin bien vivant et sympa!
Mais au final, j'ai presque envie de remercier la mangaka pour avoir transformé notre arrière-arrière-arrière x N grand oncle en démon plutôt marrant et doué pour la pâtisserie. Je ne sais pas si elle l'a fait volontairement en sachant à qui appartenait le nom ou si quelqu'un le lui a soufflé en se disant " Tiens j'ai trouvé ça, ça sonne bien pour ton héros", mais merci quand même!

Difficile à classer, il est apparemment prépublié en catégorie Seinen, donc c'est ce que je vais retenir, mais franchement j'aurais du mal à le faire entrer dans un style précis.

1 commentaire:

  1. L’anecdote est incroyable ! O_O C'est sur que ce type était un montre mais en même temps se dire qu'un ancêtre à servit de "modèle" à un personnage de manga emblématique c'est plutôt classe ;)

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