mercredi 4 novembre 2015

Inu yasha tomes 1 à 3 - Takahashi Rumiko

Et c'est ce dimanche que finit officiellement le challenge Halloween, il me fallait donc encore une petit histoire de monstres non?

Et ça fait longtemps que  je voulais aborder celui -là.. De Madame Takahashi, je connaissais en fait surtout ses deux séries fantastiques et délirantes: Urusei Yatsura, dont j'avais déjà parlé ici et Ranma 1/2. Il y a aussi "Maison Ikkoku", mais comme ça a l'air d'être plutôt axé humour et bons sentiments, c'est moins mon domaine. Vraiment moins.
Il faut dire aussi qu'elle s'est spécialisé en séries très longues, Urusei compte 34 tomes, Ranma 38 et cet Inu Yasha .. 56! 56 tomes. Je vous le dis de suite, je n'irais pas jusqu'au bout, même si j'ai bien aimé ces 3 premiers tomes, je sens que ça va très vite partir en cacahuètes, c'est TOUJOURS le cas sur les longues séries.

Et autre constatation, contrairement aux deux autres séries que j'ai pu survoler, celle -ci est d'emblée plus sombre et violente. Même si l'humour en reste une des notions-clefs, il y a beaucoup de monstres très agressifs qui vont passer le héros, pourtant une démon grognon, pour un type sympa.

Tout commence par un prologue: à la période Sengoku, Kikyô, une prêtresse est mortellement blessée par un démon nommé Inu Yasha ( en fait son nom signifie simple " chien démon"). En fait, Inu Yasha est un Hanyô, un demi démon - on l'apprend par la suite, son père était un puissant démon, sa mère, une mortelle - qui convoite une perle que détient la prêtresse, la perle de Shinkon, un artefact magique qui lui permettrait de devenir un démon à part entière.
Mais il est scellé par Kikyô d'une flèche magique,littéralement punaisé contre un  arbre, et y restera, dans une sorte de coma, tant que la flèche reste en place. Avant de mourir Kikyô réclame à sa petite soeur Kaede que la perle qui attire les démons soit détruite sur son bûcher funéraire, pour qu'aucun démon ne vienne plus attaquer son village. FIN.
Noooon.

Tokyô 1996: La jeune Kagome 15 ans, plutôt bonne élève se prépare à entrer au lycée. Les choses vont évidemment tourner au vinaigre. Kagome vit dans le sanctuaire que tient sa famille, et partant à la recherche de son chat, tombe dans un puits surnommé " le dévoreur d'os" (miam), la légende veut que le puits soit l'endroit où on jetait les démons et autres entités malfaisantes pour les empêcher de se régénérer.
Ou plutôt elle est entraînée dans le puits par un monstre doté d'un torse de femme, de 3 paires de bras et d'un corps de mille-pattes - beurk-, qui lui réclame la perle de Shinkon, qu'elle n'a bien sûr pas sur elle, elle ne sait même pas ce que c'est.
C'est en échappant une première fois au monstre qu'elle rencontre Kaede, devenue vieille dame, et comprend que le puits est un passage entre le monde contemporain et le passé.
Mais le monstre lui en veut toujours: Kagome est la réincarnation de feue Kikyô - en moins sérieuse et un peu plus bête- la perle a été brûlée avec le corps de Kikyô et se trouve intégrée au corps de Kagome. Que le monstre récupère d'un coup de dents. La seule solution pour éviter la catastrophe est de libérer Inu Yasha de son sort...le temps de buter le vilain yokai.

Mais comme Inu veut aussi la perle, Kaede trouve un moyen de le limiter: un collier magique qui le restreindra quand Kagome prononcera un mot précis. Que choisit elle contre le démon chien? " Couché!"

Suite à plusieurs vols cependant la perle est détruite en de nombreux morceaux éparpillés, sachant qu' un simple petit morceau peut suffire à donner une force colossale à un monstre même mineur.
Pas le choix, Inu Yasha a la force nécessaire pour les récupérer, mais ne les voit pas, Kagome a le don de les localiser mais n'est qu'une humaine, les deux se détestent mais vont devoir collaborer, tout en faisant d'incessants va-et-vient entre les époques pour qu'elle puisse essayer tant bien que mal de passer ses examens et de garder une vie de lycéenne normale.

L'humour y est plus discret que dans les  autres oeuvres de l'auteur, un peu moins axé sur les gags en fait. C'est plutôt des notes absurdes: le grand-père de Kagome qui sort des excuses toujours plus énorme pour justifier les absences scolaires de Kagome, allant jusqu'à faire croire qu'elle a un lumbago, le diabète, la goutte... - du coup ses camarades ne cessent de lui offrir des trucs du genre vitamines, sandales orthopédiques, etc.. -
Ou le fait que l'acolyte du démon chien soit .. un démon puce.
Ou du fait que Kagome  fonce assez facilement dans le tas ( que fait elle lorsqu'elle trouve ce qui ressemble à un humain doté d'oreilles pointues cloué par une flèche à un arbre?.. m'enfin, c'est évident, s'approcher pour palper les oreilles et vérifier si ce sont des vraies)

Mais pour l'instant même, si c'est plutôt sympa, ces trois tomes manquent d'un élément important: des personnages récurrents autres que les deux héros, la famille de Kagome et Kaede. Pour l'instant on est dans le schéma habituel du manga de baston :1 ennemi = un chapitre ou quelques chapitres, on lui pète la tronche et on passe au suivant.
J'ai bien aimé cependant  la femme démon hyper glauque qui manipule les cheveux des morts. Et je pense qu'on reverra Sashomaru, le demi frère d'Inu - oui il en faudra quand même bien quelques uns pour faire avancer l'intrigue qui ne peut quand même pas se concentrer juste sur " récupérer un à un des morceaux de perle", ça fait un peu trop quête pipeau de magical girl.

Sympa, mais à petites doses, le manque de liant pour le moment m'ennuie un peu. Il ne m'a pas plus convaincue que ça, malgré le côté un peu saignant. Je lui donnerai la possibilité quand même de faire ses preuves en lisant à l'occasion encore 2 ou 3 tomes, mais si ça reste dans le même schéma, ça va vite me lasser, puisque je trouve qu'au bout de 3 tomes l'histoire piétine.  Punaise .. 56 tomes! Il y a intérêt à ce que ça se mette à avancer au delà de la simple quête.

Sinon, je dois quand même préciser que c'est un manga qui bénéficierait vraiment d'un dépoussiérage au niveau de la traduction: fautes de frappe, fautes de conjugaison, syntaxe pas toujours compréhensible, bulles mélangées...
Il n'a pas été traduit du japonais au français, mais du japonais à l'anglais et de l'anglais au français. Ca se faisait beaucoup il y a 15 ans ( il est paru en 2002 en France), ça continue à se faire, mais avec plus de soin.  Là c'est évident au niveau des onomatopées qui sont souvent restées telles quelles, en katakana d'un côté avec la traduction anglophone à côté.

Mais il y a encore 20 ans, 15 ans ou même 10 ans en arrière, je pourrais citer une foule d'exemples -Saint Seiya, Angel Sanctuary - le manga ( comme les comics, la SF, le policier, le fantastique.. ) était considéré comme de la sous-littérature destinée au mieux à des gamins au pire à des ados attardés. Donc des gens peu regardants sur la qualité de traduction, on s'en fiche si ça ne veut pas dire grand chose, ils ne feront pas la différence, ils achèteront de toute façon.*
Mais depuis le manga est devenu un vrai marché! Et on s'est rendu compte que les lecteurs avaient grandi et étaient devenus exigeants sur la qualité, non seulement de traduction, mais aussi d'impression. D'où des rééditions - plus chères - avec traductions revues pour corriger les boulettes ou les choses qui ne voulaient rien dire.

C'est un problème récurrent lorsqu'on se trouve en face d'une de ces éditions un peu datées: l'évident je-m'en-foutisme à plusieurs niveau. Heureusement, ça s'est largement arrangé

* petite digression: Dans " c'est dans la poche", Jacques Sadoul raconte comment, aux débuts des éditions de poche en France, l'essentiel était de faire traduire le plus vite possible, et que certains éditeurs avaient recours à des traducteurs très peu scrupuleux, payés à la vitesse, qui n'hésitaient pas à supprimer des pages pour rendre leur manuscrit en moins d'une semaine. Ca s'est vu le jour où la traductrice la plus rapide a rendu un roman policier où l'assassin était un personnage qui n'apparaissait pas du tout dans tout le texte, et pour cause: se disant qu'il n'était pas important, elle avait zappé toutes ses apparitions, et n'était pas revenue sur son texte une fois arrivée au bout. Et personne n'avait relu avant d'envoyer sous presse. Parce que " on s'en fiche, c'est du roman policier qu'on lit dans le train, les lecteurs ne s'en rendront même pas compte".

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