mercredi 22 juin 2016

Comte Cain tome 1 et 2 - Yuki Kaori

Pour la journée BD du challenge Mois anglais, j'ai ressorti de mes cartons le tout premier manga que j'ai acheté. Hé oui, le temps passe.

Pas le premier que j'ai lu, remarquez, j'avais déjà auparavant emprunté les séries de mes cousins: City Hunter, Dragon Ball, Professeur Slump... vous voyez l'idée.
Mais je ne sais même plus comment un jour je suis tombée sur ce titre, et cet auteur,  mentionnés sur un site, et ça m'a bien tenté. Pour moi le Shojô se résumait à ses adaptations animées: des histoires souvent sentimentales, scolaires et.. bref, pas trop mon truc.
Or Kaori Yuki était l'une des premières mangaka traduite en France à explorer une autre voie: du shojô, oui, mais plutôt fantastique, glauque et tordu. Depuis d'autres ont suivi, mais le fait est là, pour mon premier shojô, j'ai directement tapé dans des histoires de poisons, de société secrète, d'enfant martyrisé, de détournement de mineurs et de meurtres à la pelle. Et, en parlant de pelle, on y déterre des cadavres assez régulièrement

La série compte en fait 14 tomes, mais je ne parle ici que des 5 premiers publiés sous le titre Comte Cain. Le dernier tome est paru en 1994 au Japon, mais restait en suspens. une suite de 8 tomes, God Child, a été publiée entre 2001 et 2004.. Donc pas moins de 7 ans entre la fin de la première partie et le début de la seconde, et en matière de BD ou de manga, ça se sent toujours énormément. Au niveau graphique: les premiers tomes d'une oeuvre n'ont souvent pas grand chose à voir avec la suite. Et là, on ne déroge pas à la règle, les dessins sont plutôt bons d'entrée, mais les personnages sont encore un peu raides, il y a peu de décors ( on est dans les premières oeuvres de l'auteur en plus).
Juste pour comparaison
Tome 1 de la première série ( je n'ai aps trouvé la couverture française en bonne qualité et je n'ai pas de scan ici)
Tome 1 de la deuxième série. Difficile à croire, mais il s'agit du même personnage, qui n'avait pas encore un design bien défini au départ.

Cette première partie est aussi plus axée sur des intrigues policières, où un jeune comte anglais de la fin du XIX° siècle  Cain Hargreaves, mène l'enquête sur des mystères qui se produisent autour de lui, impliquant des membres de sa famille ( il semble avoir un stock illimité d'oncles et de cousins), ou des amis. Mais on en sait toujours très peu sur lui même, tout ça sera développé dans God Child. Pour l'instant il semble orphelin, ou en tout cas, ses parents n'apparaissent que dans le tome 2.

D'ailleurs le tome 1 rassemble 5 histoires, mais Caïn n'apparait que dans 3 d'entre elles ( dont une très courte). Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il est plutôt excentrique et passionné par les poisons qu'il collectionne ( et même cette caractéristique va peu à peu être gommée). Mais au départ, Cain qui va devenir le héros est presque un personnage secondaire de sa propre histoire, avec en tout ca un rôle passif de celui qui résout des énigmes presque par hasard. Heureusement qu'à l'époque j'avais trouvé les 3 premiers tomes en lot sinon, je n'aurais surement pas continué les histoires séparées qui le constituent ne sont pas franchement très originales et font référence surtout à la culture européenne qu'affectionne l'auteur ( Roméo et Juliette, Sherlock Holmes) et à des films et séries ( Twin Peaks ou les films d'horreur). donc pas de quoi fouetter un chat. Hormis le héros et Riff son serviteur ( j'oubliais le Rocky Horror Picture show), pas de personnage récurrent, tout le monde ayant une nette tendance à mourir très vite, et du coup, ça n'aide pas trop à accrocher.

Tome 2: voilà, on entre dans le vif du sujet, on en apprend un peu plus sur Cain: Sa mère est morte, son père est parti et n'a pas donné signe de vie depuis des années, et il a une demi soeur, Mary, qu'il retrouve par hasard, une gamine des rues qui vivote en disant la bonne aventure. Non mais rassurez-vous, par rapport à la suite, c'est la partie joyeuse...
Quand il avait 6 ans, sa mère ( sa belle-mère en fait) a essayé de le tuer. Son père,qui le battait comme plâtre sous l'argument " c'est pour ton bien, pour que tu aies le pardon de Dieu", a tenté de le tuer. Car Cain, non contnt d'avoir le pire prénom possible est en fait le fils de sa tante. Alexis entretenait une relation incestueuse avec sa soeur Augusta, devenue folle lorsqu'elle a eu cet enfant "maudit"
Quand je vous disais que ça allait empirer. Et ce n'est que la moitié du tome 2.
Pour faire court, disons que par la suite, Alexis, bien caché, va quand même tout faire pour pourrir la vie de son fils de toutes les manières possible, et essayer de le faire assassiner , mais non sans lui avoir donné un peu de répit, car en bon sadique, il préfère faire souffrir sa victime et la torturer mentalement au moment où elle se croit enfin tranquille. Ca ça va être la trame générale de toute l'histoire, alternant encore pour le moment avec des histoires d'enquêtes plus ou moins glauques ( plutôt plus que moins), basées sur des histoires issues de la culture britanniques ( Who killed Cock Robin, Humpty Dumpty, Plum Pudding song..) plus le conte du genévrier ( Frères Grimm)

J'avais oublié à quel point ces histoires étaient glauques. Pas l'histoire générale, ça je m'en souvenait, mais les petites histoires annexes. Qui sont systématiquement très saignantes, genre le Plum Pudding, où une petite fille est droguée par des gens de la haute société.. qu'elle massacre lors d'une crise d'hallucinations pour les dévorer. Vous êtes prévenus, ça ne fait pas dans la dentelle du tout!

Ces deux tomes sont malgré tout encore un peu à part des suivants, en ce sens qu'ils sont encore largement composés d'histoires indépendantes d'un chapitre chacune. Mais on commence dans ce second tome à avoir des personnages récurrents ( Mary et Riff), c'est bien appréciable. Le tome 3 si je me souvient bien, est une seule longue histoire de plusieurs chapitres, où l'histoire commence à prendre vraiment son rythme.
en tout cas, hormis le premier un peu plan plan, la série semble bien supporter la relecture, d'autant que j'avais beaucoup oublié, donc c'est une redécouverte assez sympa.
La suite à venir prochainement.

mardi 21 juin 2016

Mois O-bon, 2° édition!

Car oui, l'an dernier plusieurs personnes avaient été un peu déçues de ne pas l'avoir su à temps,et j'ai encore pas mal de Yokai et autres Yurei à mettre en avant donc, nous allons recommencer à trembler de peur ( à défaut de trembler de froid, au moment où j'écris ça, je ne sais pas encore si l'été de PACA sera normal ou aussi caniculaire que l'an dernier. Je vais tenter un rituel pour que ça ne soit pas le cas!)

J'ai donc encore quelques idées, après les Tengu, les Kappa et les Tanuki, il faut au moins que je parle des Kitsune, des ogres et des objets hantés..

J'ai aussi toujours des films et des séries sur le sujet en attente.. Pour les suggestions , je vous renvoie au billet de présentation de l'an dernier.

Et comme un défi ne serait pas un défi sans un logo pour fêter ça, après Le Grand Squelette de Kuniyoshi l'an dernier, cette année, j'ai envie de mettre en avant l'Ogresse de Hokusai. L'avantage, c'est qu'avec l'abondance d'estampes sur les monstres et fantômes, j'ai de quoi faire pour plusieurs décennies et ce même si je proposais un mois fantastique par trimestre.



L'an dernier 4 courageux chasseurs de monstres m'avaient suivie, ça fait bien plaisir.

Et donc cette année, je prévois donc de présenter quelques Yokai de plus, je n'ai toujours pas vu The Ring.
Et il y a une 3° saison de Yamishibai visible en ligne ainsi que la suite de Kagewani.
J'ai aussi un billet sur Pompoko en attente, un autre sur les estampes macabres et érotiques ( oui, Pegi 18, mais je tâcherai de rester soft dans mes illustrations et de donner juste les liens de celles qui sont le moins.. grand public on dira :D. Histoire de ne pas me faire référencer sur des sites chelou par exemple)

Et sinon, comme d'habitude, je suivrai l'inspiration du moment.

Nodame cantabile T. 1 et 2 - Ninomiya Tomoko

C'est la fête de la musique, et tiens, si je marquais le coup en ressortant quelques sujets musicaux ( bon oui, la fête de la musique va donc durer plusieurs jours chez moi, en fait, elle est même permanente)

Nodame Cantabile est un manga que j'ai découvert par hasard en 2007 en fouinant une librairie au Japon. Il n'était pas alors paru en France, et je m'étais promis d'y jeter un oeil s'il venait à être traduit.
Oui parce que les couvertures m'ont attiré l'oeil: on y voit une même fille y jouer de différents instruments de l'orchestre: piano, flûte, trombone, violon... basson, aheum...

Et c'est une série que comme beaucoup d'autres, j'ai commencé, sans jamais la terminer, pour plusieurs raisons: d'abord par manque de place, comme toujours, ensuite parce que le sujet "Musique classique+ humour" a vite dérivé en "musique classique + histoires sentimentales". Ce qui est d'autant plus gênant qu'on devine dès le chapitre 1 comment ça va se finir: si un scénario oppose deux personnages diamétralement dès le début; c'est pour qu'il se casent ensemble à la fin.
 Le procédé est connu et vaut pour tout média: romans, BD, films, séries.... A tel point que lorsque ça n'est pas le cas, j'applaudis des deux mains parce que le scénario se montre un peu moins basique que ce que je craignais.

Ca peut passer sur une série courte, mais là, il y a 23 tomes, et je me connais, j'ai du mal avec les séries qui dépassent déjà les 10 tomes.
Donc non, je ne suis jamais allée à la fin.
Mais comme mon déménagement est aussi l'occasion de retrouver des séries qui dormaient depuis plus ou moins longtemps sur mes étagères, et de faire du classement, c'est donc parti pour les deux premiers tomes de Nodame.

Tome 1: On rencontre Chiaki Shinichi, la vingtaine, étudiant brillant en piano dans un conservatoire de Tôkyô. Une belle carrière s'offre à lui, avec l'opportunité d'aller finir ses études en Europe, dans le domaine qui l'intéresse vraiment: la direction d'orchestre. Mais il ne peut pas partir, car il est atteint d'une phobie des transports qui le coince au Japon, incapable de se décider à prendre l'avion ou le bateau.
Chiaki donc se morfond, et se dispute un peu avec tout le monde : son prof de piano psychorigide, son ex petite amie qui ne comprend vraiment pas comment on peut passer à côté d'une chance pareille.
Suite à une soirée bien arrosée pour oublier, notre loser s'écroule, rond comme une queue de pelle devant la porte de sa voisine, qui comme par hasard est aussi étudiante en piano dans le même conservatoire.
( aparté: bon je veux bien que le conservatoire soit grand, et que les élèves d'années différents ne s'y croisent pas forcément, mais en général quand on est musicien et qu'on a un voisin ou une voisine qui l'est aussi, on s'en rend un minimum compte un peu plus tôt. Même quand on n'est pas musicien soi même d'ailleurs. )
Megumi Noda, Nodame pour tout le monde - je ne sais pas si ce surnom a une signification particulière d'ailleurs - est donc aussi pianiste. Aussi peu concentrée que Chiaki est perfectionniste sur un point de vue musical, et aussi bordélique et souillon que lui est organisé et soigneux.
Et quand je dis souillon, c'est encore en dessous de la vérité: elle vit dans une porcherie, entasse de la bouffe périmée depuis des années, des cartons vides dans l'appart et des poubelles sur le balcon
(et la aussi, point numéro2: comment a-til pu ne jamais se rendre compte que sa voisine amassait des ordures sur le balcon depuis des années . non, il faut qu'il fasse d'abord connaissance pour se rendre compte que " la vache, c'est quoi qui pue?", avant de voir la montagne de déchets. Et elle ne vient pas d'emménager, puisqu'elle a un plat qui moisit dans une casserole depuis un an. allez, ça n'est pas mentionné, mais supposons que lui vient d'emménager depuis quelques jours, je ne vois que ça pour expliquer cette faille temporelle)
Donc une SDF d'intérieur et un maniaque de la propreté, une laxiste et un perfectionniste. Voui, vous voyez venir le truc.
Mais du coup, corollaire à tout ça , Nodame a une qualité que Chiaki n'a pas: une liberté d'interprétation, un ressenti qui manque à quelqu'un qui est cloué à la partition.
Le tout associé à une prodigieuse mémoire auditive qui compense sa faiblesse en lecture de partition, Nodame a en fait un potentiel qui ne s'exprime pas par manque de rigueur. Chose qui n'échappe pas au prof de piano de Nodame qui décide que faire travailler le meilleur et le cas désespéré en duo ne peut que profiter aux deux. Nodame pourra apprendre à travailler avec plus de rigueur, et Chiaki, avec plus de souplesse.
Pas de chance pour le pauvre Chiaki, qui non content de devoir subir les agressions olfactives de sa voisine, et sa tendance envahissante, doit aussi la supporter an cours. Faut dire qu'elle n'a pas seulement un grain, mais tout un épi, et s'imagine déjà être la petite amie de celui qu'elle colle à tout bout de champ, bien qu'il l'envoie bouler régulièrement.Mais Nodame est typiquement la fille qui revient par la fenêtre quand on la vire par la porte.

Ce duo, qui aurait vite tourné en rond est rejoint par Mine, violoniste un peu punk, qui hésite entre le jazz, le rock et la musique classique. Lui a un troisième problème: il voudrait bien laisser de côté tout le côté technique qui le handicape pour jouer librement selon son inspiration, mais en même temps, n'arrive pas à en faire abstraction. Un problème à mi chemin des deux autres donc.
Je l'aime bien lui, avec ses vagues airs de Nigel Kennedy

Tome 2: arrivée d'un troisième larron, Masumi le percussionniste, qui pourrait être drôle  s'il n'était pas cliché ( je m'explique, c'est l'obligatoire personnage homosexuel.. qui est bien sûr traité sans subtilité , avec des gags usés sur la thématique grande folle. Dommage, parce que le trio de relou Nodame, Mine et Masumi qui colle aux basques du pauvre Chiaki.
Là dessus arrive encore un autre cinglé: un nouveau prof de direction d'orchestre venu d'Europe. Chance pour Chiaki qui va pouvoir réaliser son rêve sans devoir prendre un moyen de transport... sauf que Franz, le nouveau venu, le déteste cordialement: Chiaki admire depuis toujours un autre chef d'orchestre que justement Franz déteste. Donc s'il déteste le maître il d'éteste le disciple c'est aussi simple que ça.
Ajoutons à ça que Franz, célèbre et réputé, la classe européenne est en réalité un coureur de jupons patenté , mais tendance Tortue Géniale ou Happosai ( pour ceux qui connaissent ces références. Pervers Pépère marche aussi)

Donc dans l'absolu, un manga qui ne m'a pas convaincue ( je dois avoir je crois les 4 tomes suivants quelque part). L'idée de départ était pas mal, mettant la musique classique en avant, avec un contexte humoristique barré. Mais il est dommage que dès le tome 2, ça vire au sentimental sans grand intérêt, et de mémoire, ça continue dans les tomes suivants: le running gag de Nodame qui est une diogène, et plus généralement le contexte délirant finit vite par s'effacer au profit d'un ou de plusieurs triangles amoureux pas très intéressants.
Donc une série pas très réussie de mon point de vue, parce que ses défauts prennent vite le pas sur ses qualités. Je n'irais probablement pas au bout des 24 tomes, ou alors pas dans le format papier, peut être en format numérique qui ne prend pas de place sur les étagères. Ou alors je tenterai peut être l'adaptation animée ou série TV, histoire de voir si l'approche visuelle gomme un peu les côtés qui me déplaisent. Ou en élaguant un peu les passages pas indispensables, pour concentrer l'action.

Sur un sujet voisin " cadre scolaire + musique", la série Sound Euphonium! était plus intéressante, on retrouve l'idée d'une école de musique c'est vrai, le sujet était moins axé humour à la base, et se concentrait sur les difficultés propres aux musiciens, leurs rivalités musicales, et le fait de devoir malgré tout jouer en groupe et faire la part des choses. En tout cas, il n'était pas plombé par de multiples triangles amoureux,ce qui est souvent ce que je reproche aux mangas.. on va dire " non-action", je ne veux pas débattre des classifications shojô ( il y a en a sans triangle amoureux lourdingue), shônen ( il y a aussi des manga d'action qui délayent sur des problèmes relationnels par forcément bien amenés) et tout le toutim. Je n'ai rien non plus contre une histoire ouvertement sentimentale, si c'est son propos de base.
 J'ai retrouvé sur mes étagères " love me tender" - avec un titre pareil, je sais à quoi m'attendre, un josei qui parle de problèmes relationnels en général, plus " tranches de vie"  et qui était assez réussi de mémoire  ( tiens quelque chose à relire au passage, il me semble qu'il me manque le dernier tome d'ailleurs). Mais voilà j'ai vraiment du mal avec les choses qui manquent de rigueur et perdent leur sujet de départ de vue, surtout aussi tôt dans l'intrigue.

Et si j'ai déjà cette impression au bout de 2 tomes sur 23, je sens que le délayage va arriver bien vite. Et que ça va tourner en rond.

Malgré tout ça reste un manga plutôt sympa à lire, mais lorsqu'on a juste envie de ne pas se prendre la tête. voilà, à aborder dans cette optique: sympa, drôle assez souvent quoiqu'un peu relou, et sans grande ambition.