mardi 21 juin 2016

Nodame cantabile T. 1 et 2 - Ninomiya Tomoko

C'est la fête de la musique, et tiens, si je marquais le coup en ressortant quelques sujets musicaux ( bon oui, la fête de la musique va donc durer plusieurs jours chez moi, en fait, elle est même permanente)

Nodame Cantabile est un manga que j'ai découvert par hasard en 2007 en fouinant une librairie au Japon. Il n'était pas alors paru en France, et je m'étais promis d'y jeter un oeil s'il venait à être traduit.
Oui parce que les couvertures m'ont attiré l'oeil: on y voit une même fille y jouer de différents instruments de l'orchestre: piano, flûte, trombone, violon... basson, aheum...

Et c'est une série que comme beaucoup d'autres, j'ai commencé, sans jamais la terminer, pour plusieurs raisons: d'abord par manque de place, comme toujours, ensuite parce que le sujet "Musique classique+ humour" a vite dérivé en "musique classique + histoires sentimentales". Ce qui est d'autant plus gênant qu'on devine dès le chapitre 1 comment ça va se finir: si un scénario oppose deux personnages diamétralement dès le début; c'est pour qu'il se casent ensemble à la fin.
 Le procédé est connu et vaut pour tout média: romans, BD, films, séries.... A tel point que lorsque ça n'est pas le cas, j'applaudis des deux mains parce que le scénario se montre un peu moins basique que ce que je craignais.

Ca peut passer sur une série courte, mais là, il y a 23 tomes, et je me connais, j'ai du mal avec les séries qui dépassent déjà les 10 tomes.
Donc non, je ne suis jamais allée à la fin.
Mais comme mon déménagement est aussi l'occasion de retrouver des séries qui dormaient depuis plus ou moins longtemps sur mes étagères, et de faire du classement, c'est donc parti pour les deux premiers tomes de Nodame.

Tome 1: On rencontre Chiaki Shinichi, la vingtaine, étudiant brillant en piano dans un conservatoire de Tôkyô. Une belle carrière s'offre à lui, avec l'opportunité d'aller finir ses études en Europe, dans le domaine qui l'intéresse vraiment: la direction d'orchestre. Mais il ne peut pas partir, car il est atteint d'une phobie des transports qui le coince au Japon, incapable de se décider à prendre l'avion ou le bateau.
Chiaki donc se morfond, et se dispute un peu avec tout le monde : son prof de piano psychorigide, son ex petite amie qui ne comprend vraiment pas comment on peut passer à côté d'une chance pareille.
Suite à une soirée bien arrosée pour oublier, notre loser s'écroule, rond comme une queue de pelle devant la porte de sa voisine, qui comme par hasard est aussi étudiante en piano dans le même conservatoire.
( aparté: bon je veux bien que le conservatoire soit grand, et que les élèves d'années différents ne s'y croisent pas forcément, mais en général quand on est musicien et qu'on a un voisin ou une voisine qui l'est aussi, on s'en rend un minimum compte un peu plus tôt. Même quand on n'est pas musicien soi même d'ailleurs. )
Megumi Noda, Nodame pour tout le monde - je ne sais pas si ce surnom a une signification particulière d'ailleurs - est donc aussi pianiste. Aussi peu concentrée que Chiaki est perfectionniste sur un point de vue musical, et aussi bordélique et souillon que lui est organisé et soigneux.
Et quand je dis souillon, c'est encore en dessous de la vérité: elle vit dans une porcherie, entasse de la bouffe périmée depuis des années, des cartons vides dans l'appart et des poubelles sur le balcon
(et la aussi, point numéro2: comment a-til pu ne jamais se rendre compte que sa voisine amassait des ordures sur le balcon depuis des années . non, il faut qu'il fasse d'abord connaissance pour se rendre compte que " la vache, c'est quoi qui pue?", avant de voir la montagne de déchets. Et elle ne vient pas d'emménager, puisqu'elle a un plat qui moisit dans une casserole depuis un an. allez, ça n'est pas mentionné, mais supposons que lui vient d'emménager depuis quelques jours, je ne vois que ça pour expliquer cette faille temporelle)
Donc une SDF d'intérieur et un maniaque de la propreté, une laxiste et un perfectionniste. Voui, vous voyez venir le truc.
Mais du coup, corollaire à tout ça , Nodame a une qualité que Chiaki n'a pas: une liberté d'interprétation, un ressenti qui manque à quelqu'un qui est cloué à la partition.
Le tout associé à une prodigieuse mémoire auditive qui compense sa faiblesse en lecture de partition, Nodame a en fait un potentiel qui ne s'exprime pas par manque de rigueur. Chose qui n'échappe pas au prof de piano de Nodame qui décide que faire travailler le meilleur et le cas désespéré en duo ne peut que profiter aux deux. Nodame pourra apprendre à travailler avec plus de rigueur, et Chiaki, avec plus de souplesse.
Pas de chance pour le pauvre Chiaki, qui non content de devoir subir les agressions olfactives de sa voisine, et sa tendance envahissante, doit aussi la supporter an cours. Faut dire qu'elle n'a pas seulement un grain, mais tout un épi, et s'imagine déjà être la petite amie de celui qu'elle colle à tout bout de champ, bien qu'il l'envoie bouler régulièrement.Mais Nodame est typiquement la fille qui revient par la fenêtre quand on la vire par la porte.

Ce duo, qui aurait vite tourné en rond est rejoint par Mine, violoniste un peu punk, qui hésite entre le jazz, le rock et la musique classique. Lui a un troisième problème: il voudrait bien laisser de côté tout le côté technique qui le handicape pour jouer librement selon son inspiration, mais en même temps, n'arrive pas à en faire abstraction. Un problème à mi chemin des deux autres donc.
Je l'aime bien lui, avec ses vagues airs de Nigel Kennedy

Tome 2: arrivée d'un troisième larron, Masumi le percussionniste, qui pourrait être drôle  s'il n'était pas cliché ( je m'explique, c'est l'obligatoire personnage homosexuel.. qui est bien sûr traité sans subtilité , avec des gags usés sur la thématique grande folle. Dommage, parce que le trio de relou Nodame, Mine et Masumi qui colle aux basques du pauvre Chiaki.
Là dessus arrive encore un autre cinglé: un nouveau prof de direction d'orchestre venu d'Europe. Chance pour Chiaki qui va pouvoir réaliser son rêve sans devoir prendre un moyen de transport... sauf que Franz, le nouveau venu, le déteste cordialement: Chiaki admire depuis toujours un autre chef d'orchestre que justement Franz déteste. Donc s'il déteste le maître il d'éteste le disciple c'est aussi simple que ça.
Ajoutons à ça que Franz, célèbre et réputé, la classe européenne est en réalité un coureur de jupons patenté , mais tendance Tortue Géniale ou Happosai ( pour ceux qui connaissent ces références. Pervers Pépère marche aussi)

Donc dans l'absolu, un manga qui ne m'a pas convaincue ( je dois avoir je crois les 4 tomes suivants quelque part). L'idée de départ était pas mal, mettant la musique classique en avant, avec un contexte humoristique barré. Mais il est dommage que dès le tome 2, ça vire au sentimental sans grand intérêt, et de mémoire, ça continue dans les tomes suivants: le running gag de Nodame qui est une diogène, et plus généralement le contexte délirant finit vite par s'effacer au profit d'un ou de plusieurs triangles amoureux pas très intéressants.
Donc une série pas très réussie de mon point de vue, parce que ses défauts prennent vite le pas sur ses qualités. Je n'irais probablement pas au bout des 24 tomes, ou alors pas dans le format papier, peut être en format numérique qui ne prend pas de place sur les étagères. Ou alors je tenterai peut être l'adaptation animée ou série TV, histoire de voir si l'approche visuelle gomme un peu les côtés qui me déplaisent. Ou en élaguant un peu les passages pas indispensables, pour concentrer l'action.

Sur un sujet voisin " cadre scolaire + musique", la série Sound Euphonium! était plus intéressante, on retrouve l'idée d'une école de musique c'est vrai, le sujet était moins axé humour à la base, et se concentrait sur les difficultés propres aux musiciens, leurs rivalités musicales, et le fait de devoir malgré tout jouer en groupe et faire la part des choses. En tout cas, il n'était pas plombé par de multiples triangles amoureux,ce qui est souvent ce que je reproche aux mangas.. on va dire " non-action", je ne veux pas débattre des classifications shojô ( il y a en a sans triangle amoureux lourdingue), shônen ( il y a aussi des manga d'action qui délayent sur des problèmes relationnels par forcément bien amenés) et tout le toutim. Je n'ai rien non plus contre une histoire ouvertement sentimentale, si c'est son propos de base.
 J'ai retrouvé sur mes étagères " love me tender" - avec un titre pareil, je sais à quoi m'attendre, un josei qui parle de problèmes relationnels en général, plus " tranches de vie"  et qui était assez réussi de mémoire  ( tiens quelque chose à relire au passage, il me semble qu'il me manque le dernier tome d'ailleurs). Mais voilà j'ai vraiment du mal avec les choses qui manquent de rigueur et perdent leur sujet de départ de vue, surtout aussi tôt dans l'intrigue.

Et si j'ai déjà cette impression au bout de 2 tomes sur 23, je sens que le délayage va arriver bien vite. Et que ça va tourner en rond.

Malgré tout ça reste un manga plutôt sympa à lire, mais lorsqu'on a juste envie de ne pas se prendre la tête. voilà, à aborder dans cette optique: sympa, drôle assez souvent quoiqu'un peu relou, et sans grande ambition.

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