mardi 15 août 2017

owarimashita!

Hé oui, ça y est c'est fini le mois o-bon...


Et je suis loin d'en avoir fini de mon côté: un manga en cours de découverte, une autre série d'animation en cours de visionnage, et par dessus ça, un facétieux sylvain qui vient de me prêter une histoire de fantôme.

Au revoir!

Mais c'est le jeu, et le mois o-bon se clôture aujourd'hui officiellement. Officiellement, hein...

Pas de souci si vous avez encore des billets en retard ou que vous avez oublié de me les envoyer, je sais que ce sont les vacances, donc rajoutez les en commentaire à ce sujet.

En tut cas un grand MERCI aux participants qui ont bravé l'été et la canicule pour apporter leur participation à ce petit challenge encore confidentiel, mais qui grandit d'année en année!

Voici donc le récapitulatif ce 15 août

Récapitulation:

ICI
on chasse les ogres (ou on est pourchassé par eux): Ao Oni
on exorcise les mauvais esprits avec style: Mononoke 
on picole, on fume et on fait de la voyance XXXholic tomes 1 à 9
on écoute le conteur des rues et son petit théâtre de l'horreur: Yamishibai saison 4 
on espère flipper, mais on rigole plus qu'autre chose: Ju-on ( film, 2000)
on flippe, mais pas à cause des spectres: Kurayami Gatari 1 ( Drama CD)on tente de vivre en harmonie avec les créatures invisibles: Mushishi tome 1

Chez Lou

Chez Ma Petite Médiathèque
Présentation du challenge
Les yôkai de maître Hokusai
Manga, Yokai et douceur ( parce que Yokai et Kawaii ne sont pas incompatibles!)


Chez Pativore

Chez Curiosa tempora
Un fantôme jaloux hante les estampes: Seigen
Les spectres de Yoshitoshi s'exposent au musée Ota

chez Mes Madeleines
c'est cinéma:
Histoires de fantômes japonais ( film)
Kaibyô otama ga ike (film)
La lanterne Pivoine ( film)
et lecture
Le miroir aux sortilèges ( lecture jeunesse) - N. Zimmerman
Contes cruels du Japon (BD) -JD Morvan et  SAITO N.


Je suis assez contente de mon mois fantastique: 3 séries animées, un film, 2 manga ( plus un non chroniqué) et un drama CD ( ça c'est la nouveauté de l'année).

Un méga coup de coeur pour Mononoke, une déception avec Ju-on, et des titres de films vintage pour le challenge Halloween de cet automne ou le prochain mois o-bon. J'ai aussi repéré l'édition française de Flying witch ( j'ai parlé de la série animée, mais le manga est en cours de parution ici), et j'ai encore des tas de choses à voir/lire en stock.

Parce que après tout, l'an prochain, c'est la 4° année, et le 4 étant un chiffre qui porte malheur au Japon ( il y a beaucoup d'homophones, 4 se prononce Shi comme le mot " mort". Au quotidien, les gens vont choisir "yon" lecture alternative de 4, pour éviter cette sonorité déplaisante)

et je réfléchis déjà à qui va venir enrichir ma galerie de monstres l'an prochain

Mais déjà rendez vous en octobre- novembre, parce qu'il n'est pas imaginable de passer un mois halloween sans au moins un sujet Made In Japan

lundi 14 août 2017

Mushishi ( tome 1) - Urishibara Yuki

Et je continue à explorer les recoins oubliés de mes étagères pour ressortir une énième série que j'ai mise en pause faute à l'époque d'argent et de place.

Mushishi, est un manga qui a 10 ans tout pile ( en France, il date de 2000 au Japon), mais j'avais d'abord découvert la série animée qui en était tirée, avec un générique qui rappelle un peu Simon And Gafunkel. L'animé est à cette image, un condensé de coolitude un peu hippie, hop, pieds nus dans la verdure, donc j'avais bien aimé.

J'y ai repensé en regardant Mononoké, on y retrouve un personnage solitaire qui se déplace avec une grande boîte dans le dos à la recherche de créatures plus ou moins fantastique, mais c'est à peu près le seul point commun.
Autant Mononoke a une approche très coloré, très baroque et quelques scènes d'actions, autant là, on est dans les teintes pastel, et l'introspection.



L'énigmatique héros se nomme Ginko, et va de lieu en lieu pour aider les gens à résoudre leurs problèmes de Mushi, en échange d'artefacts produits par ces créatures étrange ( encore une différence avec L'apothicaire, Ginko a une raison disons commerciale d'utiliser ses talents, et revend à un antiquaire les artefacts qu'il récupère)
Ginko est un mushishi, un expert des mushi ( le terme existe en japonais moderne, sous cette forme: 虫.Il signifie tout simplement "insecte", ou plus générale " petite bête, bestiole", et sert de clé pour construire d'autres kanji liés à cette idée, des variétés d'insectes, des escargots, des araignées.. des bestioles, donc!)

Mais ces petites bêtes là ne sont pas exactement les mêmes que celles étudiées par Jean-Henri Fabre ( qui limite plus connu au Japon qu'en France de nos jours), mais des entités primitives. Pas vraiment des yôkai, même si leurs manifestations dans le monde humain y ressemble beaucoup, là on est vraiment dans la pensée animiste chère au Shinto. Les mushi de l'histoire sont des créatures si primitives qu'elles dépassent le classement entre animal et végétal. Presque simplement des manifestations énergétiques le principe même de la Vie ( oui, on est à ce niveau là de métaphysique dans ce manga!)


Mais évidemment ce genre de manifestations peut causer des soucis au quotidien aux humais qui les subissent, allant du simple inconfort ( la première histoire met en scène un garçon dont les dessins prennent vie indépendamment de sa volonté, et qui, pour ne pas renoncer à sa passion, vit isolé, afin de ne pas avoir à subir les questions du monde entier), à de réels problèmes de santé lorsque les mushi parasitent les gens ( on a un village entier dont les habitants deviennent sourds, leurs oreilles sont parasitées par des mushi qui se nourrissent de sons, ou au contraire, par d'autres qui se nourrissent de silence, rendant la vie impossible à leurs infortunées victimes qui vient dans un bruit permanent à en devenir dingues, puisque le silence est absorbé:il leur pousse sur le frnt des cornes qui captent et amplifient tous les bruits;
une autre histoire met en scène une petite fille devenue hypersensible à la lumière car ses yeux sont aussi parasités par un mushi. Oui, ces deux histoires sont un peu écoeurantes..)

Parfois, les choses peuvent être encore plus tragique, comme l'histoire de l'homme qui rêve de catastrophes, lesquelles se réalisent. Le village le remercie de ses rêves prémonitoires qui leur permet d'échapper aux catastrophes, mais c'est l'inverse qui se produit, ses rêvent créent les catastrophes; Et là encore, c'est un mushi qui en est responsable.

Donc débarrasser les gens de ces désagréments est nécessaire, mais pas n'importe comment. On l'a dit, les mushi sont un principe vital, on ne se débarrasse pas d'un principe vital, et s'il est impossible de vivre avec, on essaye juste de limiter les dégâts ou de le renvoyer à la nature qu'il n'aurait pas du quitter.
Car en plus d'être philosophique et métaphysique, ce manga est écologiste.


Je m'aperçoit que même s'il m'a plu, je l'avais aussi mis en suspens parce qu'il me manquait des clés pour le comprendre. L'adaptation animée simplifiait les choses et était moins dure à suivre. Là, il y a beaucoup de non-dit, qui me paraissent maintenant plus clairs, en m'étant penchée sur la pensée shito et le fantastique asiatique.
Par exemple, et c'est vraiment un truc de base, les mushi qui parasitentles oreilles sont appellés les "Unn" pour ceux qui mangent les sons et les "A" pour ceux qui mangent le silence.

Ne connaissant à l'époque pas ce détail, ce n'est qu'à la relecture que j'ai tilté, parce que j'ai depuis VU des temples. Les statues de gardiens à l'entrée ( que ce soit des chiens lions, des renards, ou des personnages divins..) sont toujours deux, l'un avec la bouche ouverte, l'autre avec la bouche fermée.




Celui qui a la bouche ouverte dit "A" ( premier son dans le classement syllabaire japonais), celui qui a la bouche fermée dit " nnnn"( dernier son dans le classement syllabaire, et seule consonne isolée du japonais). Un peu comme en grec lorsqu'on parle de "l'alpha et l'Omega" pour évoquer quelque chose du début à la fin.
Sympa non?
On va plus loin?
Et si je vous disais que c'est tiré d'une tradition qui est loin d'être cantonnée au Japon?
A+UNN ( enfin, un u nasalisé), c'est le AUM sanskrit, qui est justement la vibration vitale, le son primordial.

Je ne remercierait jamais assez Tadashi, notre guide lors d'un voyage au Japon qui a attiré mon attention sur ce fait, et m'a involontairement, des années plus tard, permis de voir ce détail qui m'avait échappé lors de ma lecture.

Je crois que l'auteur de ce manga touche vraiment sa bille en matière de spiritualité orientale ( et pourtant dans ses explications, les pages rajoutées en fin de manga pour l'édition reliée, elle explique ne pas être du tout superstitieuse ni spécialement versée en religion).

Donc oui, techniquement, je dirais que ce manga a un côté animiste qui me plait beaucoup ( le mais de la dernière histoire est présenté comme une entité mouvante, liquide, sans conscience, mais animée d'une vie indépendante). Autant je suis loin d'être branchée par les religions européennes et le monothéisme ( ça m'a toujours paru trop " simple", trop "facile"), autant vous l'aurez compris j'adore tout ce qui touche à la mythologie, aux légendes, et la pensée bouddhiste ou shinto me parle beaucoup, mais alors beaucoup plus. Sans aller jusqu'à devenir croyante ou pratiquante, je suis certaine que considérer un peu plus la nature et les plantes, le vivant dans son intégralité, sans faire de gradation entre végétal et animal ne peut être que bénéfique.


Note perso:c'est d'ailleurs sur ces considérations que non, je ne suis pas végétarienne, même si j'ai par goût plutôt tendance à manger du végétal.
Je fais gaffe à la souffrance animale, et à consommer des choses qui font le moins souffrir possible, des oeufs de poules élevées en plein air par exemple, ou du fromage de vaches qui paissent dans un pré, mais je ne fais pas de distinguo entre une vie animal " supérieure" et une vie végétale qui serait "inférieure". On ne peut pas vivre sans que ce soit au détriment d'une autre vie, quelle qu'elle soit, on peut seulement faire attention à limiter son impact sur la nature, en essayant de ne pas faire n'importe quoi. Qui, par ricochet, nous affecterait aussi, on ne couvre pas impunément des champs entiers de pesticides sans que ça ne nous retombe un jour sur la tronche.

Je pense que c'est un peu le message que veut faire passer ce manga:la vie en harmonie avec la nature n'est pas toujours possible, c'est même souvent une utopie, mais le combat acharné pour lui imposer un point de vue humain est perdu d'avance. Il faut donc trouver un juste milieu pour que les deux parties y trouvent à peu près leur compte. Mais toujours en agissant avec respect.

A vous de voir si ce discours écolo et philosophique vous parle, parce que là, on est loin d'une série de baston contre les monstres. Oui, c'est lent, il y a peu d'action;le graphisme est esquissé et c'est contemplatif. Et ça fait du bien!
au pire, je vous conseillerai plutôt l'animation qui est de mémoire plus abordable au novice.

pas de fantômes cette fois, juste du fantastique teinté de philosophie.



mercredi 9 août 2017

kurayami gatari 1 ( drama CD)

Me revoici avec très logiquement une histoire de fantôme.

Après les séries animées, le film, le manga, j'ai eu envie d'essayer le support audio. Et ça va me donner l'occasion de parler d'un support que j'ai découvert assez récemment, je l'avoue.
Et donc en fouillant le net, j'ai fini par trouver un drama CD horrifique avec traduction en anglais. Oui je m'excuse , il va encore une fois en passer par là.

Pourquoi?

Petit aparté pour les drama CD, je connaissais vaguement, sans plus, c'est une chose qui n'existe pas du tout chez nous. Du coup, a priori, pas de marché à l'étranger contrairement aux romans, mangas, films, etc.. donc les seules traductions trouvables sont celle faites de manière amateur, donc, évidemment illégales, et qui pour cette raison peuvent disparaître du jour au lendemain (enfin, pas la traduction elle même, mais l'ensemble support audio +traduction).

Donc , un drama CD, quoi qu'est-ce? Les choses les plus proches sous nos latitudes seraient les pièces radiophoniques, les saga mp3 ou les livres audio.
Une histoire racontée et jouée sur support CD.

La pièce radiophonique et la saga mp3 sont les plus proches, dans le sens où il s'agit d'un texte écrit ou adapté POUR la diffusion audio, où seul le mode de diffusion diffère, puisque sur CD, achetable dans le commerce. Le livre audio a commencé sur support cassettes et CD, mais le texte est souvent une lecture d'un livre d'abord édité en version papier.

Donc, là on a quelque chose un peu entre les deux.

Est-ce que ça se vend encore? Absolument, au Japon. Alors que le support CD est quasiment passé de mode chez nous, il y a toujours un marché là bas, peut-être de niche, mais réel.
Il y a donc, comme pour d'autres médias une possibilité infinie de textes et de sujets, du plus banal au plus pointu.

Mais coup de théâtre, il y a quelques années quelqu'un a eu l'idée d'inventer le micro 3D (je sais, on va me dire que l'enregistrement stéréo existe depuis longtemps, là c'est un peu différent, il ne s'agit pas de plusieurs micros dans une pièce, mais d'un micro posé devant le narrateur ou la narratrice, ou les acteurs, qui se déplacent autour autour d'un micro muni de zones qui vont correspondre aux deux oreilles de l'auditeur, ou à l'arrière ou en face..
Le résultat à l'écoute est saisissant: pour peu que l'enregistrement soit écouté avec un casque audio, on a réellement l'impression que quelqu'un vous chuchote quelque chose à l'oreille.
Autant dire quelque chose d'idéal pour les histoires de trouille ( imaginez, dans le noir, les bruits de pas dans votre dos, quelqu'un s'approche, s'approche, une voix fantomatique ou un rire possédé qui se fait soudainement entendre près de votre oreille gniiihiiihiiii)

Bon évidemment, comme on est au Japon, il y a un autre domaine qui a vite flairé le potentiel de ce genre d'enregistrements, et c'est, bien entendu, tout ce qui relève de l'érotisme ou du porno.

Donc attention: cette histoire de fantômes possède deux moments, courts, mais qui mettent particulièrement mal à l'aise: il est question à deux reprises d'agression sexuelle, et même si ça se justifie dans le contexte, pour le coup, l'impression d'avoir un pervers qui vous bave dans les esgourdes, et s'apprête à vous coincer contre un mur, c'est proprement terrifiant, bien plus que les grincements et rire de spectres.

Je suppose qu'il y a des gens qui doivent trouver ça émoustillant, pour moi, c'est loin d'être le cas, on est plutôt sur de l'angoisse et une vague nausée à entendre un bruit un peu écoeurant de salingue qui bave. Mission accomplie pour une histoire flippante vous me direz!

M'enfin, lorsque le narrateur interrompt en disant " je n'irais pas plus loin, vous vous connaissez de la suite", j'ai quand même dit, moi, à haute voix: " oui, merci, merci de m'épargner ça, je préfère, je m'en passerai sans problème"!
Et pourtant, j'étais en ligne sur Youtube, en train de lire les sous-titres, donc pas le plus idéal pour l'immersion, je n'ose même pas imaginer l'effet lorsque quelqu'un qui parle couramment la langue l'écoute.

Mais hormis ces deux passages glauques, car là, le réalisme est un chouïa de trop...le reste est plutôt sympa.

Le sujet:dans les années 20, une femme (on ne saura son nom qu'à la toute fin) se rend chez un conteur un peu particulier. Elle se sent possédée par des mauvais esprits, et le conteur est un médium, capable de désenvouter ses clients en mettant au jour l'histoire du spectre qui les hante. Car ce que le spectre veut, quelque part, c'est qu'on connaisse son histoire, qu'elle soit dite à haute voix, ce seul fait pourra le libérer ( et dans le cas présenté malheureusement, c'est lié à deux affaires d'abus sexuel, des meurtres , des abandons familiaux, etc.Tu m'étonnes que le spectre est coriace...)

J'aime bien la voix du narrateur, goguenarde, nonchalante, parfois presque moqueuse. L'histoire qu'il raconte est entrecoupée de saynètes dialoguées du passé, le tout réalisé par le même acteur ( oui, même le cochon baveur... je pense que même pro, il lui a probablement fallu plusieurs prises, si c'est embarrassant à écouter, ça du l'être tout autant à jouer, j'imagine d'ici le type lécher le micro comme une grosse glace. Oui comme ça de suite, c'est moins flippant.)

Mais, rassurez-vous, spoiler, tout ça: les pervers qui bavent vont payer pour ce qu'ils ont fait!

Donc, dans l'absolu, ça m'a bien plu, surtout le fait de pouvoir écouter un texte en VO, avec sous-titres, c'est toujours intéressant lorsqu'on apprend la langue. Je sais qu'il y a des suites, je ne sais pas par contre si j'aurais un jour l'occasion de les écouter, si quelqu'un les aura traduites et mises en ligne, car soyons honnêtes, ce n'est pas franchement quelque chose qui passera les frontières autrement qu'en piratage.

M'enfin dans ce cas là, j'ai envie de dire " un peu plus de hurlements démoniaques et un peu moins de bave, SVP!"

Si vous voulez tenter le coup, c'est ici. Ne vous focalisez pas sur la première piste, forcément un peu bancale, car on plante le décor et on intègre un peu comme on peut une explication sur la meilleure manière d'écouter l'histoire, au cas où l'auditeur/trice ne serait pas habitué/e aux enregistrements 3D.
En tout cas, je reconnais que la technique a un potentiel intéressant.. je me demande s'il y a des histoires policières ou SF enregistrées comme aussi, tiens...
(heu quoique, oubliez cette dernière suggestion, on est au Japon, ça dériverait vite du genre enlèvement par des extra-terrestres chelous pleins de tentacules)


C'est parti, avec l'inévitable pochette type shojô manga ( ce qui est assez cocasse vu le contenu tout sauf mignonnet, mais bleu-vert-mauve, ce sont mes couleurs favorites)



samedi 5 août 2017

Ju-on (film, 2000)

Et voilà, après The Ring et Dark water, il était temps que je regarde le 3 célèbre film d'épouvante japonais

Ce n'est plus un film de Nakata Hideo, adapté d'une nouvelle de Suzuki, mais c'est Shimizu Takashi le réalisateur.

je n'ai pas trouvé l'affiche originale, mais l'affiche internationale se fout déjà bien de nous en jouant sur les mots: " par le même directeur que The Ring". Mais attention, le réalisateur n'est PAS  le même

Et, ça me peine de dire ça, mais on sent de suite la différence, dans la manière d'installer la tension et le mystère. Et Shimizu n'est pas aussi doué que son compatriote, avec pourtant une base similaire: une histoire de hantise, une ou plutôt deux fantômes bien décidés à en découdre et à faire crever de trouilel le maximum de gens.

Tout commence dans le vif du sujet, par un meurtre.dès la séquence d'ouverture, un homme tue sa femme, et son chat sous les yeux de son fils de 5 ou 6 ans. On ne saura pas ce qu'il advient de l'enfant, en tout cas, pas de suite.

Hop séquence suivante, intitulée Rika: Rika, bénévole d'un centre social, vient à la place d'un collègue voir ce qui se passe dans une maison apparemment abandonnée. Il y règne une pagaille monstres,  il malgré les nombreuses paires de pantoufles dans l'entrée qui semble indiquer que plusieurs personnes y habitent, Rika n'y trouve que madame Tokunaga, une vieille dame prostrée et quasiment invalide, qui ne peut pas elle seule avoir mis un pareil désordre,y compris à l'étage. L'étage d'où proviennent d'étranges bruits. Evidemment, on miaule, le coup classique c'est un chat. Mais il y a aussi des grattement qui viennent d'un placard, fermé au rubaun adhésif. Lorsqu'elle l'ouvre, elle y trouve enfermé un petit garçon, visiblement maltraité, et fait ce qu'elle doit faire, appeler les services sociaux, pour leur signaler la présence de celui qui dit s'appeler Toshio. Au même moment, elle aperçoit une inquiétante forme brumeuse et noire qui s'attaque à la mamie. qu'arrive -t-il a Rika? On ne le saura pas, enfin pas tout de suite..
Vous le sentez venir le problème majeur du film?

logique de film de trouille: si tu es dans un endroit chelou et que tu entends des bruits au grenier, la seule chose à faire est d'aller y voir avec pour seule arme une lampe de poche ( on sait pas, ça pourrait aussi bien être des bandits armés en cavale, ou des assassins bien vivants, rien de dangereux donc)

Hop séquence suivante: deux personnes arrivent dans la maison, le fils de la dame et sa belle file et... KWA? ils arrivent et ne constatent rien d'anormal? Mamie vient d'être attaquée par un monstre il y a 2 minutes...
Hé non, parce que faut le deviner, mais le film est découpé en séquences, portant chacune le nom du personnage qui va être hanté ou au moins voir le fantôme, mais elles sont dans le désordre. La Séquence précédent se passe en fait après la suivante, où le reste la famille découvre que leur maison est hantée. La belle fille meurt de trouille, le fils fait dégager sa soeur Hitomi qui venait dîner et part cacher le cadavre de sa femme dans le grenier avant de se suicider.

C'est donc maintenant Hitomi qui va être hantée jusque chez elle par des fantômes visiblement très collants, capables de téléphoner et d'imiter la voix de son frère, son apparence, de sonner aux portes, et de détraquer la télé.
Et Rika: après son appel, les services sociaux font intervenir la police, et on la trouve prostrée aux pieds de la vieille dame morte ( de peur!)

Enquête pour retrouver donc l'équipe de police qui avait enquêté 6 ans plus tôt sur le meurtre de Saeki Kayako par son mari et sur la disparition de toujours non élucidée de leur fils Toshio
Attention spoiler: il est mort.
Ben oui, il a toujours l'apparence d'un enfant de 5 ans et il est bien blanc quand même... enfin pas toujours.

Donc vous l'aurez compris, le problème majeur, c'est la forme en saynètes qui coupe complètement le rythme, là où au contraire, il faut prendre le temps d'installer une ambiance. Et là où les deux films de Nakata réussissaient leur pari avec un budget pourtant limité. Mais non, tout va trop vite, et les personnages meurent à la pelle avant même qu'on ai pu retenir leurs noms.
L'autre problème, c'est le maque de constance de l'apparence des fantômes: Toshio a parfois l'air d'un enfant normal quoique battu, parfois d'un fantôme bien blanc ( j'y reviendrais), Kayako a parfois l'aspect d'une brume noire, et parfois celle d'une femme fantômatique qui rampe au sol en grinçant.

Donc peu de moyens, d'où des effets fauchés, ça peut être intéressant, et l'idée d'un maquillage très artificiel est assez bien trouvée ( le gamin est entièrement passé au maquillage blanc, avec du liner noir, qui fait très fantôme de théâtre, il ne dénoterait pas au Kabuki).
Par contre, là où The ring avait trouvé une idée géniale pour donner un air étrange à Sadako ( prendre une actrice de théâtre, la faire marcher à reculons en la filmant, et passer la bobine dans l'autre sens pour lui donner des mouvement totalement irréels), Ju-on ne fait.. rien de spécial. Les fantômes ont donc des déplacements normaux, et font trop.. vivants.
Encore toi? Tu te rends compte qu'avec ton air de Casper le gentil fantôme, les gens sursautent parce que tu les surprends, pas parce que tu leur fais peur. T'es mignon, mais va jouer ailleurs
Et Kayako est plus ridicule que flippante lorsqu'elle descend les escaliers en rampant et en cliquetant.J'ai bien rigolé plusieurs fois, mais... du côté boiteux du film, qui essaye d'imiter The Ring, sans y parvenir ( j'vous jure à la énième apparition de Toshio, planqué sous une table de restaurant, là, au dessus: je me suis écriée : "ptain! t'es encore là toi, quel pot de colle! Si on joue à cache cache, tu nous foutra la paix?"


mais c'est pas vrai.. barrez-vous de mon pageot ou je vous exorcise à grand coup de sel dans la tronche!
Dommage, il s'en fallait de peu pour que ça soit un bon film, mais sa construction peu convaincante, et sa manière de tout précipiter en font un film raté, qui donne pleinement le temps de se rendre compte que justement, il avait des qualités... mal exploitées.Là on a une maison hantée, tous ce qui y rentrent finissent pas mourir ou disparaitre, au bout d'un moment, c'est pas lapolice qu'il faut appeler, faites venir un exorciste, ça sera plus simple et plus raide.

gniii, ça c'est ce que je déteste: trouver qu'un film est d'autant plus raté qu'il avait des cartes en main pour être sinon bon, du moins potable.
Ca ne me plait pas de casser un film, j'aurais voulu l'aimer. Mais là, tel quel, j'ai du mal à comprendre comment il a pu faire un tabac au point d'avoir 5 suites et 2 remakes américains. Et probablement d'autres à venir.

Sinon, comme on peut s'en douter, deux cartons  au cinéma finissent toujours par se rencontrer ( alien, c'était énorme, Predator, c'était énorme, donc, si on faisait alien Versus Predator pour voir qui va gagner?! et Freddy Vs Jason...) il y a donc eu l'an dernier "Sadako Vs.Kayako" que je n'ai donc pas vu, même pas sûre qu'il ait été distribué en France.
Fantôme contre fantôme en gros :D
Apparemment le film n'a pas eu d'excellentes critiques, mais par contre la promo en a été assez fun: un match de base-ball de fantômes.



Et une mini-déception de plus


jeudi 3 août 2017

Yamishibai saison 4

Joie et bonheur!! Ils reviennent...
Enfer et Malédiction!!  Ils ont modifié la formule...

Alors que je pensais que la série se concluait à la fin de la 3° saison ( qui était différente des deux premières par plusieurs aspects) je vois qu'il y a NON SEULEMENT une 4° saison, diffusée au Japon en début d'année, mais une 5°en cours de diffusion.





C'est donc reparti pour 13 courtes histoires mystérieuses.


On reprend peu ou prou le générique de début des 2 premières séries ( par contre, je le dis de suite, le générique de fin, c'est n'importe quoi: une chansonnette assez banale,même pas dissonante, avec petit accompagnement de guitare. Tout sauf flippant. Et ça casse l'ambiance ( en fait j'ai dit la même chose pour le générique de fin de Mononoké, et j'ai souvent ce ressenti:les génériques de fin qui ne sont pas à la hauteur, et font musique de pub...). Hors sujet. complètement hors sujet.

Chaque saison venant avec son lot de nouveautés, cette fois, l'animation mêle l'animation à des prises de vues réelles, pour mettre en valeur des détails ( la tombe du chat dans l'épisode 1, les bulles de l'aquarium dans le 2°, les ciseaux et les cheveux dans le 3°etc...ou le terrifiant dentiste avec sa pince de l'épisode 9). Et cette incursion du réel dans un monde esquissé, surprenante, est finalement plutôt efficace en donnant justement une réalité à l'élément déclencheur du fantastique.
Autre trouvaille sympa, le conteur change de voix à tous les épisodes, parfois une voix jeune, parfois une voix de grand-père, parfois lugubre, parfois d'un enjouement qui sonne faux. Là aussi, j'aime bien, ça contribue à brouiller encore plus les pistes sur son identité. Même si certaines voix sont moins convaincantes que d'autres.
Moins convaincant aussi, le fait que la voix du narrateur se superpose aux dialogues ( jusqu'à présent, il introduisait l'histoire et la narration laissait la place aux dialogues quand nécessaire).

Mais, et c'est la que va apparaître pour la 1° fois un ressenti négatif sur la série: le graphisme lui aussi semble changer quasiment à chaque épisode, mais sans que ça soit vraiment lié à des choix artistiques assumés. J'y ai cru avec cet épisode 6 au sujet classique de shojô et au graphisme très shojô, mais.. c'est finalement le seul où le parti pris graphique semble motivé.

Il y a beaucoup moins le côté " théâtre de papier" des premières saisons, et on dirait presque que chaque épisode a été réalisé par des équipes différentes. Ça aurait pu être intéressant, mais là, c'est surtout maladroit et l'impression dominante est celle d'une saison" filler", mieux produite, mais paradoxalement plus bâclée que les précédentes, et qui pâtit de la comparaison avec ce qui précédait.
Trop propre, et en même temps trop standard.
Il manque  le côté un peu crade de l'image, la dominante gris -jaunâtre, ou jaune grisâtre qui recouvrait le tout et lui donnait son côté original.

C'est flagrant lorsqu'on regarde l'ensemble des miniatures ici, la 4°série a des couleurs beaucoup plus vives et flashantes que le reste ( et de ce que je vois, ça a été corrigé sur la 5° saison en cours, peut être que les critiques ont fait remonter que ce changement d'approche n'était pas la meilleure idée..)

On passe de ça


A ça:




ou de ça

à ça

j'ai essayé de trouver des images qui se répondent.


Donc oui, pour l'insertion de détails en prise de vue réelle qui donne une certaine originalité et renforce parfois le côté flippant ( ce dentiste.. kyaaaah! tasukete kudasai!!), mais le côté "léché", non, ça lisse trop les choses.
Après, la série dans sa globalité s'est fait tailler un short à cause de ce que je trouve justement ses points forts: graphisme très spécial, animation très spéciale, donc peut-être que l'approche très classique de cette saison 4 aura convaincu ceux qui n'aimaient pas la première version, mais dans l'absolu, qui va regarder une saison 4, sinon ceux qui ont déjà kiffé les 3 premières?

Au niveau scénario, difficile de faire mieux que les fantômes des premières saisons ou les monstres de la 3, donc là, on est plutôt dans une tonalité mystérieuse, moins horrifique, avec des chutes moins marquantes ( quand il y en a)

Mais un détail qui ne trompe pas: j'ai beau fouiller le net à la recherche d'une image un minimum flippante de la saison 4, voilà le maximum de ce que j'arrive à trouver:

une silhouette fantomatique vue de loin..
Je vous rafraîchis la mémoire? Voilà ce qu'on avait avant.


Hé oui, c'est bien de rester dans la suggestion pour faire mouliner la cervelle du spectateur, au lieu de gros effets gores appuyés, mais il faut quand même un peu de trucs chelous, parce que n'oublions pas que les épisodes font 3 minutes, et donc la série ne peut pas se payer le luxe d'un film qui va prendre son temps pour semer les bizarreries et distiller le malaise.
Là, la saison 3 y arrivait bien avec des génériques malaisants et évolutifs au fil des épisodes pour l'ambiance globale, et des épisodes à chute pour le punch.

Donc globalement une saison en dessous des précédentes: graphisme propre et assez impersonnel, générique de fin très.. générique, et tonalité moins horrifique ( qui donc sacrifie une fin " choquante" pour rester dans un doute un peu frustrant, on peut toujours se dire que les personnages ont rêvé ou halluciné, là où, avant, il y a avait un peu plus de fins "choc").
Pour vous donner une idée, avec quelque chose de super connu, prenons " the ring".. hé bien c'est comme si on s'arrêtait au moment où Sadako sort du puits et s'avance, mais avant qu'elle ne passe au travers de l'écran TV. Comme ça..
Oshimai!

(et tiens, je mettrais en parallèle  la souris -saison 4 épisode 3 - où une femme mordue dans son sommeil par les souris qui pullulent chez elle se transforme en souris géante, et l'épisode 9 de cette saison 4 où une dent tombée au sol se rapproche d'une femme qui dort et.. et rien au juste, on ne saura pas ce qui va se passer.)

Donc sans être fvraiment mauvaise, je dirais quand même que c'est une mini déception - bien que je m'y attendais, peut-on parler de déception dans ce cas là? - soit la série a atteint sa limite avec la saison 3, soit il s'agit d'un coup de mou temporaire.
Je donnerai quand même sa chance à la 5° saison quand elle sera disponible intégralement, je n'aimerais pas finir sur cette note négative ( et surtout, punaise, mais virez moi ce générique de fin!)

Ça me coûte d'écrire un avis négatif sur une série que j'ai particulièrement aimé jusqu'à présent.J'espère vraiment que ce n'est qu'un passage à vide et qu'elle va retrouver son ton si particulier et repartir dans la bonne direction, celle la plus sombre. Sans être une énorme déception, c'est une déception à la hauteur des qualités des saisons précédentes.