lundi 23 avril 2018

Ôke no monshô tome 3 - Hosokawa Chieko

En triant mes articles, je suis retombé sur ce vieux titre, donc j'avais chroniqué les 2 premiers tomes. Je m'en souvenais bien, surtout, de l'énorme déception qu'avait été le tome 2 après un tome 1 assez prometteur.

Je n'avais pas franchement eu envie d'y revenir depuis 4 ans, mais là, je ne sais pas pourquoi, la semaine du shojô aidant, et j'avais besoin de rigoler un peu, je me suis dit " tiens si j'allais voir du côté du manga Benny Hill" ( rapport aux nombre colossal d'enlèvements, de fuites, poursuites, rattrapage, séquestrations, re fuites, re poursuites...).
Oui , comme je lis peu de shojô, j'ai eu envie, avec une bonne dose de masochisme, d'aller rechercher le plus raté que j'aie lu depuis des années.

Parce qu'il y a le bon shojô et le mauvais shojô ( oui, comme pour les chasseurs et le hard-rock). Et làààààà...

C'est parti pour une chronique moquerie. Sifflez j'm'en fous, c'est tellement kitsch que ça en devient rigolo.

Tome 3

J'avais dit en 2014 qu'il y avait 57 tomes, en me demandant qui pouvait bien le suivre depuis le début avec autant d'intérêt, étant donné que les grosses ficelles se voient des le second tome. 4 ans après, la série est toujours en cours, et compte maintenant 62 tomes. Ca doit être un record pour un shojô. Et je sais qu'il y a zéro chance  que j'ai  courage  d'aller jusque là ,mais juste par curiosité, j'ai eu envie de voir  comment le graphisme très seventies avait évolué en plus de 40 ans.
La série a débuté en 76, Carol a 16 ans, la série continue en 2018, Carol aurait donc maintenant 58 ans si la publication avait calqué sa temporalité sur celle du réel. Je ne vous apprends ren en disant que ça n'est pas le cas.. En tout cas le lectorat cible qui avait son âge à l'époque a donc presque la soixantaine.
Le plus étonnant, c'est qu'il doit y en avoir pour s'accrocher, sinon ça aurait fini depuis longtemps. Mais j'ai du mal à imaginer que quelqu'un puisse suivre avec passion depuis 42 ans cette histoire en attendant avec impatience chaque nouveau tome, ou une hypothétique fin.
Allez, c'est parti pour pour la fête du facepalm.

versus tome 62. Elle est toujours ado. Et  je préfère le graphisme vintage du début.
Sérieux, la position des bras? L'impossible angle de sa main et de son coude droits? les proportions? Je ne sais même pas par où commencer pour me désespérer. C'est quand même rare qu'un dessinateur ou une dessinatrice arrive à faire pire qu' avant avec des années de pratique.
Donc le tome 3, qui n'a peur de rien, et surtout pas d'en faire des caisses, s'ouvre carrément sur une citation du livre des morts de l'Egypte ancienne ( via le japonais, traduit en anglais, je ne jugerai donc pas la justesse de la citation, hein...)



Résumé: nous avions laissé Carol, lycéenne américaine qui habite au Caire, 16 ans d'age physique, 6 ans d'âge mental. Une sympathique idiote héroïne blonde victime d'une malédiction antique,  tome 2qui se réveillait à la fin du au bord du Nil, de retour d'un voyage dans le passé, où elle avait été enlevée, séquestrée, réduite en esclavage par un couillon pharaon érotomane, et menacée de mort par la soeur du pharaon en question.

Un qui veut se la taper, l'autre qui veut la trucider. Sans compter un prêtre qui la voulait comme objet de collection, parce qu'il collectionnait les objets dorés, et qu'étant blonde, elle serait décorative dans son appart'. A peu près...en tout cas le rôle de la potiche lui irait comme un gant.

les ravages de la katakanisation des noms retraduits par une équipe qui n'a pas ouvert une encyclopédie sur l'histoire égyptienne.
Donc Ashisu est en fait Isis, et Menfuisu =Memphis, prononcés à l'anglaise.
D'ailleurs, plusieurs équipes se sont partagé les chapitres sans se consulter, et parfois, les noms sont retranscrits normalement.

Voilà donc Carol de retour au Caire en 1976, qui a au passage commodément perdu la mémoire de ses divers enlèvements et péripéties antiques. Sauf qu'elle a plus où moins des flashs inexplicables, où elle entend des voix qui la menacent de la retrouver où qu'elle soit. En bonne santé, mais ses proches la trouvent distante, inquiète et sur le qui-vive, ce qui peut se comprendre ( et en plus cette fille a la poisse: où qu'elle passe les meurtres se produisent à moins de 100 m d'elle)


Ho, un cadavre éviscéré et préparé comme une momie antique, on lui a même enlevé le cerveau par les trous de nez...regardez les enfants et instruisez vous!
Sinon, il vous vient à l'idée d'appeler la police, bande de clampins? Au lieu de débattre en disant que quand même  " c'est très cruel"...
accessoirement, cette case me fait marrer. Il ne manque qu'un chien et on se croirait dans Scoubidou.

Son frère Ryan ( le mec en pantalon pattes d'eph' qui semble passer sa vie à cloper où qu'il soit, salon des parents ou réserve de papyrus antiques, bravo champion...) se dit que pour son bien-être, il faudrait peut-être qu'elle reparte quelques temps avec lui aux States. Avoir perdu la mémoire et vu un cadavre de près n'est peut-être pas très bon pour sa santé mentale. Tu m'étonnes...

Mais Carol ne veut pas: l'archéologie c'est sa passion, et elle ne veut pas non plus s'éloigner de Jimmy, son petit copain. Et donc, promis, juré craché, je vais revenir, et on va boire ensemble l'eau du Nil pour sceller le pacte.
De mon côté, la seule conséquence possible que je vois à cette action c'est de choper une amibiase.

Mais alors qu'elle visite le temple d'Abou Simbel avant de repartir bien plus de force que de gré, qui donc lui apparaît?

Allez, je brise de suite ce suspense insoutenable: Isis, la soeur du pharaon qui vient juste de passer 2 tomes à essayer de tuer Carol.
Qui lui dit, les yeux pleins de larmes, à quel point son frère est triste depuis qu'elle a disparu, qu'il la cherche partout, et n'écoute plus personne, avant de conclure logiqment par " c'est pour ça que je vais te buter et lui montrer ton cadavre pour qu'il comprenne qu'il doit définitivement laisser tomber l'affaire" ( en fait ce manga est bourré de répliques absurdes de ce genre, qui devaient peut être effrayantes ou mignonnes, ou que sais-je en 1976, mais sont hilarantes en 2018).
Avant de la pousser du haut d'une falaise ( ouiiiiiiii, merci Isis, j'avais tellement envie de le faire!)

Tentative de meurtre qui a pour effet de réveiller ses souvenirs en criant " haaaa je tooooooombe, je me souviiiiiiens de toooooout maintenaaaaaaant".

Je ne vous cache pas que j'aimerais tant qu'Isis arrive à ses fins. Mais non c'est le tome 3, il y en a 62 et c'est encore en cours. Ce n'est pas demain la veille que Carol va crever. Navrée!

Plouf dans le Nil. Et lorsqu'elle émerge: retour en antiquité. Tant d'imprévisibilité scénaristique me sidère :D

Et évidemment lorsque le général Laglue - en fait il s'appelle Minue, mais j'ai envie de l'appeler Potdecolle ou Laglue, ça lui va mieux-  la retrouve vivante près de 10 jours (antiques) après sa disparition dans le fleuve, tout le monde en déduit qu'elle n'est autre que la fille du dieu du Nil.

Joie et bonheur pour le pharaon qui a découvert le concept de syndrome de Stockholm avant même que la ville n'existe et se dit que s'il la séquestre suffisamment longtemps et la fait bosser comme esclave, elle restera volontairement. Et qui enchaîne des phrases type " puisque tu me repousses, qu'on te jette en prison, la journée tu fabriqueras des briques d'argile au soleil et si tu tentes de t'enfuir j'ai donné ordre qu'on te coupe les mains, qu'on te tartine de boue et qu'on te laisse mourir dans le désert... Pourquoi tu me détestes alors que je t'aime?"

parce que c'est le seul facepalm que j'ai trouvé qui soit relié à l'idée de pharaon.
Euh... je peux me tromper, mais je pense que foutre quelqu'un en prison, le menacer et le torturer n'est pas la meilleure approche possible.
Après, c'est supposé être un shojô, (bien que certains aient du mal  à le classer  et l'estiment être un seinen. J'ai du mal à le croire avec la couverture du tome 62: des coeurs du rose et "princess comics". Mouais, il y a peu de chances.), mais j'avoue que le diablotin cynique en moi a presque envie de voir la chose évoluer en SM.

Sinon, vieux, t'as pensé que si c'est la fille du dieu du Nil comme tu le crois, c'est une très mauvaise idée que de la torturer et de se mettre à dos son papounet? Hmmm? Yep, le dieu qui fait déborder le fleuve tout les ans pour fertiliser les rives et faire pousser la bouffe.

D'autant qu'elle fait des "miracles" auprès des esclaves. Ouaip, carrément!

Avec sa science "basique" du XX° siècle, elle sait transformer l'eau boueuse qui empoisonne les esclaves en eau potable, avec du sable, du charbon et des cailloux (euh, certes.. c'est une méthode classique de filtration, mais de là à dire que c'est une base de la connaissance pour une gamine de 16 ans du XX° siècle. Ca ne l'est pas non plus au XXI° au passage). Ce qui fait que tout les pécores du coin croient dur comme fer qu'elle est vraiment liée au dieu du Nil.

mais bien sûr, c'est la base des bases pour un enfant du XX° siècle.

Car évidemment, les techniques de survie en milieu hostile sont enseignées dès l'enfance dans les riches familles du XX° siècle, en même temps que les danses de salon ou la reconnaissance des couverts. Merci Mme de Rotschild.
C'est moi ou bien... nonon, rien.

Non, parce que, par contre, savoir filtrer l'eau à la méthode antique devait effectivement faire partie des connaissances de base pour ne pas mourir de soif de l'égyptien lambda qui vivait à la frontière du désert avant même de savoir marcher.

Enfin, bref, un prêtre finit quand même par se dire que si elle est vraiment d'ascendance divine, lui faire du tort est peut être un risque de se prendre une malédiction dans la tronche. Et que, bèèèè, faudrait p't'être éviter. ENFIN!

Mais le tome se conclut par un suspense terrible... hé oui car Carol, considérée comme demi-déesse, et forcée par la populace à envisager un mariage avec le pharaon - qui vient de tenter de la faire crever de deshydratation- auquel elle a répondu en gros " Bon, j'vais réfléchir. M'embrasse pas je pue <pelle> Ho bon, finalement, fais comme tu veux", rencontre par hasard un marchand sur le heu... marché dont le lecteur sait déjà qu'il est l'héritier du royaume de Palestine, venu ici à la recherche de sa soeur qui avait disparu alors qu'elle venait par là justement pour se marier avec le Pharaon.
Ho mais que vois-je arriver? Un enlèvement ?noooooon pas possible...

Bon, j'ai bien rigolé, je sais que ce n'était pas le but, je sais aussi que je n'irai pas très loin dans cette histoire qui devient de plus en plus absurde à chaque page. P't'être qu'un jour j'en lirai encore un ou 2 tomes, à petites doses (parce qu'il est disponible gratoche en ligne et que j'aurais envie de rire ou de me moquer) Mais ça s'arrêtera là.
Par contre j'ai trouvé pas mal d'avis de gens qui eux aussi trouvent ce titre abusivement mauvais, et le mettent en parallèle avec une autre histoire de voyage dans le temps " Anatolia Story"  bien plus réussi de l'avis général.  Et il semble beaucoup plus court!

Apparemment, il est dispo en scan trad en français mais je n'arrive pas à l'afficher chez moi. Et déjà ça menace de promettre: il est interdit aux moins de 18 ans. Merci de cliquer sur le lien uniquement si tu as plus de 18 ans. Ca me fera toujours marrer ce genre de "précaution"

Yes! du sang! de la violence! des gros mots!
Mais, surtout, j'espère, un scénario qui arrête de considérer que l'enlèvement est un ressort miracle tous les 2 chapitres pour faire avancer l'histoire.

promis le prochain shojo sera un bon!

4 commentaires:

  1. mdr...oui des fois on voudrait rencontre certains fanatiques...et ceux de cette serie en fait parti.....et bien tu t'es bien regalee....avec ta critique..lol

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  2. Je n'irais pas lire ce manga, hein!, mais je me suis régalée à te lire!

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  3. oui, c'est surtout qu'en sachant que ça allait être une lecture assez moisie, je me suis finalement bien amusée en sachant que ça allait être le festival du facepalm.

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  4. Raconté comme ça, franchement ça a l'air drôle! ^^ 62 tomes, rien que ça! Je suivrais avec plaisir tes prochains billets... pour le suspense insoutenable, évidemment.

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